“Le plus grand accord pétrolier de l’histoire”: les USA vont extraire 65 milliards de barils vénézuéliens


Donald Trump a annoncé dans la nuit de vendredi à samedi avoir conclu un accord “historique” avec le Venezuela, donnant aux États-Unis la mainmise sur l’exploitation de quelque 65 milliards de barils de pétrole issus des réserves vénézuéliennes.

“Via un partenariat avec des entreprises privées”, cet accord conclu par le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le ministre de la Défense Pete Hegseth avec la présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez octroie un “contrôle majoritaire états-unien sur plus de 65 milliards de barils issus des réserves de pétrole avérées du Venezuela”, a écrit le président des États-Unis dans un message publié sur son réseau Truth Social.

Cet accord pétrolier “double” les réserves américaines, s’est targué le républicain, affirmant dans la foulée que cette entente permettrait de faire “considérablement baisser” les prix de l’énergie dans son pays.

Les prix à la consommation demeurent la principale préoccupation de la population états-unienne à l’approche des élections de mi-mandat, prévues le 3 novembre. Les prix élevés des carburants sont dès lors source de pression pour Donald Trump et son administration, qui ont initié une guerre contre l’Iran fin février.

En réaction, Téhéran a verrouillé le détroit d’Ormuz, une voie commerciale par laquelle transite d’ordinaire un cinquième des exportations mondiales d’hydrocarbures. Par conséquent, le prix du pétrole a flambé sur les marchés internationaux.

 

Caracas dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Cet accord tombe donc à pic pour le président républicain, qui soumet le Venezuela à une intense pression depuis que Washington a capturé le président Nicolás Maduro, le 3 janvier dernier.

En échange de l’ouverture forcée du secteur énergétique vénézuélien, les États-Unis ont assoupli les sanctions instaurées lorsque M. Maduro était au pouvoir. Ce changement a ainsi permis aux entreprises étrangères de revenir au Venezuela.

“Pour le peuple vénézuélien, (le nouvel) accord attirera près de 100 milliards de dollars d’investissements privés, soutiendra des milliers d’emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l’économie vénézuélienne”, a loué de son côté Marco Rubio sur le réseau social X, défendant “une énorme victoire pour les peuples tant américain que vénézuélien”.


Delcy Rodríguez confirme l’accord

Dans un communiqué cité par l’agence de presse espagnole Efe, Delcy Rodríguez a loué un accord qui permettra “d’accroître considérablement la production pétrolière avec la participation d’opérateurs privés”.

La dirigeante a mis en avant le développement de 17 champs de pétrole “stratégiques”, d’un “potentiel éprouvé de 65 milliards de barils”, pour un investissement de “plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de revenus pour l’État”.

Cet accord, conclu grâce au “renforcement des liens” entre Caracas et Washington aura “un impact significatif sur la renaissance” du Venezuela, a encore vanté la présidente.

 

Delcy Rodríguez, qui était la vice-présidente de M. Maduro, a insisté sur ces “investissements importants” pour “le développement d’infrastructures stratégiques” dans l’industrie des hydrocarbures. “Les immenses réserves” de brut du pays - les plus grandes de la planète - seront mises au “service du développement national, de la création d’emploi, de l’augmentation salariale et du bien-être” des Vénézuéliens, a-t-elle promis.

Lundi, la cheffe de l’État avait indiqué que le pays produisait désormais quotidiennement 1,23 million de barils, soit le niveau le plus élevé depuis février 2019.

“Des requins et des mafieux”

Une figure de l’opposition vénézuélienne a qualifié cette mainmise américaine sur les champs de pétrole “de spoliation massive de terres”. Elle s’exprimait sous couvert d’anonymat au regard du rapport de force entre les deux pays. “Ce ne sont pas les États-Unis du plan Marshall, mais des requins et des mafieux”, a-t-elle dénoncé.

Le plan Marshall, du nom du secrétaire d’État américain de l’époque George Marshall, fut un programme de prêts accordés par Washington aux différents États d’Europe pour aider à la reconstruction des villes et des installations bombardées lors de la Seconde Guerre mondiale.

 
 
 
Samedi 29 Aout 2026
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