Jugé pour association de malfaiteurs terroristes devant la Cour d'assises de Paris : que sait-on du passage de Hicham El Hanafi au Sénégal ?


Avec deux strasbourgeois, le marocain Hicham El Hanafi comparaît devant la Cour d'assises spéciales de Paris pour association de malfaiteurs terroristes. Le groupe planifiait une action grandeur nature en décembre 2016 en France, après les attentats qui ont ensanglanté la capitale française en novembre 2015.

À travers l'opération « Ulysse », la Direction générale de la sécurité intérieure a déjoué le plan chapeauté par des cadres français de l'État islamique depuis Raqqa, alors capitale de l'État islamique en Syrie. Selon un article du Monde lu à Dakaractu, Hicham El Hanafi « est un spécimen unique dans la galaxie jihadiste. » « Jamais le parquet antiterroriste ni les enquêteurs n’avaient vu passer un tel profil », a ajouté le média français.

À 30 ans, il a presque fait le tour du monde, avec un passage dans cinq pays d'Afrique dont... le Sénégal. En 2013, Hicham El Hanafi a rencontré un certain Abdeslam Tazi au contact duquel il se serait radicalisé. En tout cas ce dernier, de 36 ans son aîné, le prendra sous son aile et les deux prendront le bus le 8 septembre pour Agadir, révèle un article de Combating Terrorism Center lu à Dakaractu.

D'Agadir, ils se rendent ensuite en Mauritanie, au Sénégal et en Guinée Bissau en passant par la Gambie. S'il est pour l'heure prématuré de déterminer les activités du duo dans ces différents pays d'Afrique, tout semblerait à faire croire qu'ils cherchaient juste à quitter le Maroc sans se faire repérer car ils ont embarqué à bord d'un vol TAP à Bissau le 23 septembre de la même année pour le Portugal.

Un pays où les deux islamistes radicaux ont demandé l'asile politique sous prétexte qu'ils étaient persécutés pour leur participation au printemps arabe au Maroc.
Au Portugal, Hicham et son acolyte parviennent à radicaliser des jeunes dont deux partiront en Syrie. Paré de son statut de réfugié politique, il traverse l'Espagne, l'Allemagne, la Belgique, l'Italie, la Slovénie, la Croatie, la Bosnie, l'Albanie, la Grèce, les Pays Bas, la République Tchèque, la Suède, la Turquie et même le Brésil, rapporte leMonde.fr.

Trempé dans des activités délictuelles, il aurait eu dans sa vie 14 fausses identités. Entre février et mars 2015, il est repéré en Turquie d'où il aurait fait un aller-retour en Syrie pour « suivre un entraînement accéléré auprès de l'État islamique. »

C'est en décembre 2016 que le jihadiste aguerri devait passer à l'acte à Paris, mais lorsqu'il est parti à Marseille pour acheter des armes, il ne savait pas que le facilitateur était un agent de la DGSI.

Hicham El Hanafi tombe et risque au terme de son procès ouvert depuis le 1er février de prendre 30 ans de réclusion assortis d'une période de sûreté des deux tiers pour association de malfaiteurs terroristes. En outre, il encourt une expulsion du territoire français à la fin de sa peine. Pour aller où après ? Le verdict sera prononcé mercredi 17 février. 
Mardi 16 Février 2021
Dakaractu




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