Cheikh Mouhamadou Fadel Mbacké, plus connu sous le nom de Serigne Fallou Mbacké, deuxième khalife de la confrérie mouride (qu’Allah l’agrée), compte parmi les grandes figures de l’histoire religieuse du Sénégal et parmi les personnalités exceptionnelles ayant su allier pureté spirituelle, sagesse de commandement et action concrète sur le terrain. Fidèle à la mission de Cheikh Ahmadou Bamba (qu’Allah l’agrée), il en fut l’incarnation vivante, tant par la parole que par l’action, au point que ses réalisations constituent aujourd’hui des témoignages éclatants d’une étape décisive dans l’histoire de Touba en particulier, et du Sénégal en général.
Serigne Fallou Mbacké se distingua par une vision globale de l’islam, considérant l’adoration et le travail comme les deux faces d’une même vérité. Son parcours fut ainsi marqué par des contributions majeures dans les domaines des infrastructures, de l’organisation religieuse, du développement social et de l’orientation politique éclairée.
Dans le domaine de l’urbanisme et des infrastructures, il procéda à l’extension de la voie ferrée reliant la grande gare à la petite gare, soit de deux kilomètres à six cents mètres, facilitant ainsi la circulation des personnes et le transport des matériaux utilisés pour la construction de la Grande Mosquée de Touba. Il supervisa également le prolongement de la route nationale n°1 reliant la ville de Thiénaba à Touba, ainsi que l’ouverture et l’aménagement d’autres axes routiers, notamment entre Touba et Dara Djolof, Touba et Kébémer, et Touba et Kaffrine, contribuant ainsi à désenclaver la ville et à renforcer son rayonnement religieux et économique.
Sur le plan sanitaire, conscient que le développement de l’homme est aussi essentiel que celui des lieux, Serigne Fallou Mbacké fit construire un centre de santé à Touba 28, constituant une infrastructure fondamentale au service des populations locales et des visiteurs, à une époque où les services de santé étaient rares et insuffisants.
En matière de développement rural et agricole, il accorda une importance particulière au travail productif. Il fit creuser des dizaines de puits artésiens afin d’assurer l’accès à l’eau, source de toute vie, conformément à la parole divine :
« Et Nous avons fait de l’eau toute chose vivante » (Coran).
Il fonda également des dizaines de villages agricoles, encourageant l’agriculture, l’autosuffisance et la valorisation de l’effort, valeurs fondamentales de la confrérie mouride.
Sur le plan religieux et organisationnel, l’un de ses plus grands accomplissements fut l’institution du rassemblement annuel de tous les mourides à Touba, le 18 du mois de Safar, en commémoration de l’exil de Cheikh Ahmadou Bamba au Gabon, comme acte de reconnaissance et de gratitude envers Allah. Cette date devint un moment majeur de mémoire collective, de renforcement spirituel et de renouvellement des engagements.
Serigne Fallou Mbacké ne resta pas à l’écart des grandes questions de son époque. Il intervint avec discernement et intelligence dans les enjeux politiques majeurs, veillant à préserver l’équilibre entre les principes religieux et les exigences du contexte, et prodiguant des conseils avisés en faveur de la paix, de la stabilité et de l’unité nationale.
Son attachement aux piliers de l’islam se manifesta également par l’organisation de convois permettant à près de huit cents (800) personnes d’accomplir le pèlerinage aux Lieux saints de l’islam, facilitant ainsi l’accès à ce devoir religieux et rappelant que le service de la religion va de pair avec le service des croyants.
L’œuvre la plus emblématique et la plus durable de son action demeure l’achèvement de la plus grande aspiration de Cheikh Ahmadou Bamba : la Grande Mosquée de Touba, inaugurée le 7 juin 1963. Ce projet colossal, pour lequel furent réunis — dans des circonstances difficiles — plus de 677 millions de francs, fut mené à terme sous sa direction. Serigne Fallou Mbacké en assura ensuite l’imamat jusqu’à son décès en 1968, alliant ainsi l’honneur de la construction matérielle à celui de la guidance spirituelle, bâtissant à la fois des pierres et des âmes.
Au-delà de ces réalisations matérielles et institutionnelles, Serigne Fallou Mbacké se distingua par de hautes qualités humaines et morales. Il était connu pour son ouverture à toutes les composantes de la société, sans aucune distinction. Sa bienveillance s’étendait aussi bien aux musulmans qu’aux non-musulmans, illustrant les valeurs islamiques de coexistence, de miséricorde et de fraternité humaine.
Sa générosité était légendaire : il donnait sans compter, à ceux qu’il connaissait comme à ceux qu’il ne connaissait pas, sans s’interroger sur leur origine ou leur appartenance, considérant l’aumône comme un acte d’adoration et un moyen de se rapprocher d’Allah, Créateur et Dignificateur de l’homme. Il se distingua également par une patience inébranlable face aux épreuves de la vie, avançant avec constance, satisfaction et abandon confiant à la volonté divine, à l’image de Cheikh Ahmadou Bamba qui disait :
« Ô Seigneur, si Tu me donnes, je Te rends grâce ;
et si Tu me prives, j’accepte avec satisfaction et patience. »
Son amour profond pour Cheikh Ahmadou Bamba était sincère et enraciné au plus profond de son être. Il l’exprima même en poésie, disant :
« Verser des larmes par amour
pour le Khadim (Cheikh Ahmadou Bamba), je le considère comme une obligation. »
Toutes ces qualités furent couronnées par sa vaste miséricorde envers les créatures d’Allah : il était doux, proche des gens, attentif à soulager les cœurs, considérant le service des hommes comme un chemin authentique vers l’agrément du Créateur, exalté soit-Il.
En conclusion, Serigne Fallou Mbacké (qu’Allah l’agrée) incarne un modèle accompli de leadership spirituel, alliant foi profonde, action bénéfique, sagesse dans les décisions et compassion dans les relations humaines. Il a laissé une empreinte durable dans le développement matériel et la formation de l’homme, méritant ainsi une place éminente dans la mémoire du mouridisme et du Sénégal, témoignage vivant que la voie de Cheikh Ahmadou Bamba est une voie de construction globale, unissant religion et vie, esprit et matière.
Qu’Allah le récompense abondamment pour ses services rendus à l’islam, aux musulmans et à l’humanité tout entière.
Par Imam Serigne Chouhaïbou Mbacké Rue10
Touba, le 16 janvier 2026
Serigne Fallou Mbacké se distingua par une vision globale de l’islam, considérant l’adoration et le travail comme les deux faces d’une même vérité. Son parcours fut ainsi marqué par des contributions majeures dans les domaines des infrastructures, de l’organisation religieuse, du développement social et de l’orientation politique éclairée.
Dans le domaine de l’urbanisme et des infrastructures, il procéda à l’extension de la voie ferrée reliant la grande gare à la petite gare, soit de deux kilomètres à six cents mètres, facilitant ainsi la circulation des personnes et le transport des matériaux utilisés pour la construction de la Grande Mosquée de Touba. Il supervisa également le prolongement de la route nationale n°1 reliant la ville de Thiénaba à Touba, ainsi que l’ouverture et l’aménagement d’autres axes routiers, notamment entre Touba et Dara Djolof, Touba et Kébémer, et Touba et Kaffrine, contribuant ainsi à désenclaver la ville et à renforcer son rayonnement religieux et économique.
Sur le plan sanitaire, conscient que le développement de l’homme est aussi essentiel que celui des lieux, Serigne Fallou Mbacké fit construire un centre de santé à Touba 28, constituant une infrastructure fondamentale au service des populations locales et des visiteurs, à une époque où les services de santé étaient rares et insuffisants.
En matière de développement rural et agricole, il accorda une importance particulière au travail productif. Il fit creuser des dizaines de puits artésiens afin d’assurer l’accès à l’eau, source de toute vie, conformément à la parole divine :
« Et Nous avons fait de l’eau toute chose vivante » (Coran).
Il fonda également des dizaines de villages agricoles, encourageant l’agriculture, l’autosuffisance et la valorisation de l’effort, valeurs fondamentales de la confrérie mouride.
Sur le plan religieux et organisationnel, l’un de ses plus grands accomplissements fut l’institution du rassemblement annuel de tous les mourides à Touba, le 18 du mois de Safar, en commémoration de l’exil de Cheikh Ahmadou Bamba au Gabon, comme acte de reconnaissance et de gratitude envers Allah. Cette date devint un moment majeur de mémoire collective, de renforcement spirituel et de renouvellement des engagements.
Serigne Fallou Mbacké ne resta pas à l’écart des grandes questions de son époque. Il intervint avec discernement et intelligence dans les enjeux politiques majeurs, veillant à préserver l’équilibre entre les principes religieux et les exigences du contexte, et prodiguant des conseils avisés en faveur de la paix, de la stabilité et de l’unité nationale.
Son attachement aux piliers de l’islam se manifesta également par l’organisation de convois permettant à près de huit cents (800) personnes d’accomplir le pèlerinage aux Lieux saints de l’islam, facilitant ainsi l’accès à ce devoir religieux et rappelant que le service de la religion va de pair avec le service des croyants.
L’œuvre la plus emblématique et la plus durable de son action demeure l’achèvement de la plus grande aspiration de Cheikh Ahmadou Bamba : la Grande Mosquée de Touba, inaugurée le 7 juin 1963. Ce projet colossal, pour lequel furent réunis — dans des circonstances difficiles — plus de 677 millions de francs, fut mené à terme sous sa direction. Serigne Fallou Mbacké en assura ensuite l’imamat jusqu’à son décès en 1968, alliant ainsi l’honneur de la construction matérielle à celui de la guidance spirituelle, bâtissant à la fois des pierres et des âmes.
Au-delà de ces réalisations matérielles et institutionnelles, Serigne Fallou Mbacké se distingua par de hautes qualités humaines et morales. Il était connu pour son ouverture à toutes les composantes de la société, sans aucune distinction. Sa bienveillance s’étendait aussi bien aux musulmans qu’aux non-musulmans, illustrant les valeurs islamiques de coexistence, de miséricorde et de fraternité humaine.
Sa générosité était légendaire : il donnait sans compter, à ceux qu’il connaissait comme à ceux qu’il ne connaissait pas, sans s’interroger sur leur origine ou leur appartenance, considérant l’aumône comme un acte d’adoration et un moyen de se rapprocher d’Allah, Créateur et Dignificateur de l’homme. Il se distingua également par une patience inébranlable face aux épreuves de la vie, avançant avec constance, satisfaction et abandon confiant à la volonté divine, à l’image de Cheikh Ahmadou Bamba qui disait :
« Ô Seigneur, si Tu me donnes, je Te rends grâce ;
et si Tu me prives, j’accepte avec satisfaction et patience. »
Son amour profond pour Cheikh Ahmadou Bamba était sincère et enraciné au plus profond de son être. Il l’exprima même en poésie, disant :
« Verser des larmes par amour
pour le Khadim (Cheikh Ahmadou Bamba), je le considère comme une obligation. »
Toutes ces qualités furent couronnées par sa vaste miséricorde envers les créatures d’Allah : il était doux, proche des gens, attentif à soulager les cœurs, considérant le service des hommes comme un chemin authentique vers l’agrément du Créateur, exalté soit-Il.
En conclusion, Serigne Fallou Mbacké (qu’Allah l’agrée) incarne un modèle accompli de leadership spirituel, alliant foi profonde, action bénéfique, sagesse dans les décisions et compassion dans les relations humaines. Il a laissé une empreinte durable dans le développement matériel et la formation de l’homme, méritant ainsi une place éminente dans la mémoire du mouridisme et du Sénégal, témoignage vivant que la voie de Cheikh Ahmadou Bamba est une voie de construction globale, unissant religion et vie, esprit et matière.
Qu’Allah le récompense abondamment pour ses services rendus à l’islam, aux musulmans et à l’humanité tout entière.
Par Imam Serigne Chouhaïbou Mbacké Rue10
Touba, le 16 janvier 2026