Le pétrole repasse les 120 dollars, avec de possibles nouvelles sanctions contre la Russie


Le pétrole repasse les 120 dollars, avec de possibles nouvelles sanctions contre la Russie

Les prix du pétrole sont repassés au-dessus du seuil des 120 dollars le baril mercredi avant plusieurs sommets internationaux qui laissent présager de nouvelles sanctions occidentales contre la Russie après son invasion de l'Ukraine.

Vers 17H00 GMT (18H00 à Paris), le contrat de Brent de la mer du Nord, référence de l'or noir en Europe, pour livraison en mai prenait 4,66% à 120,86 dollars le baril.

Le baril de WTI coté à New York gagnait pour sa part 4,35% à 114,02 dollars.

Les cours de l'or noir avaient dévissé ces derniers jours de leur pic atteint au début de la guerre en Ukraine, évoluant même brièvement sous les 100 dollars il y a une semaine.

Un mois après le début du conflit ukrainien, "le pétrole russe continue de couler à flots. Les niveaux de production et d'exportation restent soutenus" mais "cela pourrait bientôt changer", affirme Stephen Brennock, analyste chez PVM Energy.

L'Union européenne réfléchit à un embargo sur le pétrole russe. "Les ministres des affaires étrangères ont discuté cette semaine d'une éventuelle interdiction du pétrole russe, même s'ils sont divisés".

La Russie a parallèlement "mis en garde contre une forte baisse des exportations de pétrole via l'oléoduc Caspian Pipeline Consortium après que l'infrastructure a été endommagée par une tempête", explique Walid Koudmani, analyste chez XTB.

Cet oléoduc achemine le pétrole de la mer Caspienne jusqu'au port russe de Novorossiysk.

Son endommagement met en péril un approvisionnement quotidien d'environ un million de barils de pétrole par jour. De quoi doper les prix de l'or noir sur un marché déjà tendu.

Alexandre Novak, vice-Premier ministre russe chargé de l'Énergie, a quant à lui déclaré mercredi qu'il était "absolument évident que sans les hydrocarbures russes, si des sanctions sont imposées, les marchés du gaz et du pétrole s'effondreront".

 

– Un "tournant politique" ? –

 

Un sommet de l'Otan a été convoqué jeudi, jour où se tiennent également à Bruxelles un sommet du G7 et le sommet de l'Union européenne.

Le président américain Joe Biden, qui participera à ces trois rendez-vous, a déjà annoncé que les Occidentaux allaient adopter "de nouvelles sanctions contre la Russie et renforcer" celles déjà en place.

"Une interdiction totale du pétrole près d'un mois après l'invasion de l'Ukraine constituerait un tournant politique pour l'Europe, qui a jusqu'à présent évité toute sanction énergétique", rappelle Louise Dickson, analyste pour Rystad Energy.

Si l'UE renonçait totalement au pétrole provenant des ports et des oléoducs russes, cela entraînerait un manque de plus de deux millions de barils de brut par jour sur le marché, selon les estimations de Rystad Energy.

Les importations russes assurent à l'Europe 40% de ses besoins en gaz naturel et 30% pour le pétrole.

 

– De l'eau dans le gaz –

 

Les prix du gaz naturel européen ont accéléré leur hausse mercredi, après que Vladimir Poutine a annoncé que la Russie n'accepterait plus de paiements en dollars ou en euros pour les livraisons de gaz à l'UE, donnant une semaine à la banque centrale et au gouvernement pour élaborer le nouveau système en roubles.

"Cela a ajouté un autre élément d'incertitude au marché européen du gaz déjà chaotique en compliquant les achats de gaz que de nombreux pays ont été réticents à interrompre", commente Vinicius Romano de Rystad Energy.

Le TTF néerlandais, référence du marché du gaz naturel européen, a brièvement dépassé les 132 euros le mégawattheure (MWh), suite aux déclarations du président russe.

Il évoluait lundi vers 17H00 GMT à 110,50 euros le MWh, en hausse de près de 12%. Il reste cependant très loin de son sommet historique, atteint le 7 mars dernier, à 345,00 euros le MWh.

"Les accords de distribution de gaz sont généralement considérés comme sacro-saints", poursuit Vinicius Romano. Instaurer un paiement en roubles pourrait selon lui, "dans un scénario extrême, (...) donner aux acheteurs une raison de revoir d'autres aspects de leurs contrats, comme la durée", ou simplement "accélérer leur sortie du gaz russe".

Mercredi 23 Mars 2022
Avec AFP



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