LA GRANDE OPPORTUNITÉ DU COVID-19. (Par Dr Ndiakhat NGOM)


LA GRANDE OPPORTUNITÉ DU COVID-19. (Par Dr Ndiakhat NGOM)

Les sociétés humaines traversent très souvent de grands bouleversements sociaux qui remettent en question les modes de vie, les croyances et les acquis sociaux. C’est aujourd’hui le cas avec la pandémie du Covid-19. Inédite, violente et brusque par son ampleur, certains la vivent avec angoisse, d’autres avec des questions sans réponse.

Mais ces crises ne sont pas forcément négatives.

 

Elles sont d’abord structurelles en ce sens qu’elles sont des transitions entre un monde ancien et un autre qui va advenir. C’est la règle de la grande dialectique de l’histoire. Le monde en avril 2020 est aussi le produit lointain de catastrophes sociales ou naturelles qui jalonnent l’histoire humaine. Les populations à ces époques les ont sans doute vécus dans la peur et l’incertitude des lendemains. Comme nous face du Covid-19 aujourd’hui.

 

Rappelons-le : les grandes révolutions religieuses, scientifiques et politiques se sont toujours faites dans la douleur et la violence. Elles ont été le fait d’hommes incompris, percutés ou même contraints à l’exil. Songez ici aux grandes figures religieuses (prophètes), aux penseurs et savants (Karl Marx, Galilée, Cheikh Anta Diop), par exemple.

 

Les grands bouleversements sociaux (révolutions politiques, guerres) ou naturels (tremblements de terre, volcans, épidémies) ont aussi contribué de façon décisive à l’évolution des sociétés humaines. IIs obligent les hommes à adopter de nouveaux codes pour s’ouvrir de nouveaux horizons (évolution) ou pour s’adapter à leur environnement mouvant (survie).

 

A ce titre, Covid-19 doit être lu comme un fait tout à fait « banal » de l’ordre naturel. Devant l’inconnu, la panique s’installe. C’est normal. Mais les crises ont ceci de particulier qu’elles sont des vecteurs de changements et d’évolution. Elles obligent les hommes à se réinventer. 

 

A l’échelle naturelle et civilisationnelle, rien n’est permanent. Tout s’écoule, tout passe. C’est l’une des grandes lois de l’évolution, aussi bien biologique que sociale.

 

L’épreuve du Covid-19 invite à opérer des ruptures, à repenser notre rapport aux autres, à Dieu et à notre environnement. Cette crise mesurée par rapport à l’évolution religieuse montre, par exemple, que l’humanité a toujours lapidé ses prophètes. Mais qu'elle s’est souvent ravisée pour leurs dresser des autels (reconnaissance tardive). 

 

Le « malheur » recèle des opportunités pour de remises en question profondes et bénéfiques. 

 

Et, peut-être, des comportements sains et appropriés. C’est cela la résilience.

Demain sera forcément un nouveau jour. Pour le monde, pour nos concitoyens, pour le SÉNÉGAL. Mais il dépendra aussi de notre lecture de la parenthèse du Covid-19. Tout événement, même dramatique est porteur d’une belle leçon de vie. Mandela disait : « Je ne perds jamais : soit je gagne, soit j’apprends ».

 

Aux Sénégalais de savoir quel monde ils voudront demain.

 

*Président de l’Institut Transatlantique pour les Coopérations Sud-Sud (ITCSS)

Samedi 11 Avril 2020
Dakaractu



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