“Je ne pense pas que cette épidémie sera terminée dans deux mois (...) L’ampleur de l’épidémie dépendra de la rapidité de notre réponse, de notre capacité à stopper rapidement la transmission. Nous ne disposons pas de vaccin et nous devons donc compter sur la coopération de la population”, a déclaré à la presse Anne Ancia, représentante de l’OMS en RDC.
La RDC est actuellement frappée de plein fouet par le variant Bundibugyo d’Ebola, contre lequel il n’existe aucun vaccin. L’Ouganda est également touché par l’épidémie.
Le président congolais Félix Tshisekedi a appelé mardi la population “au calme”, dans un message publié sur X par la présidence congolaise.
“Le chef de l’État a instruit le gouvernement à mettre immédiatement en œuvre toutes les mesures nécessaires pour renforcer la riposte sanitaire”, dans ce vaste pays d’Afrique centrale où 131 décès estimés et 513 cas suspects ont été recensés, indique ce message.
La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a annoncé mardi avoir activé son plus haut niveau de réponse. “La FICR a déclenché son niveau d’intervention d’urgence le plus élevé. Nous intensifions nos activités, notamment en activant nos mécanismes régionaux et mondiaux de déploiement d’urgence”, a annoncé devant la presse à Genève Anne Archer, cheffe du département soins cliniques et santé publique en situation d’urgence de la FICR.
L’organisation déploiera dans les prochains jours des équipes spécialisées en santé publique ainsi que des experts dans les zones touchées. Des “kits d’inhumation sûre et digne” sont actuellement acheminés vers les zones affectées depuis Kinshasa et Dubaï, a précisé Mme Archer. La FICR souligne que les épidémies d’Ebola “peuvent rapidement s’aggraver si les cas ne sont pas détectés tôt, si les communautés ne disposent pas d’informations fiables ou si les systèmes de santé sont débordés”. “Malheureusement, nous constatons aujourd’hui la convergence de tous ces facteurs dans cette épidémie. L’évolution de la situation souligne la nécessité d’une forte coordination locale et régionale, d’une meilleure préparation et d’un soutien international durable”, a ajouté Mme Archer.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé mardi être en train d’examiner quels vaccins candidats et traitements disponibles pourraient être utilisés. “Nous examinons quels sont les candidats vaccins ou traitements qui sont disponibles et si certains d’entre eux pourraient être utilisés dans le cadre de cette épidémie. Un groupe consultatif technique de l’OMS se réunira aujourd’hui afin de formuler de nouvelles recommandations”, a annoncé à la presse à Genève Anne Ancia, représentante de l’OMS en RDC, en visioconférence depuis Bunia.
Ebola, qui provoque une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse, reste redoutable malgré de récents vaccins et traitements, efficaces uniquement contre la souche Zaïre à l’origine des plus grandes épidémies recensées. Ce virus a fait plus de 15.000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années, parmi lesquels 2.300 morts lors d’une épidémie meurtrière en RDC, entre 2018 et 2020.
Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege a appelé mardi le groupe armé M23 à rouvrir l’aéroport de Goma, hub humanitaire dans l’est de la RDC, afin de faciliter la réponse à l’épidémie d’Ebola. Le médecin congolais a exhorté dans un communiqué “toutes les parties impliquées - y compris les forces d’occupation - à rouvrir” cet aéroport international fermé depuis la prise de la grande ville de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) en janvier 2025 par le groupe antigouvernemental soutenu par Kigali.