Le Conseil national du patronat (CNP) veut faire évoluer la responsabilité sociale des entreprises (RSE) vers une logique de vigilance, et récompenser celles qui en apportent la preuve chiffrée. Organisée ce mardi 29 septembre, en perspective des journées des 17 et 18 octobre 2026, une rencontre a préparé l'édition 2026 du « Label RSE du CNP ». L'organisation y a présenté la liste de ses entreprises labellisées : 26 au total, auxquelles s'ajoutent sept récipiendaires pour l'édition 2026.
Le tableau des 26 récipiendaires est réparti en trois niveaux. Sept entreprises obtiennent les trois étoiles : ICONS et Eiffage Sénégal (BTP), GMD (agroalimentaire), Sococim (classée dans le secteur minier), Auchan (grande distribution), SETER (transport) et Sonatel (télécoms). Dix sont labellisées deux étoiles, dont Dangote, ICS, le Port autonome de Dakar (PAD) et Eurogerm. Neuf sont à une étoile, parmi lesquelles Maersk, Bolloré, CMA CGM, la SAR et Dakar Mobilité.
L'édition 2026 compte sept récipiendaires. Olam Agri et Dakar Mobilité obtiennent trois étoiles. Senico, AGL, Maersk et 3MD Energy sont labellisées deux étoiles, et Carmeuse une étoile. Dakar Mobilité et Maersk figuraient déjà dans le tableau initial au niveau une étoile.
Pour Hamidou Diop, secrétaire général du CNP, ces entreprises sont « citoyennes » et interviennent « au-delà du mécénat et de la philanthropie ». Il insiste sur le caractère volontaire de la démarche : « Il ne s'agit pas de se substituer à l'État, puisque l'entreprise paie déjà ses impôts pour cela. » Interrogé sur le risque de perdre le label en cas de conflit social grave, comme des licenciements, il répond : « On ne perd jamais un label. » Ce qui compte, selon lui, est la durabilité de l'action, même si l'entreprise disparaît. Il cite une grande entreprise de BTP qui continue à s'investir dans la RSE malgré les licenciements auxquels elle a dû procéder. Le CNP annonce la création d'une journée annuelle de l'investissement responsable des entreprises, pour faire connaître l'action des quelque trente entreprises labellisées. Elle se tiendra les 17 et 18 octobre, lors des Assises de l'entreprise.
L'expert en RSE Philippe Barry détaille l'architecture du label. Le niveau 1 exige la mise en place et la formation de comités RSE, chargés d'analyser la « matérialité » des enjeux et d'élaborer les plans d'action. Le niveau 2 demande de justifier de projets à impact sociétal, environnemental et économique. Le niveau 3 est la finalité : il s'agit de rendre compte chaque année de l'évolution, positive ou négative, d'une grille d'indicateurs ESG, « la dernière page du rapport RSE ». « Ce n'est pas pour faire un rapport pour rendre compte d'activités », souligne-t-il. Phillipe Barry appelle aussi à passer de la RSE à la « vigilance », notant que beaucoup d'entreprises signent des partenariats avec des ONG parce qu'elles perçoivent un risque. La formation continue du personnel et celle des jeunes, avec des cursus accélérés de trois à six mois, le contenu local dans les achats et l'économie circulaire des déchets figurent parmi les chantiers cités. Il rappelle que l'entreprise a un intérêt économique à s'engager, et non une vocation philanthropique. Le niveau est attribué non par le CNP mais par le comité de labellisation, sur la base de fiches que les entreprises doivent finaliser d'ici fin novembre.