Israël : quelques centaines de personnes réclament une coalition avec les partis arabes


Quelques centaines de personnes se sont rassemblées samedi soir à Tel-Aviv pour réclamer au camp de l'opposition, mené par le centriste Gadi Eisenkot, une alliance avec les partis arabes afin de faire tomber l'actuel Premier ministre israélien.

"Les Arabes et les Juifs ne gagneront qu'ensemble", "sauvons la démocratie israélienne", pouvait-on notamment lire sur les pancartes.

Le camp de Benjamin Netanyahu est arrivé en tête à l'issue du scrutin de mardi, avec 53 sièges au Parlement contre 48 pour le camp de l'opposition mené par l'ancien chef de l'armée et centriste Gadi Eisenkot - mais tous deux vont devoir élargir leur bloc s'ils veulent obtenir la majorité de 61 sièges nécessaires pour gouverner.

"C'est notre dernière chance pour un vrai changement", assure Ayelet Raz, psychologue de 60 ans, parmi la foule de 400 à 500 personnes rassemblées à Tel-Aviv.

Les Arabes israéliens représentent environ 20% de la population, et leurs listes ont obtenu 19 sièges aux élections, un score inédit qui les mettent en position de faiseuses de rois.

Mais dans un pays de plus en plus à droite, et encore plus depuis le traumatisme du 7-Octobre, l'idée d'une telle coalition est largement minoritaire. Pendant la campagne, Gadi Eisenkot avait rejeté toute coalition avec les partis arabes.

"On a une vraie opportunité d'avoir un gouvernement qui représente la population telle qu'elle est vraiment", avance Yoav, 20 ans, qui n'a pas souhaité donné son nom de famille.

Un peu plus de 200 personnes s'étaient aussi rassemblées à Jérusalem, levant des pancartes "Nous ne nous tairons pas" ou "Pourquoi pas ? (sauf si nous sommes racistes)".

Sharon Balaban, une artiste vidéaste de 55 ans qui a toujours voté à gauche, a cette fois choisi de voter Gadi Eisenkot, car il était le mieux placé pour battre Benjamin Netanyahu.

"J'espère qu'il n'aura pas peur, qu'il aura le courage d'essayer" de s'allier avec les partis arabes, espère-t-elle.

Passant devant la manifestation, quelques jeunes adolescents crient "Bibi" plusieurs fois - le surnom de Benjamin Netanyahu.

A Tel-Aviv, quelques 150 de ses partisans ont rejoint la manifestation en cours pour s'y opposer. "Les Arabes n'ont pas gagné, parce qu'ils ont volé l'élection", dit Nava Rehavia, reprenant les accusations de fraude portées par le camp du Premier ministre depuis le jour du scrutin - et qui n'ont pour l'heure pas été étayées, mais si les autorités ont annoncé enquêter.
Samedi 31 Octobre 2026
Dakaractu