Législatives au Sénégal : Quelques raisons pour lesquelles le nombre de listes de candidature a été divisé par trois, entre 2017 et 2022.

Au Sénégal, le rythme des déclarations de candidature pour être député s’est accéléré, après les locales de janvier dernier. Mais il s’est annihilé, du moins pour certains, à l’orée de la période de dépôt officiel fixée du 6 au 8 mai. En direction des Législatives du 31 juillet 2022, il y a eu trois fois moins de listes qu’aux même joutes électorales de 2017, qui avait noté 47 listes. Explications…


L'écart est énorme. C’est la baisse drastique du nombre de listes de candidature. Il a été divisé par plus de trois entre les élections législatives de 2017 et celles de 2022.

Pour le scrutin du 31 juillet prochain, seulement 15 dossiers sont en attente de validation, alors qu'aux dernières législatives, 47 sur 49 listes étaient déclarées recevables. 

Une régression des candidatures pour la députation a été constatée, malgré une effervescence et un front social en ébullition. Plusieurs raisons peuvent expliquer la réduction des listes de candidature, confirmant la tendance des alliances. 

Un nombre pléthorique de listes en candidature aux Législatives de 2017 était l’argument avancé par le régime pour faire voter la loi sur le parrainage. Cette disposition est venue s’ajouter aux formalités à remplir pour les coalitions ou entités indépendantes, qui veulent conquérir le suffrage des sénégalais pour la représentation du peuple. 

Auparavant réservé aux candidats indépendants, la collecte de signatures de parrains a été généralisée à tous. Le montant de la caution peut être considéré comme l’autre « motif de blocage ». Il est passé de 10 millions en 2017 à 15 millions de nos francs, en direction des Législatives du 31 juillet 2022. 

Le « coût exorbitant de la caution » a fait que le Sénégal n'est plus la terre des dépôts pléthoriques de candidatures qu'il a pu être en d'autres temps. Dans la foulée, les alliances se forment.

La tentation du rapprochement avec d'autres partis ou coalitions de partis est majoritaire chez les candidats. Même si les aspirations sont parfois difficilement conciliables, certains leaders étaient favorables à une alliance à géométrie variable après les locales. 

On peut citer l’exemple du mouvement Pass Pass, qui s’est fondu dans Bunt-Bi. Les coalitions Yewwi Askan Wi et Wallu Sénégal ont pu trouver un accord pour aller ensemble aux législatives du 31 juillet prochain.

« Ils ont sûrement compris que c'est mieux de se regrouper pour être plus fort », selon Ibrahima Bakhoum, enseignant formateur et analyste politique, interrogé par L'Obs. 
Lundi 9 Mai 2022
Dakaractu



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