Investissement en 2026 / économies africaines les plus rassurantes : le Sénégal loin du Top 100 mondial et 25e rang africain des destinations les plus sûres

Le Sénégal occupe la 128e place mondiale dans le Global Investment Risk and Resilience Index 2026, selon les données rapportées par Agence Ecofin. Malgré la progression globale de l’Afrique dans ce classement des pays les moins risqués pour les investisseurs, Dakar reste encore derrière plusieurs économies du continent, dont la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Kenya, le Togo, la Mauritanie ou encore le Cameroun.


Une Afrique plus présente dans le Top 100 mondial
 
Le classement 2026 des pays les moins risqués pour les investisseurs marque une avancée notable pour le continent africain. Selon Agence Ecofin, neuf pays africains figurent désormais dans le Top 100 mondial, contre seulement trois lors de la première publication d’octobre 2025.
 
Cette progression traduit une amélioration de la perception de certaines économies africaines, dans un contexte international pourtant marqué par le ralentissement mondial, les tensions géopolitiques, la volatilité financière, les pressions inflationnistes et les risques climatiques.
 
Le classement, publié par le cabinet Henley & Partners en mai 2026, évalue les risques et la résilience des économies face aux chocs. Il prend en compte plusieurs facteurs, notamment la stabilité macroéconomique, la gouvernance, la solidité financière, l’attractivité des investissements, la résilience climatique et la capacité d’adaptation des États.
 
Le Sénégal classé 128e mondial
 
Dans ce classement, le Sénégal se positionne à la 128e place mondiale. Sur le plan africain, le pays arrive au 25e rang du Top 40 continental, derrière notamment la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Kenya, Djibouti, la Mauritanie, la Zambie, le Togo, la Guinée et le Cameroun.
 
Cette position place le Sénégal dans une zone intermédiaire, loin des économies africaines considérées comme les plus solides et les moins risquées pour les investisseurs internationaux. Le pays devance toutefois l’Angola, Madagascar, le Mozambique, le Niger, la Gambie, le Malawi, le Burkina Faso, le Ghana, l’Égypte, le Mali, l’Éthiopie, le Burundi, le Tchad, la Sierra Leone et le Nigeria.
 
Le Sénégal se situe également derrière la Côte d’Ivoire, classée 108e mondiale avec un score de 52,82 points, et devant le Ghana, qui occupe la 140e place. Le Nigeria, première économie démographique du continent, arrive à la 147e position, pénalisé notamment par l’inflation, les tensions sur le marché des changes et les défis sécuritaires.
 
Maurice, Tanzanie et Botswana en tête du continent
 
Sur le continent africain, Maurice conserve sa place de pays le mieux classé. L’île passe de la 83e position mondiale en 2025 à la 61e place en 2026. Elle devance la Tanzanie, classée 62e, et le Botswana, 63e.
 
Ces trois pays étaient les seuls représentants africains dans le Top 100 mondial lors de la première publication d’octobre 2025. Ils sont désormais rejoints par les Seychelles, le Cap-Vert, la Namibie, l’Afrique du Sud, le Maroc et le Rwanda.
 
Le Maroc atteint la 98e place mondiale, porté notamment par la diversification industrielle et les investissements réalisés dans les infrastructures. Le Rwanda, classé 100e, ferme la marche des pays africains présents dans le Top 100.
 
Des défis persistants pour Dakar
 
La position du Sénégal dans ce classement montre que le pays dispose encore d’une marge importante de progression pour renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux.
 
Les économies les mieux classées partagent plusieurs points communs : une stabilité institutionnelle plus affirmée, une économie plus diversifiée, une meilleure ouverture aux investissements et une dépendance plus limitée aux matières premières. À l’inverse, les pays moins bien positionnés restent souvent confrontés à des contraintes liées à l’endettement, aux infrastructures, aux tensions politiques ou à la vulnérabilité aux chocs extérieurs.
 
Pour le Sénégal, ce classement intervient dans un contexte où l’attraction des investissements directs étrangers demeure un enjeu stratégique. Le pays cherche à soutenir son industrialisation, développer ses infrastructures et accélérer sa transition énergétique.
 
Un signal à prendre au sérieux
 
Même si le Sénégal n’apparaît pas parmi les pays africains les plus risqués du classement, sa 128e place mondiale rappelle que la concurrence régionale devient plus forte. Des pays comme le Bénin, le Togo, la Mauritanie, la Côte d’Ivoire ou le Maroc affichent une meilleure position dans l’indice.
 
Pour améliorer son rang, le Sénégal devra consolider sa stabilité macroéconomique, renforcer la gouvernance, rassurer les investisseurs sur la gestion de la dette, poursuivre les réformes économiques et améliorer sa capacité de résilience face aux crises mondiales.
 
Dans un environnement international de plus en plus incertain, les investisseurs ne regardent plus seulement le potentiel de croissance. Ils accordent désormais une attention particulière à la solidité institutionnelle, à la prévisibilité économique et à la capacité des États à absorber les chocs.
 
Les positions africaines les plus marquantes
 
Le Top 10 africain du classement est dominé par Maurice, la Tanzanie, le Botswana, les Seychelles, le Cap-Vert, la Namibie, l’Afrique du Sud, le Maroc, le Rwanda et l’Algérie.
 
Le Sénégal, classé 128e mondial, reste donc en retrait par rapport aux économies africaines les mieux évaluées. Sa position souligne à la fois les défis encore présents et les efforts à poursuivre pour devenir une destination plus rassurante pour les capitaux internationaux.


Samedi 27 Juin 2026
Dakaractu