Quand la majorité confond hémicycle et champ de foire, il faut un homme pour rappeler ce qu’est la République. Le 29 juin, cet homme s’appelait Abdou Mbow.
Ils sont venus en nombre. Ils sont repartis en bruit. Entre l’indiscipline collective et la tenue d’un seul, le Sénégal a vu la différence entre la majorité et l’exemple.
LA MAJORITÉ SOUS FLAMME EN OBSCENE ATTITUDE .
Injures, chahut, procédures piétinées, regard hautain face au pays qui écoute. Voilà le bilan d’une journée où la majorité a donné à voir ce qu’elle ne dit jamais : le mépris des règles quand on croit détenir les voix. On ne gouverne pas à coups de clameurs. On ne légifère pas en courant. Le Parlement n’est pas un stade. Et quand on traite l’Assemblée comme un vestiaire, le peuple retient deux choses : qui a crié, et qui a tenu.
LA CONTRE-IMAGE : ABDOU MBOW, L’HOMME DU 29 JUIN.
Face au vacarme, un calme. Face à la provocation, une posture. Face au calcul, une boussole. C’est cela que les citoyens ont vu. Et c’est cela qu’ils n’oublieront pas.
Abdou Mbow n’a pas cherché la lumière. Il a tenu la ligne. Le 29 juin, il a choisi la République contre le spectacle. La loi contre la clameur. La tenue contre la surenchère. Chevaleresque, parce qu’il n’a pas répondu à l’invective par l’invective. Héroïque, parce que tenir droit quand tout le monde penche, ça coûte. Politiquement. Humainement. Ce jour-là, il n’a pas défendu un camp. Il a défendu l’idée même d’un Parlement digne. Et dans un hémicycle devenu brouhaha, sa voix a fait office de boussole. Les majorités passent. Les postures restent. Le 29 juin, le Sénégal a retenu un nom : Abdou Mbow. Pas pour ce qu’il a dit le plus fort. Pour ce qu’il a refusé de faire.
ET TOUT D’UN COUP, L’HÉMICYCLE A BASCULÉ .
Le problème avec nos indignations, c’est qu’on finit par crier dans le vide. Parce que le troupeau ne sait plus de quoi il parle. Parce que certains beaux esprits ont décroché la palme d’or de la crétinisation. Et que c’est épuisant à regarder. Mais le 29 juin, on n’a pas eu besoin d’expliquer. Le Sénégal a vu. En direct. Une Assemblée au point de rupture. Ce jour-là, l’hémicycle n’a plus ressemblé à un Parlement. Il a ressemblé à une cour de récréation sous tension.
Abdou Mbow a été bousculé. Humilié. Empêché de parler. Devant le Président de l’Assemblée qui ricanait. Quatre députées de la majorité se sont levées. Elles l’ont physiquement encerclé pour le faire taire. Leur grief ? Son franc-parler. Le fait d’avoir dit à Ousmane Sonko qu’il n’était pas à "Sweet Beauté".
Le règlement ? Piétiné. L’institution ? Bafouée. La scène ? Filmée par toutes les chaînes. Puis le GIGN est intervenu pour le sortir de l’hémicycle. Comme si l’enceinte de la loi était devenue une zone d’évacuation.
La République a un problème quand des élues, censées voter les lois contre les violences faites aux femmes, sont elles-mêmes filmées en train d’agresser un collègue devant les caméras. L’une d’elles s’est excusée le lendemain matin. Trop tard. L’image est restée.
On se souvient de Cheikh Bamba Dièye, enchaîné aux grilles de l’Assemblée le 23 juin 2011. Le 29 juin 2026, l’histoire a changé de scène, pas de nature : un député empêché de parler par la force du nombre.
L’INVERSE DE LA RÉPUBLIQUE.
Quand un pays se dit république, il ne met pas la clameur au-dessus de la règle. Quand des députés transforment l’hémicycle en meeting, ils ne légifèrent plus. Ils intimident. Quand on chante, on crie, on empêche, au lieu de débattre, on n’est plus dans la démocratie. On est dans la sidération.
Un peuple ne grandit pas avec le mépris. Il ne se construit pas avec l’envie. Il ne vote pas ses lois avec ses tripes. Parce que tout ce qui sort des tripes finit aux chiottes.
CQFD.
LE GENTLEMAN DU 29 JUIN.
Au milieu du chaos, un homme. Bousculé. Agressé. Sorti de force. Et il n’a pas bronché. Aucun énervement. Un sourire. La maîtrise.
C’est ça, un jambar. Pas celui qui crie le plus fort. Celui qui tient quand tout lâche.
Ce garçon a d’ailleurs prouvé en passant que « la bonne taille, c’est quand les pieds touchent bien par terre. Ensuite il a fait montre de combativité : Il a voulu parler. On l’en a empêché. Il est resté debout.
Il a aussi fait l’expression de la tenue : Face à l’agression physique, pas un geste déplacé. Pas une insulte. La discipline d’un homme d’État.
Enfin, le sens de l’histoire : Il a refusé le piège du spectacle. Il a choisi la posture. Ce jour-là, il a montré ce que sera la politique demain. Pas celle du bruit. Celle de l’endurance. Celle qui gagne parce qu’elle ne se salit pas.
Fi dou Sweet Beauté
Vrai jambar. Tu as gagné des galons de gentleman. Tu as mis à nu, sans hausser la voix, la honte de ceux qui dirigent par l’invective.
Les majorités changent. Les méthodes brutales aussi. Mais les images restent. Le 29 juin, le Sénégal a vu deux camps : celui qui a hurlé, et celui qui a tenu. Abdou Mbow n’a pas gagné une bagarre. Il a gagné en stature. Et l’Assemblée a perdu en crédibilité. On retiendra un nom. Pas pour le vacarme. Pour la tenue.
Et ces rustres parfois, pachydermes perruquées, bien loin des guenons victimes d’AVC, ont fait à leurs corps défendant, l’expérience que dans certains milieux, « On se tient, Mesdames »
Jean Pierre Corréa
Ils sont venus en nombre. Ils sont repartis en bruit. Entre l’indiscipline collective et la tenue d’un seul, le Sénégal a vu la différence entre la majorité et l’exemple.
LA MAJORITÉ SOUS FLAMME EN OBSCENE ATTITUDE .
Injures, chahut, procédures piétinées, regard hautain face au pays qui écoute. Voilà le bilan d’une journée où la majorité a donné à voir ce qu’elle ne dit jamais : le mépris des règles quand on croit détenir les voix. On ne gouverne pas à coups de clameurs. On ne légifère pas en courant. Le Parlement n’est pas un stade. Et quand on traite l’Assemblée comme un vestiaire, le peuple retient deux choses : qui a crié, et qui a tenu.
LA CONTRE-IMAGE : ABDOU MBOW, L’HOMME DU 29 JUIN.
Face au vacarme, un calme. Face à la provocation, une posture. Face au calcul, une boussole. C’est cela que les citoyens ont vu. Et c’est cela qu’ils n’oublieront pas.
Abdou Mbow n’a pas cherché la lumière. Il a tenu la ligne. Le 29 juin, il a choisi la République contre le spectacle. La loi contre la clameur. La tenue contre la surenchère. Chevaleresque, parce qu’il n’a pas répondu à l’invective par l’invective. Héroïque, parce que tenir droit quand tout le monde penche, ça coûte. Politiquement. Humainement. Ce jour-là, il n’a pas défendu un camp. Il a défendu l’idée même d’un Parlement digne. Et dans un hémicycle devenu brouhaha, sa voix a fait office de boussole. Les majorités passent. Les postures restent. Le 29 juin, le Sénégal a retenu un nom : Abdou Mbow. Pas pour ce qu’il a dit le plus fort. Pour ce qu’il a refusé de faire.
ET TOUT D’UN COUP, L’HÉMICYCLE A BASCULÉ .
Le problème avec nos indignations, c’est qu’on finit par crier dans le vide. Parce que le troupeau ne sait plus de quoi il parle. Parce que certains beaux esprits ont décroché la palme d’or de la crétinisation. Et que c’est épuisant à regarder. Mais le 29 juin, on n’a pas eu besoin d’expliquer. Le Sénégal a vu. En direct. Une Assemblée au point de rupture. Ce jour-là, l’hémicycle n’a plus ressemblé à un Parlement. Il a ressemblé à une cour de récréation sous tension.
Abdou Mbow a été bousculé. Humilié. Empêché de parler. Devant le Président de l’Assemblée qui ricanait. Quatre députées de la majorité se sont levées. Elles l’ont physiquement encerclé pour le faire taire. Leur grief ? Son franc-parler. Le fait d’avoir dit à Ousmane Sonko qu’il n’était pas à "Sweet Beauté".
Le règlement ? Piétiné. L’institution ? Bafouée. La scène ? Filmée par toutes les chaînes. Puis le GIGN est intervenu pour le sortir de l’hémicycle. Comme si l’enceinte de la loi était devenue une zone d’évacuation.
La République a un problème quand des élues, censées voter les lois contre les violences faites aux femmes, sont elles-mêmes filmées en train d’agresser un collègue devant les caméras. L’une d’elles s’est excusée le lendemain matin. Trop tard. L’image est restée.
On se souvient de Cheikh Bamba Dièye, enchaîné aux grilles de l’Assemblée le 23 juin 2011. Le 29 juin 2026, l’histoire a changé de scène, pas de nature : un député empêché de parler par la force du nombre.
L’INVERSE DE LA RÉPUBLIQUE.
Quand un pays se dit république, il ne met pas la clameur au-dessus de la règle. Quand des députés transforment l’hémicycle en meeting, ils ne légifèrent plus. Ils intimident. Quand on chante, on crie, on empêche, au lieu de débattre, on n’est plus dans la démocratie. On est dans la sidération.
Un peuple ne grandit pas avec le mépris. Il ne se construit pas avec l’envie. Il ne vote pas ses lois avec ses tripes. Parce que tout ce qui sort des tripes finit aux chiottes.
CQFD.
LE GENTLEMAN DU 29 JUIN.
Au milieu du chaos, un homme. Bousculé. Agressé. Sorti de force. Et il n’a pas bronché. Aucun énervement. Un sourire. La maîtrise.
C’est ça, un jambar. Pas celui qui crie le plus fort. Celui qui tient quand tout lâche.
Ce garçon a d’ailleurs prouvé en passant que « la bonne taille, c’est quand les pieds touchent bien par terre. Ensuite il a fait montre de combativité : Il a voulu parler. On l’en a empêché. Il est resté debout.
Il a aussi fait l’expression de la tenue : Face à l’agression physique, pas un geste déplacé. Pas une insulte. La discipline d’un homme d’État.
Enfin, le sens de l’histoire : Il a refusé le piège du spectacle. Il a choisi la posture. Ce jour-là, il a montré ce que sera la politique demain. Pas celle du bruit. Celle de l’endurance. Celle qui gagne parce qu’elle ne se salit pas.
Fi dou Sweet Beauté
Vrai jambar. Tu as gagné des galons de gentleman. Tu as mis à nu, sans hausser la voix, la honte de ceux qui dirigent par l’invective.
Les majorités changent. Les méthodes brutales aussi. Mais les images restent. Le 29 juin, le Sénégal a vu deux camps : celui qui a hurlé, et celui qui a tenu. Abdou Mbow n’a pas gagné une bagarre. Il a gagné en stature. Et l’Assemblée a perdu en crédibilité. On retiendra un nom. Pas pour le vacarme. Pour la tenue.
Et ces rustres parfois, pachydermes perruquées, bien loin des guenons victimes d’AVC, ont fait à leurs corps défendant, l’expérience que dans certains milieux, « On se tient, Mesdames »
Jean Pierre Corréa