Journal de Campagne : Stop aux violences contre l’enfance !


Journal de Campagne : Stop aux violences contre l’enfance !
Décidément, rien ne peut mettre un terme à la bataille politique qui brise l’union nationale de notre pays. Pas même la violence inacceptable envers les enfants dont les disparitions ou les meurtres non élucidés de plusieurs d’entre eux alimentent les rumeurs depuis le début de cette année.
Ces enfants devraient être en vie aujourd’hui et l’état d’esprit général de méfiance qui plane dans tous les ménages, pour ne pas dire la colère qui gronde dans tout le pays est plus que légitime.
Si je choisis d’explorer cette semaine la place de l’enfant dans la campagne politique qui se profile, c’est que le rôle qu’il occupe dans la famille sénégalaise, porteur de tant d’espoirs et tant d’inquiétudes, en même temps que la place des enfants dans notre société, est un miroir, une vitrine, un signe du temps en marche.
Au sujet de ces rapts d'enfants, j’attends bien sûr des enquêtes et des investigations policières qu’elles fassent toute la lumière sur ces crimes odieux, mais je ne veux pas croire, je me refuse à croire qu’il puisse s’agir de rites animistes morbides ou de pratiques odieuses liées à l’obscurantisme encore répandu dans nos sociétés.
C’est pourquoi, je tire la sonnette d’alarme quand Monsieur Cheikhna Keïta, président du mouvement national des policiers du Sénégal à la retraite, accuse les politiques et affirme que ce sont eux qui "orchestrent" les enlèvements d'enfants suivis de meurtres, à l'approche de la présidentielle de 2019.
En effet, recourir au sacrifice humain en échange du pouvoir, de la richesse et de la puissance est juste impensable pour quiconque croit en Dieu et prêtons ce minimum de foi et de sens commun à nos élites.
Affirmer ceci est irresponsable, tout autant que de vouloir rétablir la peine de mort à chaque fois que la cruauté dépasse l’entendement. Commençons par renforcer les peines à l’encontre de ces criminels qui ne méritent aucune compassion. 
L’heure est grave et la vigilance est essentielle. Aujourd’hui, chaque parent vit une peur permanente. L’inquiétude et l’angoisse se lisent dans les regards. On n’est nulle part à l’abri !
La mission de nos dirigeants est d’endiguer la problématique des violences faites à l’enfance. A ce titre, tous les efforts doivent être déployés au profit de la prévention, la protection et l’éducation des enfants en leur donnant les moyens d’être acteurs de leur vie. 
« Dieu, qui connaît le mieux les capacités des hommes, cache ses mystères aux sages et aux prudents de ce monde, et les révèle aux petits enfants » a dit Newton. C’est pourquoi je prétends qu’il faut tout investir dans notre jeunesse, qui n’est rien de moins que notre avenir.
Macky Sall promet la «tolérance zéro» aux auteurs des rapts d’enfants. «Aucune tolérance ne sera accordée à ces malfaiteurs et le Sénégal se mobilisera plus que par le passé pour mettre un terme définitif à cette vague d’assassinats. C’est ignoble et inacceptable», déplore le chef de l’État. 
Revenant sur le silence insoutenable du ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’enfance, voici ce qu’elle finit par nous expliquer et je vous passe le pire : "Il ne me revenait pas de communiquer sur cette affaire. C'est une question de sécurité publique d'abord. Peut-être, j'aurais pu monter au créneau, parler aux familles, les rassurer, les réconforter. Je le concède. Mais je ne médiatise pas toutes mes actions", a-t-elle avancé. Peuchère Madame !   Alors sommes-nous-là dans une guerre de communication ou dans un combat contre les forces du mal ? Est-ce suffisant à ce stade de courir présenter ses condoléances aux familles des victimes ? Non !
Nous attendons du gouvernement et de l’opposition qu’ils prennent leurs responsabilités et toutes les mesures qui s’imposent pour que soit accordée à la sécurité de nos enfants une priorité absolue et nationale, pour que de nouvelles dispositions légales permettent l’investigation dès les premières minutes du signalement de l’enlèvement d’un enfant, pour que des brigades spéciales soient formées à la lutte contre cette criminalité, enfin pour que chacun d’entre nous sache se comporter face à une telle situation, afin que tous ensemble nous puissions lutter contre la violence faite aux enfants et les accompagner sur un chemin plus sûr et plus humain. Est-ce trop demander pour nos petits bouts de choux, chair de notre chair et de notre amour ?

Oumou Wane
Vendredi 30 Mars 2018
Dakaractu



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