Les habitants de la cité Belle-vue ont exprimé ce matin leur colère et leur détresse, après les inondations qui ont dévasté leur quartier en octobre 2026. Lors d'une conférence de presse, Me Alassane Seck, président de l'association des habitants de la cité Belle-vue, est revenu sur le bilan d'une catastrophe « à la fois humaine, matérielle, sanitaire et sécuritaire », devant des journalistes et plusieurs avocats résidant dans la cité. Selon Me Seck, les pluies torrentielles de ce mois d'octobre, combinées au déversement massif des eaux de la zone de captage, ont provoqué des pertes colossales : véhicules submergés et hors d'usage, immobilier détruit, équipements ménagers et logements dévastés. Il les estime à plusieurs centaines de millions de francs CFA. Le président de l'association rappelle que la cité avait déjà été touchée en 2005 et en 2022, mais affirme qu'elle n'avait jamais été inondée par le seul ruissellement depuis sa création, au début des années 1990.
Ce ne sont pas seulement des dégâts matériels qui sont dénoncés. Me Seck alerte sur un danger physique immédiat. Le ravinement et les infiltrations massives ont fait disparaître le pavage et le sable dans plusieurs zones, creusant de véritables cratères et des trous profonds. Ces excavations fragilisent les fondations des habitations et exposent, selon lui, enfants et personnes âgées à des risques permanents de chutes et d'accidents graves. Certaines maisons menaceraient de s'écrouler. L'effondrement d'une partie du mur de clôture accentue l'insécurité du quartier.
Le président de l'association a aussi évoqué le choc psychologique subi par les sinistrés. Plusieurs personnes évacuées par les embarcations des sapeurs-pompiers seraient « tombées en transe ». Me Seck plaide pour la mise en place d'une assistance psychologique, notamment en faveur des personnes âgées. Plus de 80 % des habitants sont des retraités qui ont bâti leur maison sur fonds propres, sans apport de l'État.
Sur les causes, il indexe le lotissement de la zone de captage des eaux pluviales, qui aurait déréglé l'écosystème et dévier les flux d'eau vers la cité. Il rejette l'idée selon laquelle Belle-vue serait construite sur une voie d'eau et dénonce une urbanisation sans prospective. Il s'appuie sur un ancien responsable qui, selon lui, s'était opposé à ce lotissement en prévenant d'une catastrophe pour la capitale.
L'association réclame une solution technique définitive : l'arrêt total et immédiat du ruissellement vers la cité et le drainage des eaux de la zone de captage vers la mer. Me Seck invoque les propos du ministre de l'Hydraulique, qui aurait évoqué la possibilité d'un canal, même au prix de quelques maisons dans la zone de captage. Elle demande aussi le remplacement rapide du mur effondré par un ouvrage moderne, ainsi qu'une indemnisation complète et la réparation de l'ensemble des préjudices matériels.
Prête à discuter avec les autorités, l'association affirme avoir reçu des propositions de techniciens. Mais pour Me Seck, la ligne rouge est claire : « Jamais, je dis bien jamais », les habitants ne renonceront à leurs maisons. Il a proposé aux journalistes une visite guidée des zones sinistrées.