L’ex-épouse d’Omar Sarr traîne le chauffeur du ministre à la barre pour 9 millions de FCfa


Une affaire d’abus de confiance portant sur 9 millions de FCfa a été traitée à la barre du tribunal des flagrants délits, hier. Et c’est l’ex-épouse d’Omar Sarr qui a traîné l’ex-chauffeur de l’ancien ministre à la barre.

Il est chauffeur de l’administration et a cheminé durant 5 ans avec l’ancien ministre de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, Omar Sarr. Hier mercredi, c’est un prévenu pensionnaire depuis quelques jours de la Maison d’arrêt et de Correction (Mac) de Rebeuss, qui a fait face aux juges. Après un long compagnonnage avec le grand «ami» de Diombass Diaw, il a été attrait à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar pour abus de confiance portant sur 9 millions de F Cfa. Et celui qui le poursuit n’est personne d’autre que l’ex-épouse de son ancien patron, avec qui elle avait des relations bien particulières. Aïssata Fall, absente lors du procès, dit lui avoir confié la vente de sa voiture estimée à 9 millions de FCfa. La dame qui pensait s’enrichir avec cette rondelette somme, dit n’avoir reçu le plus petit centime de la transaction. Interrogé, le chauffeur du ministre, affecté à la Médiature après la chute du régime libéral, a servi une autre version. Loin de nier le mandat qui lui a été confié, le prévenu dit avoir reçu un autre ordre de l’ex-épouse du ministre, qui lui a, explique-t-il, demandé de lui chercher des marabouts. «Après l’avoir informée de la vente de la voiture à 8 millions Cfa au lieu de 9 millions, j’ai remis un million au courtier et les 7 millions de F Cfa à deux marabouts. J’ai remis à l’un 4 millions et 3 millions à l’autre.» Mais le marabout Ibrahima Mamadou Diallo, cité comme témoin, dit n’avoir touché que la somme de 101 000 FCfa d’Amadou Ndione, qui voulait qu’il «maraboute» Aïssata Fall afin qu’elle soit à sa merci. Le marabout qui semble être familier à l’entourage d’Omar Sarr, a dans sa déclaration confié, avoir reçu 150 000 francs d’Abdou Aziz Diop, l’ancien directeur de cabinet du ministre, qui a eu à solliciter ses services.

«Si elle n’avait pas divorcé, Aïssata Fall n’allait certainement pas porter plainte»
Lors des plaidoiries, l’avocat de la plaignante a battu en brèche les déclarations du prévenu. Selon lui : «Jamais ma cliente ne lui a demandé de remettre de l’argent à qui que ce soit. Selon Me Ibrahima Mbengue, devant le chauffeur de ma cliente, le prévenu a déclaré que cette histoire sera sans suite.» Pour réparer le préjudice subi par sa cliente, l’avocat, au principal, a demandé 9 millions FCfa et 5 millions en guise de dommages et intérêts. Pour le procureur Aly Birima Fall, le prévenu pensait que la dame, pour ne pas s’exposer aux médias, n’allait jamais saisir la justice. Il a donc requis deux ans dont six mois ferme. La défense assurée par Mes Amadou Diallo et Seny Ndione, a soutenu que la plaignante, qui «avait des difficultés dans son ménage, était prête à tout pour rester avec son mari qui était un ministre d’Etat». Appuyant la thèse de son client, Me Diallo lâche : «Si elle n’avait pas divorcé, elle n’allait certainement pas porter plainte contre mon client.» Me Ndione de renchérir : «Durant trois ans, 129 millions Cfa ont transité entre ses mains et personne n’a eu à se plaindre de lui. Car, qui dit chauffeur, dit confiance et il a pleinement joué son rôle.» Plaidant une application bienveillante de la loi pénale à défaut d’une relaxe au bénéfice du doute, les avocats attendront le 6 août prochain pour savoir la décision du tribunal.
T. Marie Louise Ndiaye
Jeudi 2 Aout 2012