“Au total, plus de deux douzaines” d’employés du FBI, actuels ou anciens, ont été soumis au détecteur de mensonges sur ordre de leur directeur. Kash Patel n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai: peu après sa nomination, cet adepte des théories du complot sur “l’État profond” avait fait passer des agents à l’interrogatoire sous détecteur de mensonges. Certains d’entre eux ont dû certifier qu’ils n’avaient jamais rien entrepris ni déclaré qui puisse nuire à leur nouveau directeur.
Celui-ci éviterait aussi une partie de la direction de l’agence américaine de sécurité intérieure, ce qui soulèverait de gros doutes à l’interne quant à sa capacité à en occuper la tête.
Selon les sources de The Atlantic, il serait terrifié à l’idée de perdre son poste. Cela s’est notamment manifesté lors d’un incident survenu le 10 avril dernier: Patel se préparait à partir en week-end lorsqu’il n’a soudain plus pu se connecter au système informatique interne du FBI.
Neuf témoins ont confié qu’il s’était rapidement convaincu qu’il ne s’agissait pas d’une coïncidence. Il a complètement paniqué, s’est mis à téléphoner partout et a affirmé à tout le monde qu’il venait d’être renvoyé par la Maison-Blanche.
Il s’est finalement avéré qu’il s’agissait simplement d’un problème technique. Mais la nouvelle de son accès de panique s’est rapidement répandue, au point de symboliser le leadership pour le moins tumultueux de ce proche de Donald Trump.
Selon les sources de The Atlantic, Patel s’avère “imprévisible, méfiant et enclin à tirer des conclusions trop rapidement, avant même de disposer des preuves nécessaires.”
Ce manque de professionnalisme est d’ailleurs apparu au grand jour après l’assassinat de l’influenceur d’extrême droite Charlie Kirk, lorsque Patel a annoncé sur les réseaux sociaux des arrestations qui n’avaient pas eu lieu. En outre, il avait poussé vers la sortie ou vers des postes moins prestigieux de nombreux agents, en particulier des femmes, dont l’une des meilleures enquêtrices de l’agence, contrainte de quitter le bureau local de l’Utah. Elle n’a donc pas pu participer à l’enquête sur cet assassinat, où des sources ont fait savoir que son expertise avait manqué.
Kash Patel aurait aussi un sérieux problème d’abus d’alcool. Au début de son mandat, les briefings et les réunions devaient être programmés plus tard dans la journée qu’à l’accoutumée au sein du FBI, car il sortait fort tard dans la nuit. “À plusieurs reprises au cours de l’année écoulée, des membres de son équipe de sécurité ont eu du mal à le réveiller parce qu’il était ivre”, avance The Atlantic.
Lors de l’un de ces réveils difficiles, il a fallu utiliser un équipement spécial du SWAT pour forcer une porte, car le directeur ne donnait plus signe de vie.
Il serait régulièrement injoignable ou absent, ce qui retarde des décisions importantes, au grand désespoir de ses collègues du FBI.
À la fin de l’année dernière, les premières rumeurs ont circulé selon lesquelles la Maison-Blanche envisageait de remplacer Patel, après qu’il eut été accusé d’avoir abusé des ressources de l’organisation. Il aurait ainsi utilisé un avion du FBI pour des déplacements privés et fait assurer la protection de sa partenaire, ce qui n’est pas la norme pour la compagne d’un directeur de l’agence.
En février, il a également fait scandale après s’être envolé pour Milan afin de célébrer la victoire de l’équipe masculine américaine de hockey sur glace. Il a été filmé dans le vestiaire, surexcité et occupé à vider une bière tout en aspergeant les alentours. Selon des sources de MS NOW, le président Trump était furieux de ce comportement.
Patel a depuis lancé une offensive frontale contre The Atlantic. Il a poursuivi le magazine en justice pour 250 millions de dollars (un peu plus de 212 millions d’euros) pour atteinte à sa réputation.