Inondations de 2020 / Les chiffres inquiétants et ahurissants des victimes des pluies diluviennes (Rapport)


Après les fortes pluies diluviennes du mois de septembre 2020 qui ont causé de nombreux dégâts sur l’étendue du territoire national, privant beaucoup de ménages leurs concessions, envoyant plusieurs populations à la belle étoile, voilà une étude qui vient de publier son rapport. Une enquête menée pour l’évaluation des besoins post-catastrophes (pdna) par Amadou Lamine Ndiaye, directeur African Risk Lab.

 

Le rapport révèle que toutes les régions du Sénégal ont été impactées avec 12.475 ménages inondés soit 77.260 personnes affectées et 3.285 individus déplacés. 433 sites ont été  inondés. 5 318 sinistrés ont été recensés rien que dans la région de Dakar.

 

L’enquête sur l’impact des inondations de 2020, au niveau des ménages sinistrés était conduite au niveau des régions les plus touchées au Sénégal, réparties sur 25 départements et 103 localités.

 

85% des enquêtés ont vu leurs habitats complétement ou sévèrement détruits et le reste l’ont été partiellement.

 

Les résultats de l’enquête montrent que les indicateurs sociodémographiques sont plus défavorables au niveau des ménages victimes des inondations dirigés par les femmes.

 

Au niveau de l’habitat,  seuls 2% des sinistrés déclarent vivre dans des conditions acceptables de logement avant la catastrophe tandis que 57% vivaient dans des logements estimés moyennement acceptable et que 42 % des logements étaient dégradés avant les inondations. Il y’avait en moyenne,  03 pièces dans l’habitat des sinistrés avec un taux d’occupation moyen de 11 membres. 

 

Ce logement est caractérisé par sa précarité. En effet, plus de 80% des toits sont faits en matériaux précaires. Les inondations de septembre 2020 ont  aggravé cette situation qui était déjà fragile: environ 85% des enquêtés ont vu leurs habitats complètement ou sévèrement détruits et le reste l’ont été partiellement.

 

La qualité de ces ressources hydrauliques provenant des sources améliorées ou traitées est très faible

 

Le secteur d’eau, d’hygiène et d’assainissement est également l’un des plus affectés par les inondations 2020 au Sénégal. En effet, même si les dommages sur les infrastructures physiques sont minimes, il n’en demeure pas moins que les pertes sont énormes du fait que l’essentiel du réseau d’assainissement est défectueux (vétusté des installations, et obstruction des voies d’eau), et nécessité des interventions d’urgence pour la protection et la préservation des sources. Avant les inondations, la principale source d’approvisionnement, est la borne fontaine domiciliaire.

 

En revanche, les principales sources d’eau potables après les inondations, sont les bornes fontaines domiciliaires utilisées par 21,8% des ménages, les puits à pompe ou forage (28,2%), les puits aménagés/non protégés (32,5%), les puits aménagés/protégés (16,6%) et le robinet dans le logement/concession (15,2%). 

 

Le volume d’eau potable recueilli par les ménages et provenant des sources d’eau améliorées ou traitées est en moyenne de 15,75 litres par jour.  

 

La qualité de ces ressources hydrauliques est très faible. Il ressort de l’enquête que 25,4% des ménages utilisent principalement des sources d’eaux non potables telles que des puits non aménagés (19,5%), les eaux de surface (2,5%) et les eaux de source non protégée (2,7%).

 

Les recommandations de l’Enquête

 

Dans ce contexte, les besoins et les recommandations exprimés sont : la réhabilitation/reconstruction du logement. Les niveaux de destruction du logement convoquent un soutien rapide à la reconstruction et à la réhabilitation de l’habitat partiellement ou totalement endommagé ; Le soutien à l’alimentation constitue le second besoin exprimé par les ménages victimes des inondations de septembre 2020. 

 

Les populations rencontrées dans ces zones prennent pour l’essentiel moins de deux repas par jour avec des quantités et de la qualité négligeable ; La facilitation de l’accès aux soins de santé : Il est constaté, qu’en la faveur des inondations, plusieurs formations sanitaires dans les zones d’emprise de la catastrophe, les prestations de services sont soit en rupture soit fortement en fonctionnement ralenti ;

 

Réhabilitation / Reconstruction des infrastructures de drainage des eaux, d’équipements collectifs de gestion des inondations et d’assainissement ; Capitaliser les dynamiques et initiatives communautaires de préparation de réponse et de relèvement aux inondations, notamment celles conduites par les femmes et les jeunes pour toute intervention dans le domaine ; Doter les autorités décentralisées (régional, départemental, municipal) d’outils d’aide à la décision pour la gestion des inondations. Il s’agit entre autres, de procéder à des cartographies des zones exposées aux risques d’inondation, de doter de ses autorités de Plans de contingences qui prennent en compte les risques identifiés au niveau micro locales et les mesures de mitigations qui y sont associées, etc.   

 

Soutenir l’institutionnalisation de la dimension « Relèvement socio-économique » à travers  la mise en place d’un groupe de Travail Relèvement Précoce au sein de la Coordination Humanitaire du Système des Nations Unies en relation avec le gouvernement ; Soutenir l’amélioration du cadre institutionnel de gestion des inondations : Au Sénégal, plusieurs Ministères sectoriels (environ 12) travaillent sur la gestion des risques de catastrophes, notamment sur les inondations. Toutefois, ces activités sont menées en solo sans coordination. 

Lundi 7 Juin 2021
Dakaractu



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