Israël: Eisenkot, officiellement chargé de former le prochain gouvernement, tend la main à Netanyahu


Le président israélien, Isaac Herzog, a officiellement remis, dimanche 8 novembre 2026, à Gadi Eisenkot, chef du principal bloc d'opposition au Premier ministre sortant Benyamin Netanyahu, le mandat de former le prochain gouvernement. « Nous traversons l'une des périodes les plus critiques que la démocratie israélienne ait jamais connues », a déclaré le chef du parti Yashar.

Le choix avait été annoncé samedi, il est désormais officiel. Comme prévu, après les élections législatives sans vainqueur clair ni majorité, le président Herzog a confié à Gadi Eisenkot la charge de former le prochain gouvernement israélien. « L'État d'Israël a besoin d'un gouvernement stable (...) Eisenkot, j'attends de vous que vous mettiez tout en œuvre pour former un gouvernement qui servira aussi bien ceux qui ont voté pour vous que ceux qui ne l'ont pas fait », a déclaré Isaac Herzog ce 8 novembre.

« Nous devons faire avancer les processus diplomatiques dans la région après la guerre, mettre en œuvre le plan en 20 points du président Trump (pour la bande de Gaza, NDLR) » et « faire face à une nouvelle réalité politique » aux États-Unis, a-t-il ajouté, faisant référence à la victoire claire des démocrates aux midterms états-uniens.
Le Likoud invité à prendre part au prochain gouvernement

Dans sa première allocution, Gadi Eisenkot, qui a obtenu le soutien de 67 députés contre 46 pour le Premier ministre sortant Benyamin Netanyahu, a déclaré : « Nous traversons l'une des périodes les plus critiques que la démocratie israélienne ait jamais connues. » L'ancien chef d'état-major et patron de la formation Yashar a également tendu la main à Benyamin Netanyahu, après lui avoir imputé d'avoir plongé le pays dans une crise historique : le chef du Likoud et ses alliés d'extrême droite ont une place à prendre au sein du futur gouvernement s'ils le souhaitent :

 

« Si les membres du Likoud et du Parti sioniste religieux (du ministre des Finances sortant, Bezalel Smotrich) estiment sincèrement que l'heure est à l'unité (...) je ne vois aucune raison pour laquelle ils ne soutiendraient pas un gouvernement dirigé par moi et fondé sur les principes que j'ai présentés. »
Les quatre principes incontournables brandis par Gadi Eisenkot

« Les consultations du président ont montré une image claire : une large majorité des membres de la Knesset représentant le public israélien soutiennent le changement, et j'ai l'intention de le mener, en tant que Premier ministre », a poursuivi Gadi Eisenkot, qui laisse la porte ouverte au Likoud, aux ultra-orthodoxes et aux partis arabes, dès lors qu'ils accepteront d'adhérer à son projet. Pour lui, « la règle est simple : si vous êtes prêts à signer les quatre principes que j'ai établis, vous êtes des partenaires possibles pour le gouvernement d'urgence national que je dirigerai ».

Ses quatre principes sont  « la reconnaissance d'Israël comme un État juif et démocratique ​​​​​​ », « l'acceptation des valeurs de la Déclaration d'indépendance », « l'obligation de service pour tous » et « la reconnaissance du Hamas comme organisation terroriste ». Gadi Eisenkot est « convaincu qu'il est possible et d’établir ainsi, rapidement un nouveau gouvernement qui bénéficiera d'une large majorité à la Knesset ».

Après les promesses de campagne, un casse-tête arithmétique attend désormais Gadi Eisenkot, explique notre correspondante à Jérusalem, Frédérique Misslin. Les lignes rouges des uns et des autres compliquent l'équation. Par exemples, le soutien des partis arabes ne fait pas l'unanimité, et personne ne veut que les ultra-orthodoxes soient exemptés de service militaire, mis a part les intéressés. Gadi Eisenkot a 28 jours, désormais, pour constituer une coalition. Ce délai pourra être prolongé de 14 jours.

Dimanche 8 Novembre 2026
RFI