À l’approche de la fête de la Korité, symbole de partage et de convivialité, le poulet, ingrédient incontournable des tables sénégalaises, se fait de plus en plus rare à Malika. Sur place, chez les éleveurs, le constat est alarmant. Malgré des préparatifs anticipés, la production n’a pas suivi. Entre mortalité élevée des poussins et hausse des coûts de production, les professionnels du secteur tirent la sonnette d’alarme. « La dernière vague d’arrivage de poussins a connu beaucoup de mortalité. Les races n’étaient pas normales. J’en ai perdu plus de 50… même plus, mais je rends grâce à Dieu », confie Djibril Kandé, visiblement éprouvé.
Même son de cloche chez Abdou Ndiaye et Abdou Khouma, qui évoquent des pertes importantes ayant directement impacté le mois de Ramadan et les préparatifs de la Korité. « On avait placé 1000 poussins, mais on a perdu presque la moitié. Cela a fortement réduit notre capacité de production », expliquent ils. Résultat, une offre insuffisante face à une demande pourtant forte en cette période. À Malika, certains élevages sont déjà à court de poulets, tandis que les rares stocks restants sont souvent réservés à un cercle restreint.
Au delà de la pénurie, les éleveurs dénoncent une flambée des prix des intrants, cartons de poussins, aliments et médicaments. Une situation jugée « déplorable » par Serigne Bassirou Pouye, ancien éleveur, qui affirme avoir abandonné l’activité pour ces raisons. Malgré ces difficultés, les producteurs se disent contraints de maintenir des prix accessibles, rarement au delà de 3000 FCFA, alors que la majorité des clients n’achète pas à plus de 2500 FCFA. Entre coûts en hausse et revenus limités, les éleveurs de Malika redoutent une Korité sous pression, où tradition et réalité économique peinent à s’accorder.