Le Sénégal s'apprête à valider sa Stratégie nationale d'industrialisation verte. À l'occasion de l'atelier national de validation, Seydina Aboubacar Sadikh Ndiaye, secrétaire général du ministère de l'Industrie et du Commerce représentant le ministre, a insisté sur la nécessité de traduire le document en actions concrètes, avec un tableau de bord et une feuille de route communs à tous les ministères sectoriels. Il a présenté la stratégie comme le résultat d'un long processus réunissant les ministères sectoriels, le secteur privé et la société civile. Le ministère de l'Industrie et du Commerce, chef de file sur l'industrialisation, a été accompagné par des partenaires, en particulier l'African Climate Foundation. Ceux-ci ont mené des études diagnostiques sur les besoins en renforcement de la compétitivité, sur les réformes à engager et sur l'alignement à respecter avec la vision Sénégal 2050, adoptée il y a environ deux ans.
Les trois axes concernés de cette vision notamment l'économie compétitive, le capital humain et la durabilité, dont l'axe 3 pose la nécessité de protéger l'environnement ont été rappelés par le SG du ministère qui indique, dans la même perspectives, que le gouvernement a mis l'accent sur l'industrialisation pour rattraper le retard de croissance et corriger les déséquilibres territoriaux. Dakar concentre l'essentiel des activités économiques et de la richesse nationale et la stratégie met en avant les technologies bas carbone. En effet, elle identifie aussi les opportunités offertes au secteur privé, et le responsable a salué l'implication de la recherche, dont le lien avec l'industrie est, a-t-il dit, indispensable.
Sur les mesures d'adaptation et d'atténuation, Aboubacar Sadikh Ndiaye a indiqué que des initiatives existent déjà dans plusieurs ministères et structures d'appui. La stratégie doit offrir un cadre de référence national pour consolider ces acquis, proposer de nouveaux projets et programmes et réviser la réglementation, en comblant les vides juridiques. Il n’a pas manqué l’occasion d’évoquer sans détour les atteintes à l'environnement constatées lors de contrôles car, le rappelle t-il, certaines usines déversent leurs déchets de production sur le sol ou dans les fleuves. Il a précisé que cela concerne des entreprises étrangères comme sénégalaises. « L'État doit agir », a-t-il martelé, en plaidant pour des garde-fous et saluant le secteur de la cimenterie, dont les usines ont, selon lui, pris en charge la question environnementale sans sanction ni mesure contraignante.