Kédougou/ Prostitution et recettes confisquées : une filière présumée de traite de femmes démantelée, un policier nigérian cité

Jennifer Moses, alias Lizzy, a été déférée au parquet de Kédougou pour association de malfaiteurs, proxénétisme et traite de personnes. Selon Libération, quatre Nigérianes ont été découvertes à son domicile de Banikoto. Les investigations font apparaître un parcours transfrontalier et l’implication présumée de complices au Nigeria.


L’antenne de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées de Kédougou a mis au jour une affaire présumée de traite de personnes à Banikoto, dans le département de Saraya.
 
D’après Libération, les enquêteurs ont été informés, le 9 septembre, de la présence de quatre jeunes femmes nigérianes dans une habitation. Elles auraient été convoyées depuis leur pays par Jennifer Moses, connue sous le nom de Lizzy, pour être livrées à la prostitution.
 
Une intervention a permis d’interpeller la suspecte et de retrouver les quatre femmes, âgées de 20 à 30 ans. Jennifer Moses a ensuite été déférée au parquet de Kédougou le 11 septembre.
 
Selon les déclarations rapportées par le quotidien, la mise en cause aurait elle-même accompagné deux des femmes à l’occasion d’un retour de visite familiale au Nigeria. Pour les deux autres, elle aurait bénéficié de l’aide de complices établis dans ce pays.
 
Parmi les personnes citées figure un agent de la police aux frontières nigériane, qui aurait facilité leur passage entre le Nigeria et le Bénin. Cette implication est rapportée dans le cadre des investigations et demeure présumée.
 
Libération décrit ensuite un trajet passant par Cotonou, puis par le village malien de Djidian, à proximité de la frontière sénégalaise. Les femmes auraient enfin été conduites à Banikoto à bord d’une moto-taxi affrétée par Jennifer Moses. Le journal fait également état de faux documents d’identité qui auraient été confectionnés pour certaines d’entre elles.
 
Entendues par les enquêteurs, les quatre femmes auraient déclaré avoir remis à la suspecte les recettes de leur prostitution. Les montants rapportés s’élèvent respectivement à 304 000, 600 000, un million et 1,5 million de FCFA.
 
Jennifer Moses aurait indiqué avoir utilisé une partie des fonds pour des constructions, notamment deux restaurants à Banikoto et au Mali. Une autre partie aurait été engagée dans deux tontines au Nigeria.
 
À l’issue de l’enquête, les quatre victimes présumées ont été confiées au centre d’accueil de l’ONG La Lumière, à Kédougou. Jennifer Moses doit, pour sa part, répondre devant la justice des faits qui lui sont reprochés.
Mardi 15 Septembre 2026
Dakaractu