Journée mondiale des violences basées sur le genre à Kolda « Mon combat a toujours été pour l’éradication des violences basées sur le genre… Nous ne devons pas traiter la femme comme une esclave… » (Mariama Gnamadio, activiste)


En cette journée mondiale de lutte contre les violences basées sur le genre, ce 25 novembre 2020, Dakaractu/Kolda a donné la parole à madame Basse née Mariama Gnamadio, activiste contre ces mauvaises pratiques sur les femmes. Mme Basse a une longue expérience dans le domaine des violences basées sur le genre, particulièrement sur l’excision dans la région de Kolda. Et ce combat lui a valu beaucoup de récompenses et aujourd’hui on ne peut pas parler de ce phénomène au Fouladou sans l’interpeller. D’ailleurs, elle-même est victime de l’excision.  

« Mon combat a toujours été pour l’éradication des violences basées sur le genre physique, moral ou décisionnel. Il y’a des avancées dans la lutte certes, mais il reste beaucoup à faire. Et surtout dans notre région, la lutte doit être menée au quotidien pour changer les mentalités afin d’éradiquer ce phénomène. La maltraitance des femmes qu'elle soit verbale, physique et morale doit cesser définitivement, mais aussi dans les instances de décision. Nous ne devons plus traiter la femme comme une esclave. C’est pourquoi, il faut sanctionner les auteurs de ces violences pour rendre aux femmes leur dignité. Partout dans le monde on voit que les femmes subissent les durs travaux ménagers, les viols entre autres impunément.» 

Selon elle, la forme la plus violente demeure « l’excision ». Elle précise à ce titre que « l’excision est l’une des formes les plus dangereuses chez la femme. Quand elle est excisée on réduit son humanité. Je considère l’excision comme un handicap chez elle. Et l’excision a des conséquences à court et long terme avec des complications à l’accouchement. » 

C’est pourquoi, elle préconise :  « nous devons continuer la sensibilisation sur le côté sanitaire de l’excision pour montrer à l’opinion que nous ne sommes pas contre la tradition. Je pense que la loi sur l’excision devrait être votée avec le consentement des gardiens de la tradition. La non dénonciation de proches qui continuent d’exercer cette pratique fait que la lutte est difficile. Mais, les populations commencent à comprendre que cette pratique doit être abandonnée. Aujourd’hui, beaucoup d’exciseuses ont échangé leurs lames contre la sensibilisation sur les méfaits de cette pratique... » 
Jeudi 26 Novembre 2020
Dakaractu



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