Entre 2022 et 2025, les autorités ont recensé une vingtaine de plaintes déposées auprès de la Division spécialisée dans la cybercriminalité (Dsc). Selon Libération qui revient sur les contours de cette affaire, les victimes ont été attirées par des offres alléchantes de plantes médicinales africaines aux vertus thérapeutiques présumées.
Le mode opératoire était bien rodé : les malfaiteurs approchaient leurs cibles sur WhatsApp, souvent en se faisant passer pour des proches ou des connaissances. Ils proposaient ensuite des opportunités commerciales dans l’exportation de produits naturels - aubépine, argan, moringa, graines d’aloès vera du Mali - destinés à l’industrie pharmaceutique ou cosmétique européenne et anglaise.
Pour crédibiliser leur arnaque, les escrocs établissaient des relations d’affaires en apparence légitimes, incluant l’achat de sachets de graines à des tarifs préétablis. Des paiements initiaux étaient même effectués par les fraudeurs auprès de leurs victimes, créant ainsi un climat de confiance. Les transactions s’effectuaient via des plateformes de transfert d’argent comme Orange Money, Wave ou Western Union, ciblant des comptes préalablement identifiés. Le montant total du préjudice est estimé à 338 millions de francs CFA.
L’enquête menée par la Dsc, en collaboration avec la Brigade d’investigations financières, a permis l’interpellation du principal suspect à son domicile de Sédhiou. Placé en détention provisoire par le juge du troisième cabinet financier, Lamine Diop fait face à de multiples chefs d’accusation : association de malfaiteurs, escroquerie en bande organisée, usurpation d’identité numérique, usage de faux documents, blanchiment de capitaux et complicité.
Les investigations ont également révélé que deux autres individus, identifiés comme S. Domingo et X. Faye, auraient participé au système frauduleux. Des fonds importants, à hauteur de 3,46 millions de francs CFA, ont été saisis et déposés dans un compte Wave rattaché à la Carte nationale d’identité de A. Bousso.
Suite à un mandat de dépôt, l’accusé principal ne peut désormais plus échapper à la justice.