Industries extractives : la CJRS clôture deux jours de formation pour renforcer les capacités des journalistes


L’atelier de renforcement des capacités consacré à la compréhension des industries extractives, organisé par la Convention des Jeunes Reporters du Sénégal (CJRS), avec le soutien de l’Association des Blogueurs pour une Citoyenneté Active (ABCA) et de ses partenaires, a pris fin ce samedi 8 août 2026 à la Maison de la Presse Babacar Touré. Durant deux jours, 30 journalistes ont été outillés sur les enjeux liés aux secteurs minier, pétrolier et gazier. Une initiative jugée nécessaire alors que le Sénégal se trouve à un tournant majeur dans l’exploitation de ses ressources naturelles.

 

Au cœur des échanges, la question de la désinformation s’est imposée comme l’un des principaux défis. Pour Thaddée Adiouma Seck, secrétaire permanent et coordonnateur national du Comité national de l’ITIE Sénégal, la désinformation dans le secteur extractif peut nourrir « beaucoup d’incompréhensions », voire des rumeurs susceptibles de perturber les projets et de peser sur le climat social et politique. Il appelle ainsi à inscrire ces initiatives de formation dans la durée afin de permettre aux professionnels des médias de mieux maîtriser les enjeux et les données liés aux ressources naturelles.

 

L’autre enjeu soulevé lors de l’atelier concerne l’accès à l’information. Fatou Sidibé, journaliste et membre du comité directeur de la CJRS, estime que les professionnels des médias doivent pouvoir disposer des données nécessaires pour traiter correctement les questions extractives. Elle rappelle les démarches engagées par la Convention en faveur d’une mise en œuvre effective de la loi sur l’accès à l’information, notamment à travers des activités d’échange et de sensibilisation avec les organisations concernées.

 

Sur le terrain de la transparence, les échanges ont également permis de mettre en avant les résultats et les défis du Sénégal dans le cadre de l’ITIE. Selon Thaddée Adiouma Seck, le Sénégal a obtenu un score de 89 sur 100 lors de sa dernière évaluation, se classant en tête des pays mettant en œuvre l’ITIE parmi les 55 pays concernés. Mais cette performance ne signifie pas que tous les défis sont réglés. Il cite notamment l’effectivité de certains mécanismes juridiques, la redistribution des fonds miniers, la publication des bénéficiaires effectifs ainsi que les exigences liées à la transparence environnementale et à la transition énergétique. Selon lui, 11 mesures correctives doivent encore être prises à l’horizon 2030.

 

À la clôture, la CJRS a réaffirmé sa volonté de pousser les journalistes vers davantage de spécialisation, afin qu’ils puissent produire des contenus plus rigoureux et mieux documentés sur les secteurs stratégiques. Pendant les deux jours de formation, les participants ont notamment travaillé sur les codes miniers et pétroliers, les contrats, la fiscalité, les enjeux économiques, sociaux et environnementaux, les sources de données et la lutte contre la désinformation. Des attestations ont été remises aux participants, avec l’ambition de voir cette formation déboucher sur des productions journalistiques capables d’éclairer le débat public sur les ressources naturelles

Samedi 8 Aout 2026
Karim Ndiaye