"Les choses ont désormais le mérite d’être parfaitement claires", lance Aldiouma Sow au Président de Pastef


Ministre-conseiller à la Présidence de la République et membre du Parti Pastef, Aldiouma Sow, dans un message-réponse posté sur sa page facebook, a livré ses "vérités" sur les étapes de la "rupture" actée entre le Président Diomaye et son désormais ex Premier-Ministre, Ousmane Sonko. Aldiouma Sow invite ses frères, sœurs, cadres et députés qui seraient tentés de changer d'avis, "d'être fiers de répondre à l'appel du chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye".
 
 
"Il apparaît indéniable que le Président de la République demeure un fervent adepte et partisan du dialogue politique. De ce point de vue, il reste en totale cohérence avec lui-même depuis son appel au dialogue national de mai 2025, réitéré au cours de la présente année.
 
Chez lui, le dialogue n’est pas une variable d'ajustement conjoncturelle ou un simple levier tactique ; c’est une valeur politique cardinale, une méthode de gouvernance des affaires publiques. Il a consacré des jours entiers à dialoguer, alors que rien, sur les plans constitutionnel, éthique ou moral, ne l’y contraignait.
 
C'est d'autant plus remarquable au regard de ce qu’il a pu endurer en termes de calomnies et de mensonges de la part de ceux qui ont voulu dialoguer in extremis. Ces derniers cherchaient avant tout à sauver la carrière politique d’une clique de responsables qui n’a jamais osé dire la vérité au « messie » lorsqu'en juin et juillet 2025, celui-ci s’engouffra dans une entreprise inefficace et égoïste de chantage politique pour sauver sa propre candidature aux prochaines échéances électorales.
Deuxièmement, une chose reste constante : le candidat Bassirou Diomaye Faye n’a jamais conclu de pacte secret à la prison du Cap Manuel. Il n’a souscrit à aucune initiative de braquage du droit souverain du peuple sénégalais d’élire le candidat de son choix. Il n’a pris aucun engagement politique ou électoral, qu’il soit bilatéral ou partisan, ni durant sa détention ni à sa sortie de prison. Les deux seuls éléments à l'aune desquels il faudra l’évaluer et juger de son action sont, d’une part, son programme présidentiel et, d’autre part, sa prestation de serment.
 
Évidemment, les véritables pactes et complots se sont tramés dans les coulisses de cette fameuse suite carcérale du Cap Manuel. C'est là que l'on a fait jurer, la main sur le Coran, à des candidats n'appartenant pas à Pastef ou ayant rejoint le combat patriotique sur le tard, de remettre le pouvoir au « messie » au lendemain de leur prestation de serment. En contrepartie, on leur offrit le parrainage de nos honorables élus.
Dans ce huis clos carcéral, il avait été décidé d’enterrer le Projet après l’avoir violemment dévoyé en 2022 lors des élections législatives, où toute notre base s’est retrouvée investie sur la liste des suppléants au profit d’alliés de la dernière heure, puis lors des élections locales de la même année, où l'on a préféré des alliés de circonstances à nos cadres, à nos jeunes et aux femmes du Parti. (Me basant sur ce que j’ai entendu hier, le même schéma sera reconduit lors des législatives et locales à venir) et ça sera la mort politique de la base de Pastef. Refusez ce dictat messianique chers coordonnateurs !
En dépit de tout ce qui précède, au lendemain de son élection, l’ancien frère secrétaire général a su passer outre ces divers complots orchestrés contre sa candidature, contre le Parti, contre le « projet » depuis la fameuse suite du Cap Manuel. Il a invité individuellement les cadres du Parti à intégrer l’exécutif, leur offrant ainsi l’occasion de mettre en œuvre les idéaux de démocratie, de progrès, d’éthique, de travail, de justice sociale et de souveraineté proclamés dans « l’appel aux patriotes », le titre du manifeste de notre Parti.
Il fera de même lors des investitures aux élections législatives de novembre 2024 lorsqu’on lui présenta la liste des investis que nous avions finie de valider, il demanda à ce que des changements soient opérés dans le sens de faire prévaloir la légitimité historique et structurelle de certains cadres dans leur département sur des alliés conjoncturels dont le mérite serait leur force financière ou populaire. Les départements de Pikine et de Keur Massar ont particulièrement marqué mon attention.
Et lorsqu'une nouvelle tentative de déviation du Projet a débuté après notre accession au pouvoir en mars 2024, reprenant les méthodes de 2022 et de 2023 c’est à dire au moyen d’une stratégie victimaire et pseudo puritaine ainsi que par l’instrumentalisation du sort des martyrs et de la reddition des comptes, dont l’objectif intermédiaire était la déstabilisation de la majorité présidentielle et plus tard du régime, le Président de la République, en tant que Chef de l’Etat garant du bon fonctionnement des institutions et de la cohésion sociale, en qualité de cadre de notre Parti, n’a cessé de mettre en garde contre une dérive messianique et anti républicaine qui menace de perdre le Parti si l’on y prend pas garde.
 
Il l’a fait à chaque fois que l’occasion s'est présentée à lui : aussi bien lorsqu’en juillet 2025, il a rencontré le Bureau Politique National, les autres cadres (ministres, directeurs généraux, députés) à titre individuel ou collectivement lors de ses tournées économiques à la base (députés-maires, coordonnateurs départementaux et communaux, responsables d’antennes locales des mouvements du Parti), et tout récemment lors des cérémonies de rupture du jeûne organisées chez lui.
 
Alors, chers ministres patriotes, soyez fiers de votre décision. En répondant à l’invitation du Chef de l’État, vous êtes restés en parfaite adéquation avec le manifeste de notre Parti, « l’appel aux patriotes », qui nous enjoint de toujours placer la Patrie et la République au-dessus de toute considération partisane ou clanique.
On pourra vous bannir des groupes WhatsApp et Telegram, vous exclure ou vous suspendre des instances nationales du Parti, mais personne ne pourra jamais, politiquement parlant, vous arracher au projet patriotique. Ce projet républicain, démocratique et impersonnel pour lequel vous avez sacrifié vos carrières, misé votre liberté, compromis vos ménages et risqué vos vies.
Alors, marchez la tête haute. Soyez fiers de vous si le seul reproche que l’on vous adresse est celui d’avoir répondu à l'appel de la République dont l’incarnation institutionnelle demeure le Chef de l’Etat Bassirou Diomaye D. Faye.
Aux autres frères et sœurs, cadres , députés qui seraient encore tentés par le messianisme destructeur et incertain qui menace la survie institutionnelle de notre Parti, vous ne perdez encore rien en changeant d’avis !
 
Le Projet réussira, avec les vrais patriotes !"
 
Aldiouma Sow
Pastef les Patriotes, membre du BPN
Mercredi 3 Juin 2026
Dakaractu