LE VERT EXPULSÉ DE DAKAR


En regardant certaines anciennes images ou en se souvenant des beaux paysages luxuriants qu’offraient des endroits de la région de Dakar : l’actuel emplacement des logements Maristes, le site de la cité du Golf et de l’hôpital Dalal Jaam de Guédiawaye, la bande de filaos de Guédiawaye, les forêts de Mbao et Sébikotane…, on ne peut qu’être éberlué par cette vaste entreprise de destruction du « patrimoine vert » orchestrée depuis des décennies savamment et sauvagement. Comble du malheur, à l’exception de quelques rares personnes ou structures animées par la fibre environnementale et conscientes des conséquences fâcheuses, nul ne s’en offusque. Pire, même ceux qui tentent de soulever ou alerter sur cette question sont assimilés à des « extra-terrestres », des non ambitieux, des empêcheurs de tourner en rond, des utopistes.
Sait-on véritablement La fonction essentielle de ces ressources ligneuses sur l’équilibre de notre planète, le maintien de la race humaine sur terre, notre santé, la régulation des températures, la fixation du sol pour éviter l’ensablement et même l’avancée de la mer (cas des dunes de Guédiawaye) ?
En dépit de tout cela, les agressions bien planifiées dans des hauts lieux insoupçonnés continuent de plus belle rien que pour satisfaire des rêves ou ambitions d’habiter Dakar ou de se constituer un patrimoine immobilier colossal, source d’enrichissement rapide et sans risque.
Dès lors, le VERT n’a plus sa place dans l’aire métropolitaine de Dakar qui préfère tendre la main à l’arrivée massive des automobiles, à l’érection des grands immeubles, aux industries, au recul du trait de côte, sans aucune autre forme de défense environnementale (anti-missiles contre les effets du changement climatique).
A Dakar, à défaut de décrets d’expropriation pour cause d’utilité publique pour récupérer de nouveau ces espaces et permettre à la nature de reprendre ses droits (qui oserait le faire ou l’imaginer), la bataille pour la sauvegarde de ces grands espaces verts est perdue d’avance. Point de capitulation pour ces valeureux défenseurs de la nature mais il va falloir changer de stratégies (dont constituer une masse critique dans les sphères de décisions), fédérer les initiatives et forces, anticiper pour éviter que d’autres localités du pays ne puissent pas subir le même sort, etc.
En attendant, préparons-nous davantage à survivre davantage avec le stress, les pollutions et leur corollaire sanitaire, des paysages urbains pâles, la chaleur suffocante et grandissante, le tout couronné par des factures en médicaments très salées.

Mamadou DIENG
VISION GUEDIAWAYE
Email: mdieng14@yahoo.fr
Mardi 8 Août 2017
Dakaractu




Dans la même rubrique :