Le prix Nobel d'économie 2026 est attribué aux Américains Robert E. Hall et Michael Woodford « pour les fondements microéconomiques de la stabilisation macroéconomique ». Tous les deux sont professeurs d'économie, l'un à Stanford, l'autre à Columbia, Chicago et Princeton. Avec leurs travaux, ils ont montré qu’on pouvait repenser les modèles économiques pour mieux stabiliser l’économie. Au lieu de s’appuyer sur des corrélations entre grandes variables (inflation, production, consommation), ils sont partis du comportement des ménages et des entreprises, dont les décisions, additionnées, font l’économie.
« Grâce à ces modèles, des mesures budgétaires et monétaires prises au bon moment peuvent atténuer les hauts et les bas de l'activité économique », a expliqué le jury dans un communiqué.
Le « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel » – c'est son nom exact – récompense des chercheurs à la fois pour l'importance scientifique de leurs contributions à la compréhension des phénomènes économiques mais également pour la manière dont elles ont influencé les politiques publiques mondiales. D'où un délai de 20 à 25 ans du prix après la publication des travaux des économistes, pour en saisir la mesure. « Les travaux des lauréats nous ont fourni un fondement théorique solide pour les modèles aujourd'hui utilisés par les banques centrales et les gouvernements du monde entier », a salué John Hassler, président du comité du prix en sciences économiques. « Grâce à ces modèles, nous sommes mieux armés pour faire face aux chocs économiques, tels que les crises énergétiques ou les changements soudains dans le niveau de consommation des ménages », a-t-il ajouté.
Michael Woodford est l'auteur en 2003 d'un ouvrage devenu une référence sur la macroéconomie monétaire, intitulé Intérêts et prix : les fondations d'une théorie de politique monétaire, un sujet d'actualité brûlante en ce moment alors que l'inflation liée au prix de l'énergie est un grand défi dans la plupart des pays du monde.