Journées d’Intégration à l’ENSA /  Le Dr Macoumba Diouf promeut un changement de paradigme : « Si vous travaillez bien à l’école, vous pourrez bien travailler la terre »


Face aux nombreux défis auxquels le secteur agricole sénégalais est confronté, et accentués récemment par la crise sanitaire liée à la pandémie à Covid-19 avec ses conséquences négatives sur la sécurité alimentaire, un besoin sans cesse croissant en ressources humaines de qualité est noté. C’est dans ce cadre que l’Ecole nationale supérieure d'agriculture (Ensa), est entrée dans une phase de montée en puissance pour apporter sa pierre à l’édifice d’un Sénégal Emergent à l’horizon 2035. En effet, depuis 37 ans, l’Ensa est la seule école au Sénégal qui forme des ingénieurs agronomes de conception dans différentes spécialisations que sont : " Économie et Sociologie Rurales", "Productions Animales", "Génie rural", "Productions Végétales", "Foresterie et Sciences du Sol". 

Son statut de leader, elle le doit à l’engagement de ses autorités à perpétuer une tradition d’excellence soutenue par des formateurs compétents et des élève-ingénieurs conscients des enjeux du secteur agricole et de leur responsabilité dans la prise en charge des enjeux du moment.  C’est dans cette optique qu’il est de coutume à l’Ensa, d’organiser, pour chaque nouvelle promotion, des Journées d’Intégration. 

Il s’agit de moments solennels et didactiques durant lesquels l’école offre un cadre d’échanges entre les structures de recherche et de développement, les universitaires, les producteurs, le secteur privé national et international, les élèves et étudiants. Ces journées ont pour objectifs, entre autres, de permettre le renforcement de la cohésion entre les étudiants, et de tisser les liens de fraternité et favoriser la solidarité entre eux. 

Pour l’édition 2020, ces journées d’intégration de la 39 ème promotion qui ont été organisées du 27 au 29 novembre 2020 ont été parrainées par le Dr Macoumba Diouf, directeur de l’horticulture, ancien directeur Général de l’Isra, et ancien enseignant vacataire à l’Ensa, par ailleurs maire de la commune de Latmingué. Dior Diallo Diarra, formatrice permanente dans ladite école a été également choisie comme marraine. 

À travers ce parrainage, dira le professeur Ibrahima Diédhiou, directeur de l’Ensa, "les autorités de l’ENSA ont voulu présenter aux entrants un modèle, une source d’inspiration et de motivation, dans le secteur agricole sénégalais à travers la personne du Dr Macoumba Diouf dont le parcours dans ce domaine force le respect". Une façon, selon lui, de sensibiliser les élèves-ingénieurs sur le caractère difficile mais pas impossible du parcours qui les attend. Ce, estime-t-il, surtout s’ils s’arment des valeurs cardinales que cultive cette école que sont : l’humilité, l’excellence, la cohésion et la solidarité, la probité.

Après avoir rappelé les principaux axes de la politique de développement économique et social du Sénégal déclinés dans le PSE, il a mis l’accent sur la place du capital humain dans la réalisation des objectifs de sécurité alimentaire et nutritionnelle, d’augmentation des revenus par la création massive d’emplois décents et durables.

Selon le conférencier, ceci est d’autant plus exact que le savoir et le savoir-faire doivent constituer le soubassement du changement de paradigme qui s’impose de nos jours dans le domaine de l’agriculture. 

En somme, les capacités techniques acquises par la théorie suivie par une pratique, ou par la pratique seule, garantissent une adoption et une appropriation des innovations technologiques sources de progrès. Ainsi, dira Mr Macoumba Diouf, on devrait désormais dire aux plus jeunes / petits "si vous travaillez bien à l’école, vous pourrez bien travailler la terre"

Cela signifie que l’agriculture doit être d’abord l’affaire des sachants, en lieu et place de "si vous ne travaillez pas bien à l’école, vous allez cultiver la terre" qui faisait de l’agriculture une activité dégradante. 

Par ailleurs, il a tenu à faire une communication sur la solution que l’entrepreneuriat agricole constitue en réponse à l’émigration irrégulière des jeunes. Toutefois, il s’agira d’une agriculture moderne, plus productive, plus compétitive, plus diversifiée et durable donc capable de contribuer à relever le défi de la souveraineté alimentaire et de la croissance économique dans notre pays au moment où, nombre de pays du monde entrent en récession. Il a enfin interpellé les acteurs de l’Ensa sur leur rôle et place dans la mise en œuvre du volet agricole du PAP2 A 2021 / 2023. Enfin, il a souhaité une bonne réussite à cette 39 ème cohorte avant de réaffirmer sa disponibilité à l’accompagner par les conseils et toutes autres formes de soutien. 




Lundi 30 Novembre 2020
Dakaractu




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