El Malick Ndiaye devrait surtout éviter les indignations à géométrie variable. Malheureusement, quand la mémoire politique devient sélective, les contradictions entre les discours d’hier et les indignations d’aujourd’hui finissent inévitablement par apparaître au grand jour.
D’abord, n’est-ce pas lui qui décrivait récemment le Sénégal comme « du bois mort humide, difficile à allumer », pour évoquer l’état critique de nos finances publiques ?
Dès lors, plutôt que de s’attarder sur des procès en transhumance, il serait peut-être plus utile de dresser le bilan des deux années passées par son mentor à la Primature et de parler des priorités ainsi que de la gestion des ressources publiques.
Ensuite, s’agissant des maires, les faits sont têtus. À la veille des législatives de 2024, son mentor avait lui-même ouvert les portes de Pastef aux maires désireux de soutenir sa liste.
À Thiès, lors du meeting d’ouverture de la campagne, Serigne Fallou Fall, maire de Ndiéyène Sirakh, avait même été invité à prendre la parole.
Alors, comment ce qui était hier présenté comme un renforcement politique devient-il aujourd’hui, dès lors qu’il concerne un autre camp, une prétendue « transhumance » ?
Enfin, pendant qu’El Malick Ndiaye disserte sur les maires, il serait plus pertinent qu’il s’exprime sur les priorités budgétaires, notamment sur les montants annoncés pour l’acquisition de véhicules destinés à l’Assemblée nationale.
En somme, avant de distribuer des certificats de vertu politique, il faudrait peut-être commencer par appliquer les mêmes principes à son propre camp. La mémoire politique, heureusement, ne se décrète pas : elle se vérifie dans les faits.
Lamine Sène, responsable de KIIRAAY à Thiès.