La bataille du parrainage n’a pas lieu d’être ? (Opinion)


La bataille du parrainage n’a pas lieu d’être ? (Opinion)
L’Etat du Sénégal a décidé d’instaurer le parrainage citoyen à toutes les élections.
 
Ainsi, pour être candidat, par exemple, à la prochaine présidentielle de 2019, tout intéressé devrait obtenir des signatures de citoyens à hauteur de 1% du fichier électoral, estimé à 6.500.000  d’électeurs soit une obligation de collecter 65000 signatures. Étant précisé que chaque citoyen ne peut parrainer qu’un seul candidat.
L’objectif visé par cette réforme constitutionnelle étant de filtrer les candidatures en empêchant celles qui sont fantaisistes.
Cette réforme n’agrée ni  l’opposition, ni les candidats indépendants, ni une importante frange de la société civile.
D’ailleurs tous ces détracteurs de la réforme comptent occuper la place Soweto , siège de l’Assemblée nationale, le jour de la plénière qui examinera ce projet de loi constitutionnelle, le 19 Avril prochain.
Comme ce fut le cas le 23 Juin 2011.
Personnellement j’approuve l’idée qui est à la base du parrainage.
Cependant, je ne soutiens ni la formule proposée, ni la procédure suivie.
Je considère qu’un parti représenté à l’assemblée a donné la preuve de sa légitimité populaire.
Aussi , je propose qu’il soit permis d’être parrainé par un nombre de députés, déterminé par référence au quotient électoral.
Ce quotient étant d’environ 55.000 aux dernières législatives, un candidat pourrait être parrainé par deux à trois députés.
Pour ceux n’ont pas de député, mais disposent de conseillers municipaux ou départementaux, il sera appliqué le même principe c’est-à-dire être parrainé par un nombre d’élus locaux représentant 65.000 électeurs.
Enfin pour ceux qui n’ont ni député, ni élus locaux, il faut envisager 35.000 signatures dans 07 régions soit 5.000 par région. Enfin, il faudra dissoudre les partis sans siège et ceux qui n’ont pas été à 3 élections successives.
Sur le plan financier, il faudra financer les partis présents à l’Assemblée nationale et plafonner les dépenses électorales, sous peine de sanction.
Si le souci de tout est de mettre de l’ordre dans le système démocratique, ces mesures me semblent être une base de discussions voire de consensus acceptable. Ainsi, la guerre du parrainage pourrait être évitée.
Quant à la fusion entre les statuts d’électeur et d’éligible, ne vaudrait-il pas mieux laisser l’électeur faire lui-même sa censure ?

Me Amadou Aly Kane
Dimanche 15 Avril 2018
Dakar actu




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