KÉDOUGOU / EMPLOI DES JEUNES : Le Gouverneur Saer Ndao a présidé le CRD spécial.


Le gouverneur de la région de Kédougou, M. Saër Ndao a présidé le Comité régional du développement (CRD) consacré à l’employabilité des jeunes de la région en présence des entreprises minières. Suite au message à la nation tenu par le président Macky Sall, après les violentes manifestations dans le pays, les instructions du chef de l’État commencent à se traduire en actes dans toutes les régions.

À Kédougou, le crd organisé par le gouverneur a mis à nu les véritables contraintes sur l’emploi des jeunes et dégage des pistes de solution pour répondre aux attentes. Le président du Conseil départemental de Kédougou, Mady Dangnokho, a tiré à boulets rouges sur les compagnies minières et affirme que « la situation de Kédougou est alarmante, les jeunes souffrent car les conditions de l’employabilité ne sont pas créées. Une dizaine d’entreprises minières qui constituent des contraintes pour la population et non des opportunités comme le pensent certaines personnes. Les 100 millions destinés au marché pouvaient être injectés dans la région pour mieux créer les conditions de l’emploi. Les chiffres avancés par l’inspecteur de travail sont erronés, je me pose la question d’où viennent ces chiffres. »

Le président des jeunes a dénoncé avec la dernière énergie la politique de recrutement des entreprises minières et le mauvais traitement du peu de jeunes qui travaillent dans ces entreprises, il affirme que « ces derniers souffrent et ne bénéficient d’aucun respect des droits des travailleurs. »

Il a par ailleurs invité le gouverneur à faire une tournée auprès des sociétés minières pour mieux comprendre ce qui se passe. Le président des jeunes n’a pas mâché ses mots pour dénoncer également la mauvaise démarche du domaine agricole communautaire PRODAC qu’il estime avoir faussé la route depuis le départ, rappelant les propos de l’ancien Premier ministre Boun Abdallah Dionne qui disait que ce DAC allait nourrir la sous région et créer énormément d’emplois pour les jeunes, malheureusement « c’est un projet qui a été voué à l’échec »,  a-t-il dit. 

Selon Kaciré Traoré, responsable des ressources humaines de Petewal mining company (PMC), « notre entreprise recrute à travers un groupe technique de l’emploi (GTE) que nous avons mis en place dans la commune de Tomboronkoto, et tous les profils que nous recherchons sont recrutés dans ce cadre. En ce moment, nous avons un effectif de 1.197 travailleurs à Mako, environ 685 de cet effectif, soit 57% viennent de la région de Kédougou, nous faisons tout pour relever le défi en terme d’emploi et de formation. Il précise aussi que les sociétés minières ne peuvent pas absorber le chômage, mais elles peuvent contribuer à atténuer le taux élevé du chômage. Nous avons mis en place une politique de formation avec trois composantes, à savoir la formation sur le temps et qui concerne ceux qui sont déjà recrutés chez nous avec un faible niveau. L’autre composante c’est le stage, nous avons mis en place un système de stage de trois mois pour les étudiants afin de leur permettre d’approfondir leurs connaissances en pratique, nous leurs faisons des allocations de stage régulièrement. Nous avons aussi le projet école-entreprise qui concerne les enfants de la région de Kédougou, en ce moment nous avons 14 jeunes qui sont pris en compte par ce programme, ils font une semaine à l’école et trois semaines à la mine. La dernière composante consiste à octroyer des bourses d’études aux jeunes de la commune qui vient d’être lancée. Pour rappel, la première fille bachelière de la commune, plus précisément du village de Linguekhoto vient de bénéficier avec ce programme d'une bourse de 6 millions de francs. »

Quant au chef de l’exécutif régional Saër Ndao, il avance : « je mettrai en place un cadre d'échanges et de concertations qui sera composé par les entreprises minières, les jeunes et toutes les parties prenantes afin de mettre l’accent sur la communication, car je constate un véritable déficit de communication de la part de ces entreprises. Nous avons fait un diagnostic des difficultés liées à l’emploi des jeunes. J'insiste sur le renforcement du système de communication et d’information dans le bon sens pour éviter les confusions d’idées. Je demande également à toutes les parties prenantes d’élargir leurs interventions jusqu’à Salémata qui est aussi impacté indirectement par les activités socioprofessionnelles et souvent laissé en rade. J’invite surtout les populations à davantage coopérer avec les autorités pour réorganiser l’orpaillage traditionnel dans la région, afin de retourner vers l’agriculture ».

Le gouverneur a exprimé toute sa gratitude à l’égard du chef de l'État pour cet important programme de politique de l’employabilité des jeunes. Le Crd a duré environ 6 tours d’horloge et les pistes de solution sont en train d’être identifiées pour pallier cette problématique...
Samedi 27 Mars 2021
Dakaractu



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