"La Hongrie a choisi l'Europe": soulagement dans l'UE après la défaite d'Orban


"Un immense soulagement" et "une victoire pour la démocratie" : la défaite du Premier ministre hongrois Viktor Orban, proche de Donald Trump et de Vladimir Poutine,  battu par le conservateur pro-européen Peter Magyar, a été saluée dimanche soir au sein des institutions européennes.

"La Hongrie a choisi l'Europe", et "ce soir, le coeur de l'Europe bat un peu plus vite en Hongrie", s'est réjouie la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, à l'annonce des résultats, devançant le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz ou le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, qui ont également adressé leurs félicitations à Peter Magyar.

La présidente de la Commission a parlé dans la soirée au futur Premier ministre hongrois et ils sont "convenus d'une étroite collaboration", selon une porte-parole de la dirigeante de l'exécutif européen.

"La place de la Hongrie est au coeur de l'Europe", a abondé la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, tandis que le président du Conseil de l'Union européenne, Antonio Costa, saluait "l'esprit démocratique" du peuple hongrois.

Pendant toute la campagne des législatives, les dirigeants de l'UE avaient dû observer une stricte réserve et s'abstenir de tout commentaire politique, comme c'est la règle pendant les campagnes électorales nationales.

Mais ils n'avaient pas caché ces dernières semaines leur agacement grandissant face à l'attitude de plus en plus hostile de Viktor Orban, plus proche allié de la Russie au sein de l'Union européenne, qui a notamment bloqué le versement d'un prêt européen de 90 milliards d'euros à l'Ukraine après l'avoir pourtant approuvé en décembre dernier.

- "baiser de la mort" -

Et bien des dents avaient grincé dans les instances européennes en voyant cette semaine le vice-président américain JD Vance se rendre en personne en Hongrie pour soutenir publiquement le Premier ministre sortant, pourfendant au passage les "bureaucrates de Bruxelles" et les accusant d'ingérence.

"Selon moi, le soutien ouvert du mouvement MAGA pendant des élections est un poison plutôt qu'une bénédiction", a estimé le ministre belge de la Défense, Theo Francken, pour qui, au lieu de le galvaniser, M. Vance a donné un "baiser de la mort" à M. Orban.

Pour la cheffe des eurodéputés du groupe centriste Renew, Valérie Hayer, "les ingérences extérieures n'ont heureusement pas réussi à changer l'issue de ces élections". "Le pays tourne la page de Viktor Orban et de son régime corrompu, qui n'ont eu de cesse de jouer au chantage avec l'Union européenne. Trump, Poutine et le RN perdent leur principal allié en Europe", a-t-elle poursuivi.

Le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné, a lui déclaré que "le peuple hongrois a montré au monde ce que les Européens sont fondamentalement : des citoyens libres et éclairés qui ne se laissent pas manipuler depuis l’étranger".

Pour Manfred Weber, le dirigeant des eurodéputés du Parti populaire européen (droite), plus grand groupe dans l'hémicycle de Strasbourg dans lequel siégeait jusqu'ici Peter Magyar, ce dernier a "montré comment battre les populistes d'extrême droite : en prenant des positions claires" au sujet des "problèmes concrets des citoyens: santé, éducation, emplois et salaires".

La cheffe du groupe Socialiste et démocrates (S&D, gauche), Iratxe Garcia, était au diapason avec le chef de file du PPE. Les Hongrois ont "choisi l'espoir plutôt que la haine et les mensonges, donnant un OUI clair à l'Europe, la liberté et les valeurs démocratiques", s'est-elle félicitée.

Tout en confirmant ce "soulagement" général, l'eurodéputée LFI Manon Aubry, présidente du groupe de gauche radicale, a prévenu que "Peter Magyar n'est pas une rupture franche avec l'ère Orban".

"Plus soucieux --on espère !--, du respect de l'Etat de droit, il mènera une politique ancrée à droite", a-t-elle prédit, rappelant que cet ancien ministre de Viktor Orban partageait toujours "certaines de ses positions, notamment sur "les questions LGBT" ou l'immigration.
Dimanche 12 Avril 2026
Dakaractu