Il fallait aller à Bergame, en Italie, pour l'apprendre. Pendant que nous, naïfs, croyions que le Sénégal continuait tant bien que mal à tourner (le fonctionnaires vont au travail, les hôpitaux marchent clopin clopan, les bus Tata en retard, les factures de la Senelec à l'heure mais salées avec parfois des délestages, les conseils des ministres qui débordent, ...) on nous apprend depuis Villongo, province de Bergame, que tout est en pause ici au Sénégal.
L'annonce est signée du semi analphabète El Malick Ndiaye, premier vice-président de l'Assemblée nationale, ancien président de la même Assemblée, en déplacement politique à Pastef Italie. La phrase est ciselée : « Le Sénégal est en pause. Tout est à l'arrêt, sauf la transhumance à outrance ».
C'est beau comme une équation. Pause = tout est à l'arrêt - transhumance. Si on suit bien, le pays ne bouge plus, mais les gens bougent beaucoup. Surtout vers Kiiraay. Ce qui, avouons-le, est la seule activité économique qui n'a jamais connu de crise au Sénégal.
Il faut imaginer la scène. La salle des fêtes de Villongo, les drapeaux, les militants qui ont fait 200 km en covoiturage, et l'orateur qui appuie sur le bouton. CLICK. Le Sénégal est gelé. Comme sur le dessin : le drapeau sous givre, les statues de Bergame congelées, et au fond, une foule floue qui court avec des baluchons marqués transhumance. C'est la seule image qui n'est pas en pause.
Et comme tout bon ingénieur du chaos, le semi analphabète El Malick enfonce le clou : « Si vous saviez les soubassements des nominations, vous seriez médusés». C'est la formule magique. Pas de nom, pas de preuve, juste la promesse de la méduse. Nous voilà médusés par procuration. On nous dit aussi que certains directeurs n'ont que le BAC, que certains voulaient être PCA et sont devenus DG par erreur de casting. Au Sénégal, où on a déjà vu des comptables devenir ministres, des Assistants Logistiques être président d'institutions. C'est dire que l'argument du diplôme arrive un peu tard quand même. Mais il est touchant, il fait mouche.
Puis vient le panégyrique du temps béni : quand Sonko était Premier ministre, les directions cannibalisées retrouvaient des moyens, les prix étaient contenus, il n'y avait pas de scandales. C'était, pour résumer, le paradis, mais en plus sombre quand on pense à l'affaire Kosmos, les 37 milliards de l'ASER, l'indemnisation à hauteur de 5 milliards des casseurs et pilleurs trivialement appelés martyrs, la vente des actions du Port dans le capital de Dubaï Port....
Le plus savoureux, c'est la géographie. Le pays est en pause à Dakar, mais la leçon nous vient d'Italie. La pause est diagnostiquée en roaming, après avoir pris un billet d'avion (en classe affaire?), être descendu dans un hotel (5 étoiles ?). C'est la première fois dans l'histoire de la République qu'une pause nationale est décrétée depuis l'étranger, devant une diaspora qui, elle, n'est absolument pas en pause puisqu'elle organise déjà 2029.
Aldiouma Sow de Kiiraay, a répondu que l'auteur d'un abandon de poste constitutionnel par frilosité, est disqualifié pour parler de pause. En clair : tu as fui le perchoir quand il fallait siffler la mi-temps, tu ne peux pas revenir arbitrer depuis les tribunes de Bergame.
On en revient à ton titre de ma dernière chronique dans Le Quotidien de ce samedi 26 septembre 2026 (l'art de gouverner en stéréo). Finalement, chacun a sa télécommande. Le Président Diomaye a le bouton République, Institutions, le Président de l'Assemblée Ousmane Sonko a le bouton majorité mécanique et le semi analphabète El Malick Ndiaye a le bouton pause. Il l'a pressé. Fort. CLICK!
Reste une question : quand on met un pays en pause, qui a le bouton lecture pour redémarrer ou continuer?
Bachir Fofana
Un Sénégalais qui n'était pas en pause
L'annonce est signée du semi analphabète El Malick Ndiaye, premier vice-président de l'Assemblée nationale, ancien président de la même Assemblée, en déplacement politique à Pastef Italie. La phrase est ciselée : « Le Sénégal est en pause. Tout est à l'arrêt, sauf la transhumance à outrance ».
C'est beau comme une équation. Pause = tout est à l'arrêt - transhumance. Si on suit bien, le pays ne bouge plus, mais les gens bougent beaucoup. Surtout vers Kiiraay. Ce qui, avouons-le, est la seule activité économique qui n'a jamais connu de crise au Sénégal.
Il faut imaginer la scène. La salle des fêtes de Villongo, les drapeaux, les militants qui ont fait 200 km en covoiturage, et l'orateur qui appuie sur le bouton. CLICK. Le Sénégal est gelé. Comme sur le dessin : le drapeau sous givre, les statues de Bergame congelées, et au fond, une foule floue qui court avec des baluchons marqués transhumance. C'est la seule image qui n'est pas en pause.
Et comme tout bon ingénieur du chaos, le semi analphabète El Malick enfonce le clou : « Si vous saviez les soubassements des nominations, vous seriez médusés». C'est la formule magique. Pas de nom, pas de preuve, juste la promesse de la méduse. Nous voilà médusés par procuration. On nous dit aussi que certains directeurs n'ont que le BAC, que certains voulaient être PCA et sont devenus DG par erreur de casting. Au Sénégal, où on a déjà vu des comptables devenir ministres, des Assistants Logistiques être président d'institutions. C'est dire que l'argument du diplôme arrive un peu tard quand même. Mais il est touchant, il fait mouche.
Puis vient le panégyrique du temps béni : quand Sonko était Premier ministre, les directions cannibalisées retrouvaient des moyens, les prix étaient contenus, il n'y avait pas de scandales. C'était, pour résumer, le paradis, mais en plus sombre quand on pense à l'affaire Kosmos, les 37 milliards de l'ASER, l'indemnisation à hauteur de 5 milliards des casseurs et pilleurs trivialement appelés martyrs, la vente des actions du Port dans le capital de Dubaï Port....
Le plus savoureux, c'est la géographie. Le pays est en pause à Dakar, mais la leçon nous vient d'Italie. La pause est diagnostiquée en roaming, après avoir pris un billet d'avion (en classe affaire?), être descendu dans un hotel (5 étoiles ?). C'est la première fois dans l'histoire de la République qu'une pause nationale est décrétée depuis l'étranger, devant une diaspora qui, elle, n'est absolument pas en pause puisqu'elle organise déjà 2029.
Aldiouma Sow de Kiiraay, a répondu que l'auteur d'un abandon de poste constitutionnel par frilosité, est disqualifié pour parler de pause. En clair : tu as fui le perchoir quand il fallait siffler la mi-temps, tu ne peux pas revenir arbitrer depuis les tribunes de Bergame.
On en revient à ton titre de ma dernière chronique dans Le Quotidien de ce samedi 26 septembre 2026 (l'art de gouverner en stéréo). Finalement, chacun a sa télécommande. Le Président Diomaye a le bouton République, Institutions, le Président de l'Assemblée Ousmane Sonko a le bouton majorité mécanique et le semi analphabète El Malick Ndiaye a le bouton pause. Il l'a pressé. Fort. CLICK!
Reste une question : quand on met un pays en pause, qui a le bouton lecture pour redémarrer ou continuer?
Bachir Fofana
Un Sénégalais qui n'était pas en pause