Keur Massar : un émigré condamné après avoir agressé sa belle-mère sur fond de rejet de la polygamie


Un différend familial lié à la polygamie a failli virer au drame dans le quartier Darou Salam de Keur Massar. Le journal L'Observation renseigne que M. Mbaye, un émigré sénégalais de retour d’Italie, a été condamné à six mois de prison, dont trois mois ferme, pour violences et menaces à l’encontre de sa belle-mère.

Les faits remontent à la nuit du 13 janvier dernier. Selon l’accusation, alors que le quartier était plongé dans le calme, M. Mbaye, visiblement alcoolisé et sous l’emprise de chanvre indien, s’est introduit dans la maison familiale, hurlant, gesticulant et proférant des menaces de mort. Opposé à la polygamie de son père, il aurait violemment frappé sa tante et belle-mère, allant jusqu’à tenter de défoncer la porte de la chambre où elle s’était réfugiée.

« Il était hors de lui. Il frappait à la porte avec une telle violence que j’ai cru qu’il allait la casser. Il menaçait de nous tuer », a relaté la victime à la barre, encore visiblement marquée par la peur. Quelques jours auparavant, l’homme s’était déjà illustré en se promenant avec un couteau à la main, accentuant l’inquiétude de son entourage.

Alerté, le chef de quartier a sollicité l’intervention de la Brigade de recherches. Lors de la perquisition, les gendarmes ont découvert des résidus de chanvre indien dissimulés dans les toilettes. Interrogé par le procureur, M. Mbaye a reconnu les faits et a admis avoir déjà été condamné en Italie pour des violences lors d’altercations avec des ressortissants chinois.

Pour expliquer son comportement, le prévenu a évoqué un profond mal-être psychologique, affirmant que l’arrivée de sa tante comme coépouse de sa mère aurait brisé l’harmonie familiale et déclenché chez lui des troubles émotionnels.

À l’audience, l’avocat de la partie civile a décrit un homme instable, utilisant l’alcool et la drogue pour terroriser sa tante et ses jeunes enfants âgés de 10 et 12 ans. Il a réclamé le franc symbolique à titre de dommages et intérêts.

De son côté, la défense a plaidé l’irresponsabilité pénale partielle, estimant que l’accusé avait davantage besoin d’un suivi médical et d’un internement que d’une peine de prison. « Mon client est malade. La prison ne réglera pas son problème », a soutenu son avocat, sollicitant la clémence du tribunal.

Après délibération, le tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye a relaxé M. Mbaye pour détention de chanvre indien, mais l’a reconnu coupable de violences et menaces. Il a été condamné à six mois de prison, dont trois mois ferme, et au paiement du franc symbolique à sa tante.

Lundi 26 Janvier 2026
Dakaractu