L’Occident dérive… et nous entraine ! (Par Amadou Tidiane Wone)


Récuser la déviation pornographique de la « civilisation » occidentale.  Les guillemets s’imposent tant ce qui se proclame de monde « civilisé » renvoie tous les signes de la décadence, de la luxure et de la barbarie. Du siècle dit des Lumières à nos jours, la profondeur de la Pensée qui a caractérisé les intellectuels et penseurs de la vieille Europe a cédé le pas à la superficialité, à un culte du plaisir des sens, au triomphe du loisir pour le loisir. 

Cette dérive, soutenue par des avancées techniques et technologiques certaines, a pour conséquence la fabrication effrénée d’objets, la production de biens non essentiels, la fourniture de services sans utilité. Il s’est ainsi développé une industrie de la distraction et de l’amusement qui produit, à foison, toutes sortes de joujoux par définition temporaires et volatiles. 

Toutes choses, à l’expérience inutiles, onéreuses et désormais dangereuses. Une industrie de la mode, saisonnière par vocation, conditionne nos volontés et se saisit de nos avoirs sans limites. Dans un esprit de compétition et de concurrence qui est la marque de fabrique du système capitaliste, le bonheur de l’humain n’est plus le sujet. Bien au contraire. Il faut assiéger les esprits, les distraire, les empêcher de réfléchir, de penser. Robotiser les humains ... Il suffit de voir l’envahissement du numérique dans nos vies, la solitude qui s’en suit. Les effets collatéraux sur la santé psychologique et les troubles du comportement, la manipulation des esprits que ces nouveaux outils permettent à des niveaux insoupçonnés.

 

Pour l’heure, intéressons-nous à la tendance de plus en plus appuyée des médias occidentaux, vecteurs de la domination culturelle d’une partie du monde sur toutes les autres, d’imposer la conception occidentale des « droits »humains et d’en faire le modèle universel de référence. Ces médias, super puissants et dévastateurs, causent plus de dégâts que la plupart des guerres conventionnelles car ils distillent, dans les consciences, un poison qui agit lentement pour détruire les bases spirituelles, culturelles et morales des peuples dominés. Rien que pour y substituer une sous culture dont les référentiels sont essentiellement tournés vers la satisfaction des besoins animaux de l’être humain. La spiritualité est mise en berne. Et il semble que nous soyons parvenus à un niveau tel de contamination, tel que la rupture d’avec le modèle occidental est une nécessité de survie. 

Car, par des manipulations successives des principes du droit international, des lobbies puissants font désormais, à visage découvert, la promotion de mœurs et de valeurs déviantes, contraires à la nature humaine. Sous le rouleau compresseur d’organisations non gouvernementales, téléguidées par des Think tank aux objectifs douteux, nos pays adoptent des législations en porte à faux avec nos valeurs spirituelles, culturelles et morales. Des lois et dispositions légales écrites en français, une langue étrangère à la majorité des sénégalais, sont en cours d’adoption.  Ou peut-être le sont-elles déjà, à l’insu des citoyens, pour ne pas dire en catimini. 

 

Notamment pour tout ce qui concerne les « nouveaux droits » sic. Par ailleurs, des politiques agressives de limitation des naissances, sous le couvert de préservation de la santé de la mère et de l’enfant, entrent en fait, dans le cadre de la « guerre démographique » que certains illuminés de l’occident ont entreprise pour contenir l’expansion de certaines populations, notamment noires… Le sujet est vaste et nous interpelle dangereusement.

 

Pour l’heure, prenons prétexte du débat qui agite l’intelligentsia française concernant le port du voile, qui fait partie de l’esthétique de la femme musulmane, pour nous interroger sur les fondements réels de toute cette agitation. On peut, au demeurant, rappeler à l’occident que la tendance à dénuder les femmes ou à réduire leurs vêtements à la plus simple expression est récente. Même en Europe. Parcourez toute les images de la mode européenne des siècles passés, la femme s’est toujours vêtue avec des robes longues, très longues même. Un chapeau, un foulard ou un fichu sur la tête. Les tenues des femmes européennes des siècles passés étaient conformes à ce que l’Islam indique comme norme de la pudeur ! C’est après la seconde moitié du 20ème siècle, la relance du développement en Europe et l’amélioration notable des conditions de vie que le féminisme a connu ses premiers pas. Affirmation de soi au départ, le mouvement des femmes connaît une déviation qui consiste à se poser en opposition aux hommes. 

Une idéologie belliciste a fait du défi permanent une modalité d’expression de la femme. L’industrie a vite compris quel avantage elle pouvait tirer de la transformation des femmes en consommatrices compulsives. 

La mode a fait des femmes son argument de vente principal en les dénudant de plus en plus ! Un subtil corollaire a été établi entre défiance, nudité et liberté. Maitresse de son corps, la femme s’est laissé piéger par le regard des hommes. 

Au point d’être réduite à une chose, un gadget entre les mains de publicitaires sans scrupules. 

Question : en quoi la nudité d’une femme est-elle un signe de liberté ? De libertinage, peut-être … En quoi une femme dénudée est-elle plus digne de respect qu’une femme vêtue et voilée ? Deux conceptions du monde s’opposent quant au fond. Tout simplement. 

 

Or, le monde islamique ne développe pas suffisamment ses arguments. Alors même que le port du voile est une prescription divine valide dans toutes les traditions Abrahamiques. Par pudeur. 

Une pudeur due à Dieu et non pas imposée par les hommes, contrairement à la compréhension généralement répandue dans le monde occidental. Le voile est prescrit à la femme croyante. Exclusivement. Dans la tradition musulmane, la femme est un trésor. Elle donne la vie. Et sous ses pieds se trouvent les clés du Paradis de ceux qu’elle met au monde nous enseigne-t-on. 

Pour cela, elle doit être aimée, adorée. Du point de vue islamique, elle est la pièce maitresse du dispositif social. En cela, la tradition islamique a remis en question bien des pratiques des traditions arabes. Souvenons-nous, en effet, du contexte de l’avènement de l’Islam dans l’Arabie esclavagiste où les femmes, par dizaines voire des centaines, s’entassaient dans des harems pour satisfaire la libido de mâles en rut, imbibés d’alcool et violents. 

Une Arabie peuplée de tribus dont l’activité principale était la guerre et les razzia, le culte des idoles et le brigandage. 

Dans ce contexte, la polygamie limitée à quatre femmes prescrite par l’Islam était une révolution ! La reconnaissance des droits de la femme et l’énoncé de ses devoirs aussi. La femme n’est pas brimée par l’Islam, elle l’était dans les sociétés antéislamiques. 

De nos jours combien de femmes, chefs d’entreprises, cadres supérieurs, ou exerçant des processions libérales portent le voile par conviction et en toute indépendance ? Elles devraient prendre plus souvent la parole pour défendre leur identité.

Revenons à la vision européocentriste du monde qui impose à l’humanité un modèle sans perspectives. L’Europe s’est étendue et développée par la violence : Les indiens d’Amérique massacrés et réduits à l’alcoolisme. Les aborigènes d’Australie également. 

L’Afrique, réservoir d’une main d’œuvre gratuite pendant des siècles sans compter l’exploitation de ses ressources naturelles sans bourse délier. Seules les populations à forte vitalité démographique sont parvenues à survivre à toutes les vicissitudes de l’histoire coloniale. 

Parallèlement et en pleine expansion économique, le malthusianisme a freiné le développement démographique des occidentaux. Et nous voilà au cœur de la problématique qui justifie les discours haineux tous azimuts : la peur panique d’une submersion de la race blanche par les autres composantes de la communauté humaine. Le vieillissement des populations d’origine européenne est une donnée majeure pour qui s’intéresse à la géopolitique mondiale et au déplacement des pions sur la mappemonde. Il y’a ainsi des guerres ciblées, des famines orchestrées, et un combat contre la famille, première cellule de protection et de développement de l’Humanité. 

La promotion de l’homosexualité, la limitation des naissances, l’encouragement de la sexualité, rien que pour le plaisir et non pour donner la vie, tendent à détruire la famille, le groupe. 

A quelles fins ? D’abord, selon certains esprits « supérieurs » pour garantir la suprématie blanche. Ensuite leur conserver le contrôle sur les richesses stratégiques du monde. Envers et contre tout. Ces objectifs, d’une minorité paranoïaque et agissante, sont poursuivis à l’insu de la majorité des peuples européens. Ils sont définis dans les mêmes cercles fermés de réflexion stratégique qui ont muri le projet de faire de l’Afrique une réserve de main d’œuvre gratuite par l’esclavage, la colonisation, et aujourd’hui la recolonisation par des manœuvres dont, hélas bien des dirigeants africains sont complices. Consciemment ou inconsciemment.

Être musulman, noir et africain dans ce contexte, multiplie les défis par trois ! Car l’on subit une triple discrimination qui fait partie des « règles » non écrites de « l’ordre blanc » du monde, tel que dessiné dans certains cercles. Ce n’est ni une fatalité ni une malédiction. Juste un ordre du monde pensé et conduit comme tel. Par qui ? Il appartient à chaque personne se retrouvant dans l’une ou l’autre de ces cases d’y réfléchir, de se définir et de se positionner pour défendre ses droits en tous lieux et en tous temps. Le soleil brille pour tout le monde. Ayons le courage de subir ses rayons pour arracher notre Liberté!

Parlons de l’actualité…

 

Le sabre d’El Hadji Omar Al Foutiyou TALL.Restitué ou prêté au Sénégal ? Original ou copie ? Sabre du Cheikh ou celui de son fils ? Toutes sortes de conjectures ont accompagné un événement dont la symbolique profonde, à mes yeux, est à chercher ailleurs : Ce sabre nous rappelle que toute indépendance est une conquête et que pour la conserver, il faut la défendre ! Au-delà, il nous rappelle que ceux dont le sang a été versé pour la résistance à l’envahisseur colonial sont les ceddos et des marabouts. Les élites francisées qui elles ont « négocié » une indépendance hypothéquée par de nombreux accords de coopération tenus secrets, devraient garder le profil bas. Car, même défaits au plan militaire, la victoire spirituelle et morale des marabouts à l’instar d’El Hadji Omar TALL, est sans appel. Si le Sénégal et plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest sont à majorité musulmane, on peut dire qu’il a perdu des batailles mais non la guerre pour paraphraser le Général De Gaulle. Ce qui est dommage c’est la posture de nos dirigeants politiques actuels qui rivalisent d’ardeur pour renouer les fils de la subordination. Aux descendants des Résistants d’alors de nous dire de qui et de quoi ils sont les héritiers !

 

Visite de chantiers et vente de missiles et de patrouilleurs. Le Sénégal est devenu un pays solvable. La France peut donc y faire crédit sans risques. Notre pétrole et notre gaz règleront les factures le moment venu. C’est connu et c’est la France qui nous l’a appris : «  les pays n’ont pas d’amis. Ils n’ont que des intérêts. » Au fond les patrouilleurs serviront à veiller à ce que les factures françaises soient payées en priorité. Qui est fou ?

 

Trafic de drogue, assassinats en série et fausse monnaie. L’actualité dément tous les discours officiels convenus. Les délégations de passage à Dakar pour le Forum sur la Paix ont dû se demander s’ils ne s’étaient pas trompés de pays à la lecture des nombreux quotidiens sénégalais. Notre pays serait donc infesté  de gangsters, jusqu’au parlement ? Par ailleurs, une partie de la drogue saisie officiellement disparaît systématiquement ! Qui pour s’en émouvoir ? Des enfants et des femmes sont assassinés sauvagement au quotidien. Qui pour les protéger ? Nous étions au bord de l’abîme et nous venons de faire un grand bond en avant ! Comprenne qui pourra ce Sénégal, pays où la réalité dépasse la fiction.

Amadou Tidiane WONE

Mercredi 20 Novembre 2019
Dakaractu



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