Le patron de l’opération Barkhane exprime ses craintes sur le G5 Sahel : « La communauté internationale fait beaucoup de promesses, mais peine à les concrétiser »


Le patron de l’opération Barkhane exprime ses craintes sur le G5 Sahel : « La communauté internationale fait beaucoup de promesses, mais peine à les concrétiser »
Suite à l'assaut meurtrier lancé à Tombouctou le 14 avril passé sur le "Super Camp" de la Minusma[Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali], celui qui dirige l’opération Barkhane depuis juillet 2017, le Général de Division Bruno Guibert sort, pour la première fois, de sa réserve et exprime ses quatre vérités sur les lenteurs notées relativement au G5 Sahel.

« Derrière ce G5, il y a la prise en compte, parmi les pays de la région, d'une menace mortelle commune. A sa façon, chacun a compris que le terrorisme met en danger la survie même de son régime. Bien sûr, au regard de la faiblesse des Etats, le remède prendra du temps. Mais il s'agit bien, via la mutualisation nécessaire des efforts, d'une réponse africaine à un défi régional. Le principe d'une force conjointe agissant prioritairement dans les zones frontalières, foyers essentiels du fléau djihadiste, ne manque pas de pertinence. La vraie difficulté, c'est que cette force doit être générée à partir des armées les plus pauvres de la planète. Tous les Occidentaux voudraient que ça aille vite, qu'elle soit immédiatement efficace. Voilà huit mois que la décision a été prise, et il faudrait que ladite force soit opérationnelle. J'observe que la communauté internationale fait beaucoup de promesses, mais peine à les concrétiser. On parle de la nécessité de réunir 400 millions d'euros. Hormis ce qu'a donné la France sous forme d'équipements, il n'y a pas grand-chose qui a été fait.
Or, c'est maintenant que nos partenaires africains ont besoin d'aide pour se mettre sur pied. Cette force conjointe n'a même pas de budget de fonctionnement. Ils manquent de tout. Comment voulez-vous créer la logistique d'une force dont les armées constitutives sont elles-mêmes dépourvues ? C'était un leurre de croire que ce serait rapide, et que ça se ferait sans un tuteur fort », a déclaré le général français dans les colonnes de lexpress.fr.
Samedi 21 Avril 2018
Dakaractu




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