Le collectif des clubs majoritaires de la Fédération sénégalaise de judo a tenu, ce mercredi matin, une conférence de presse pour tirer la sonnette d’alarme sur la situation interne de la discipline. Ses membres pointent une crise profonde qu’ils imputent à une gestion défaillante de l’équipe dirigeante.
Portant la parole du groupe, Cheikh Sadibou Ndiaye et Me Abdou Karim Seck ont brossé un tableau alarmant de la gouvernance fédérale, dénonçant un déficit chronique de dialogue et de concertation. Me Seck a mis en cause le silence prolongé du président de l’instance, qu’il juge contraire aux statuts. « Nos textes prévoient la tenue d’un comité directeur tous les trois mois. Pourtant, cela fait deux ans que nous ne nous sommes pas réunis », a-t-il déclaré, indiquant avoir adressé plusieurs correspondances demeurées sans réponse.
Le collectif s’en prend également à certaines décisions prises sur la scène continentale, qu’il qualifie d’unilatérales. Il conteste notamment la position adoptée lors du renouvellement des instances de l’Union africaine de judo : alors que ses membres attendaient un soutien à l’ancien président Ababacar Wade, le président fédéral Ababacar Ngom aurait appuyé le candidat malgache, finalement reconduit en janvier 2025. Une orientation qu’ils estiment avoir été imposée en dépit d’un vote interne serré, deux voix contre trois au sein du bureau.
Sur le plan national, le collectif dénonce un blocage institutionnel persistant. Lors de l’assemblée générale ordinaire du 31 janvier dernier, 34 clubs contre 14 avaient voté en faveur de la tenue d’une assemblée générale élective. Depuis, aucune date n’aurait été arrêtée pour organiser ce scrutin.
Les contestataires s’insurgent enfin contre les mesures prises dans la foulée de ce vote : la révocation de plusieurs membres du comité directeur ayant soutenu la motion, et la nomination d’un vice-président qu’ils estiment irrégulière au regard des statuts, dans l’attente d’une nouvelle assemblée générale.