Insultes contre Assimi Goïta et Abdoulaye Maïga: le tiktokeur malien Alassane Diop condamné à un an ferme à Dakar et 5 millions de francs Cfa de dommages et intérêts

Alassane Diop, tiktokeur malien de 20 ans domicilié à Grand-Yoff, a été condamné à un an de prison ferme et à 5 millions de francs Cfa de dommages et intérêts. Selon Les Échos, il était poursuivi pour discours contraire aux bonnes mœurs après des insultes visant notamment le président malien Assimi Goïta, son Premier ministre Abdoulaye Maïga et d’autres autorités maliennes.


Un dossier né de publications sur TikTok
 
Le tribunal des flagrants délits de Dakar a condamné Alassane Diop mercredi 1er juillet 2026. Selon Les Échos, le jeune tiktokeur malien était poursuivi pour avoir tenu sur TikTok, en langue nationale, des propos injurieux visant des autorités maliennes et d’autres personnes.
 
Le président malien Assimi Goïta, son Premier ministre Abdoulaye Maïga, l’ambassadeur du Mali, des commissaires, ainsi que Salia Coulibaly, présenté comme responsable de la communauté malienne au Sénégal, sont cités dans le dossier.
 
Reconnu coupable de discours contraire aux bonnes mœurs
 
Alassane Diop a été reconnu coupable de discours contraire aux bonnes mœurs par le tribunal des flagrants délits de Dakar. Le procureur avait requis six mois d’emprisonnement ferme, mais le tribunal est allé au-delà de cette réquisition.
 
Le jeune homme a finalement écopé d’un an de prison ferme. Il devra également payer 5 millions de francs Cfa de dommages et intérêts à Mouhamed Maïga, selon Les Échos.
 
Des plaintes à l’origine de son interpellation
 
Le tiktokeur avait été interpellé à la suite des plaintes de Salia Coulibaly et de Mouhamed Maïga. D’après Les Échos, il avait reconnu les faits lors de son déferrement devant le procureur.
 
Placée sous mandat de dépôt le 15 juin 2026, l’affaire a été appelée à la barre le mercredi 1er juillet. À l’audience, le prévenu a tenté de contester une partie des faits, notamment en distinguant les personnes qu’il reconnaissait avoir insultées de celles qu’il disait ne pas avoir visées.
 
Les parties civiles réclamaient 200 millions
 
L’avocat des parties civiles, Me Aliou Sawaré, a insisté sur la gravité des faits. Selon Les Échos, il a demandé la déclaration de culpabilité du prévenu ainsi que 200 millions de francs Cfa de dommages et intérêts pour l’État malien, son Premier ministre et les parties civiles présentes devant le tribunal.
 
Le conseil a également soutenu que les propos en cause ne visaient pas seulement des individus, mais portaient atteinte à une lignée et à des représentants officiels.
 
Le parquet évoque un risque d’incident diplomatique
 
Dans ses réquisitions, le procureur a estimé qu’Alassane Diop tentait de faire diversion à l’audience, alors que certains propos avaient été reconnus au stade de l’enquête et lors du déferrement.
 
Le parquet a aussi insisté sur la gravité du comportement du prévenu vis-à-vis des autorités de son pays. Selon Les Échos, le ministère public a considéré que de tels propos, tenus depuis le Sénégal, pouvaient laisser croire que le pays cautionnait ce comportement et créer un incident diplomatique.
 
Une peine plus lourde que les réquisitions
 
Alors que le procureur avait requis six mois de prison ferme, le tribunal a prononcé une peine d’un an ferme contre Alassane Diop. La juridiction l’a également condamné à verser 5 millions de francs Cfa de dommages et intérêts à Mouhamed Maïga.
Lundi 6 Juillet 2026
Dakaractu