Julien Potron relaxé dans son contentieux avec Eramet GCO : la justice sénégalaise tranche


Le tribunal de Mbour a rendu son verdict, Julien Potron, citoyen engagé poursuivi pour diffamation par l’entreprise minière Eramet GCO, a été totalement relaxé. Une décision qui met un terme judiciaire à une procédure très médiatisée, au cours de laquelle la multinationale réclamait jusqu’à 500 millions de francs CFA de dommages et intérêts. Le prévenu s’est félicité de cette issue, saluant l’indépendance de la justice sénégalaise et rappelant qu’il s’est toujours exprimé, selon lui, dans le cadre du droit d’alerte citoyen.

 

Au cœur de l’affaire, des interrogations persistantes sur les impacts environnementaux et sociaux de l’exploitation minière dans la zone des Niayes. Julien Potron affirme n’avoir jamais appelé à l’arrêt définitif de la mine, mais à un moratoire temporaire permettant la réalisation d’audits indépendants et objectifs. Il soutient que les populations locales demandent avant tout le respect de leurs droits, l’accès à l’eau potable, la protection des écosystèmes et la prise en compte de leur dignité, dans un mouvement présenté comme pacifique et légal.

 

Le procès, qualifié par le relaxé de “procès bâillon”, relance le débat sur la place des lanceurs d’alerte et des citoyens engagés face à de puissants acteurs économiques. Selon lui, la judiciarisation du conflit aurait remplacé le dialogue, alors même que plusieurs médias nationaux et internationaux, ainsi que des parlementaires sénégalais et français, se sont déjà saisis du dossier par des enquêtes et des questions écrites. L’ONG Natural Justice, qui a assuré sa défense, a été publiquement remerciée pour son soutien aux défenseurs de l’environnement.

 

Si la justice a tranché sur le plan pénal, les questions de fond restent ouvertes. Des populations locales continuent de réclamer des éclaircissements sur des allégations de déplacements, de dégradations environnementales et d’atteintes au tissu social. Julien Potron appelle désormais à des enquêtes scientifiques et institutionnelles, estimant que seule la vérité établie par des procédures transparentes pourra apaiser les tensions.

Mercredi 4 Février 2026
Karim Ndiaye