Kaolack / Approvisionnement en engrais dans le monde rural : La spéculation indispose les paysans du bassin arachidier.


Kaolack / Approvisionnement en engrais dans le monde rural : La spéculation indispose les paysans du bassin arachidier.
Au moment où ces lignes sont écrites, la spéculation liée à la vente de l'engrais fait rage dans le bassin arachidier.

De Nganda en passant par Nioro du Rip, Dinguiraye, Ndiébel jusqu'à Ndour Ndour (département de Guinguinéo), l'engrais se fait de plus en plus rare au moment où les cultivateurs en ont le plus besoin.

Trouvés en plein marchandage sur la route de Dya ( département de Kaolack), Pape Mbodj et Birame Sène peinent à s'accorder sur un prix. En effet, le dernier nommé (vendeur de son état) ne veut rien lâcher. "Monsieur, vous ne savez pas comment j'ai fait pour avoir cet engrais. Moi, je vends le sac à 13.500 fcfa pas plus ni moins. C'est à prendre ou à laisser". Son interlocuteur qui a parcouru des kilomètres pour acheter une dizaine de sacs d'engrais n'en revient pas. "Monsieur ce que vous faites là, c'est anormal. Le sac qui doit coûter entre 7.000 et 9.000 Fcfa, vous le vendez à ce prix. C'est du vol. Je peux acheter jusqu'à 10.000 Fcfa le sac, mais je ne peux pas dépasser ce prix..."

À Porokhane et environ, le constat est identique. Ici, les agriculteurs déplorent l'insuffisance relative à la mise en place des engrais. Nous sommes dans un véhicule de transport en commun avec d'autres passagers dont des agriculteurs et l'un d'eux qui voit devant nous une charrette transportant quelques sacs d'engrais, décide d'interpeller le propriétaire.

" Salamalekoum Serigne bi, dites comment avez-vous fait pour avoir cet engrais parce que chez nous à Nioro, on n'en trouve presque pas. Le monsieur de répondre. "Oui, c'est vrai, c'est un peu difficile d'en trouver de nos jours à cause de la spéculation sur le marché. L'engrais vient de Koumbal et de Keur Baka (département de Kaolack), là bas au moins le prix est stable". Dans le véhicule, les commentaires sont allés bon train. Si certains ont décidé de pointer du doigt les revendeurs qui profitent actuellement de la loi du marché, d'autres par contre ont tout simplement demandé à l'État de réguler la vente.

"La situation est alarmante. Les gens font ce que bon leur semble sans se soucier du quotidien du paysan qui peine à joindre les deux bouts, et aussi vendre le sac d'engrais à un prix exorbitant, c'est vraiment faire du tort à l'État qui a dégagé beaucoup d'argent pour subventionner ce produit. Mais l'État aussi, à travers ses démembrements dont l'administration territoriale, notamment la direction régionale de développement rural (DRDR) doit pouvoir surveiller ce qui passe dans le monde rural", a lancé un passager d'un âge assez avancé.

Sur le chemin du retour, les champs  d'arachide, de mil etc..., défilent à perte de vue. Grâce aux dernières pluies, ils sont très bien arrosés et les cultures se développent de jour en jour...
Mardi 10 Août 2021
Dakaractu



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