Impact du Covid-19 sur le sport sénégalais, perspectives post-pandémique, infrastructures et grandes compétitions engagées, crise au CNG : Matar Ba en piste…

Répondant aux questions de la presse sportive regroupée au sein de l’association nationale de la presse sportive Sénégalaise (Anps), le ministre des sports Matar Ba, est largement revenu sur l’impact de la pandémie du covid-19 sur le sport sénégalais. C’est donc par le canal du réseau social whatsApp que le patron du sport sénégalais s’est prêté au jeu des questions et réponses via des messages audios. Le « Club Presse » de l’Anps aura eu un plus d’une heure, ce samedi après-midi pour parler de : La gestion de la pandémie par le ministère, L’impact économique de la pandémie sur le sport sénégalais, la part du sport dans les 1.000 milliards du fonds force covid-19, la crise qui sévit au sein du Cng de lutte, la reprise des activités sportives, la programmation des travaux concernant les infrastructures sportive, quel sort pour les J.0.J ? Autant d’interpellations adressées à Mr Ba qui ne s’est pas défilé lors de cette conférence de presse virtuelle…


Impact économique de la pandémie sur le sport sénégalais…

Il est possible de mesurer les impacts économiques sur le sport sénégalais, mais il faudra du travail pour ne pas être dans l’approximation. C’est pourquoi j’ai demandé aux fédérations d’évaluer et de quantifier. C’est vrai qu’il y a l’appui ponctuel, mais l’impact ne peut être que financier.

 

Le sport va-t-il bénéficier des fonds destinés au Covid-19 ?

 

Le sport n’a jamais été oublié et depuis que le président Macky Sall est là. Même si toutes nos ambitions ne sont pas satisfaites, il y a beaucoup d’efforts pour accompagner le sport. Je suis de ceux qui pensent que la pandémie est une parenthèse qui mérite attention et une analyse. C’est pourquoi au département des Sports, nous sommes en train de travailler avec les moyens qui sont mis à notre disposition. Il y a beaucoup de choses qui ont été programmés, budgétisés et qui ne se feront pas. Nous sommes en train de travailler avec les finances pour accompagner efficacement le sport. Nous sommes toujours engagés à rendre performant le sport dans son ensemble et bien avant même cette pandémie. Je n’ai pas d’inquiétude là-dessus.

 

Nous savons que tout le monde souffre que ça soit le football professionnel, le basket ou même ceux qui travaillent dans les infrastructures sportives de l’Etat. C’est une question globale et parmi ces gens-là, certains vont recevoir de l’aide alimentaire, d’autres vont recevoir une aide multiforme. Je rassure tout le monde sportif. Il y a eu des fédérations qui ont eu le réflexe d’analyser et d’avoir un document attestant l’impact du coronavirus sur leur fonctionnement. Tout cela nous permettra d’agir efficacement et d’éviter les polémiques. J’y travaille tous les jours pour trouver les voies et moyens pour être aux côtés du monde sportif.

 

Reprise des activités sportives…

Je pense qu’il manque beaucoup de choses dans la vie des Sénégalais sans activités sportives. Donc, nous pensons à une reprise mais nous sommes assez responsables pour ne pas faire n’importe quoi. C’est pourquoi je demande aux fédérations qu’elles réfléchissent aussi à leur niveau pour qu’on ne soit pas surpris. Elles feront des propositions et l’Etat sera là pour les accompagner. Je pense que les autorités sanitaires font leur travail. Si nous devrions reprendre aussi, nous préférons que les solutions viennent des fédérations sportives, l’Etat apportera les compléments nécessaires.  Pour l’instant, il n’y a pas encore d’éclaircie pour se prononcer sur une date de reprise des activités.

Comment le ministère gère la suspension des activités ?

 

Je le gère normalement et les fédérations ont eu à le constater. Il est difficile d’être dans un pays où il n’y a pas d’activités sportives. Mais, il faut noter que les acteurs sont aussi engagés dans la lutte contre la pandémie et ça nous permet d’être au service de notre pays. Je pense le stade Demba Diop revient tout le temps. Nous avons remis cette infrastructure à la Fédération de football. Nous avons un travail à faire, mais la FSF est sur le coup avec un groupe d’experts pour proposer les plans et aller trouver les fonds au niveau de la FIFA.

 

Mandat des fédérations...

Une fédération n’a pas le droit de proroger son mandat. Les textes qui régissent les fédérations sont extraits des Lois et Règlements du pays. S’il y a des textes qui expliquent la limitation des mandats, on ne doit pas les retoucher sauf cas exceptionnel. Ceux qui sont dans les fédérations doivent tout faire pour respecter les textes. Il y a un département au niveau du ministère (DAPS) qui est l’organe de contrôle des fédérations. C’est la DAPS qui doit agir pour pousser ces instances au renouvellement. 

 

Quelles mesures d’accompagnement pour les joueurs locaux au chômage depuis deux mois ?

Il y a forcément un impact au niveau du football professionnel. Au niveau du ministère des Sports, nous sommes en train de travailler avec les différents responsables du football professionnel ou amateur. Nous étudions les voies et moyens pour les appuyer dans cette période de crise. Cette pandémie touche tous les secteurs et il faudra y aller avec beaucoup d’intelligence pour faire face. La FSF et les autres structures déconcentrées travaillent sur un document de sortie de crise.

Vers un arrêt définitif des championnats nationaux comme en France ?

Le Sénégal ne doit pas suivre tout le temps l’exemple de la France. J’ai bien dit que les fédérations doivent faire des propositions en direction d’une reprise. L’école se prépare pour une reprise des cours et nous devons aussi voir les possibilités avec la DAPS. L’Etat peut ordonner l’arrêt définitif des compétitions, mais on n’aimerait pas avoir cette politique. On aimerait discuter avec tous les acteurs du sport pour prendre la meilleure décision. Si le football devait arrêter, c’est à la fédération d’en décider. Je peux vous dire qu’il a des réunions sur ce sujet et c’est pareil pour les autres disciplines.

Impact du Covid-19 sur les JOJ ?

 

Il n’y a pas d’impact pour le moment. Le président du CIO a déjà parlé au chef de l’Etat pour dire qu’il n’y a pas de changement par rapport aux JOJ. Le Sénégal continue à travailler dans ce sens avec le CNOSS pour une parfaite organisation. Le Comité d’organisation, dirigé par Ibrahima Wade, est à fond sur le dossier. On fait des visioconférences avec le CIO et tout se déroule normalement. Il n’y a pas de conséquences sur les JOJ. Bientôt, il y aura le démarrage des travaux  du stade Iba Mar et de la Piscine Olympique Nationale.

Préparation des athlètes pour les JO 2021 ?

 

En ce qui concerne les JO 2021, les athlètes qualifiés auront le soutien de l’Etat et du CNOSS qui offre des bourses olympiques. On fera de notre mieux pour mettre tout le monde dans des conditions de performance.

Candidature Me Senghor à la présidence de la CAF ?

 

J’entends souvent parler d’une éventuelle candidature de Me Augustin Senghor à la présidence de la CAF. Je pense qu’il faut se référer à sa réponse. Il dit qu’il n’est pas candidat. Augustin Senghor a le profil d’un président de la CAF. Maintenant, ce n’est pas le ministère des Sports qui va le dire. Tout Sénégalais qui a la confiance de l’Etat et qui se bat pour un poste, on le soutiendra de notre mieux. Le président Senghor a déjà répondu et je me réfère à ses déclarations.

Le basket est secoué par cette crise entre Baba Tandian et la Fédération. Que comptez-vous faire pour apaiser le climat et réunir cette famille ?

 

Je pense que para rapport à ce qui se passe au niveau du basket, j’avais dit que je n’en parlerai pas parce que le moment n’est pas fait pour la polémique. Le monde st secoué par une pandémie et je pense que tout le monde devrait tirer dans le même sens. Nous l’avions commencé en étant solidaire et notre posture devait pousser tout le monde à être mobilisé et accompagner l’Etat,  les autorités sanitaires et les populations à faire face contre cette pandémie. Il y a eu une évolution par rapport à cette crise, car des bonnes volontés se sont levées pour réconcilier les protagonistes. Cette crise ne sert par le basket et j’espère qu’on va dépasser cette étape. Nous travaillerons pour le renforcement du basket et son développement.

 

Les raisons d’une absence d’un Secrétaire général à la FSBB ?

 

La Fédération de basket n’est pas privé de Secrétaire général. L’ancien SG est l’actuel DAPS du ministère des Sports. Avec le problème des effectifs et les retraites, il est très difficile de trouver les hommes pour les mettre à la disposition de ces structures. Mais, il faut comprendre que la FIBA va accompagner les fédérations pour le recrutement de cadres administratifs. Je pense que c’est du ressort du président de la FSBB, Me Babacar Ndiaye, de prendre en charge cette question. Une fédération doit être en mesure de gérer ces questions sans l’implication de la tutelle. J’ai instruit le DAPS de prendre en charge cette question avec le président de la FSBB.

 

Programmation des travaux concernant les infrastructures sportives…

 

La programmation n’a pas changé. Les travaux du Stade Olympique vont bientôt démarrer. Les travaux du stade olympique devront débuter d’ici la fin du mois de mai. Il y avait juste quelques réglages à faire. Les chantiers entamés seront poursuivis comme les stades Ely Manel Fall, Me Babacar Sèye, Lamine Guèye, entre autres… Il n’y a aucun problème et nous travaillons avec le ministère des Finances pour que ces secteurs ne soient pas touchés. Il ne faut pas oublier que nous avons en face les Jeux Olympiques de la Jeunesse et les conséquences de cette pandémie ne devraient pas freiner notre élan. Je prends l’exemple du stade de Mbacké, les travaux ont démarré. Ce sont les commandes de matériel qui pourraient retarder l’avancée des travaux. Mais, les frets fonctionnent et il n’y a pas de difficultés majeures. Si ce sont des techniciens étrangers qui doivent finir quelques travaux, on attendra l’ouverture des frontières pour ça. Le dojo national sera refait, mais il est possible de pratiquer les arts martiaux à  Diamniadio soit à Dakar Arena ou l’Arène nationale. Ce sont des infrastructures multifonctionnelles et peuvent être utilisées par tous les sportifs

 

Gestion des infrastructures sportives par la tutelle en lieu et place des collectivités locales ?

 

Je pense qu’il faut mettre le focus sur ceux que l’Etat veut faire au niveau des collectivités locales en matière d’infrastructures. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans une politique de décentralisation. L’Etat ne reviendra pas dans cette politique. Si on met des milliards dans les infrastructures, ce sont les collectivités locales qui doivent se donner les moyens de bien gérer ces investissements. C’est pourquoi nous avons envoyé beaucoup de responsables en Chine pour la gestion des infrastructures. Nous allons continuer sur cette collaboration, mais il faudrait que la base soit consciente des opportunités avec ces investissements de centaine de milliards.

Budget des compétitions internationales ?

Il n’y a plus de compétitions internationales, donc on ne parle plus du budget. La pandémie a impacté sur le calendrier international et les compétitions programmées en 2020 ont été toutes presque reportées.  Il n’y a pas d’inquiétude dès que les compétitions reprendront, on prendra toutes les dispositions pour une bonne participation de nos délégations.

Il y a beaucoup de Sénégalais qui suivent l’équipe nationale dans les compétitions internationales, mais il y a aussi des personnalités qui sont invitées par l’Etat. On le fait souvent en invitant toutes les institutions. On peut citer d’anciens ministres ou d’autres personnalités qui aiment le sport. C’est le budget qui est monté à l’occasion qui permet de prendre en charge tout le monde.

Départ du président Alioune Sarr au CNG de lutte ?

J’ai dit que je ne veux pas entrer dans une polémique. Le Dr Alioune Sarr doit être occupé à 100% pour accompagner les Sénégalais à lutter contre cette maladie. Je ne peux pas parler de limogeage ou autre. Ce que je peux vous assurer c’est qu’il n’y aura pas de lutte sans le règlement de ces problèmes.

Concept restez-chez vous 

Mon travail consiste à gérer la vie sportive de la nation. C’est vrai que nous ne pouvons plus aller dans des rencontres ou autres, mais le travail au bureau continue. Nous avons un travail administratif extrêmement important et c’est en train d’être fait. On respecte les gestes barrière et on utilise le télétravail.

 

Le secrétaire général (Paul Dionne) gère tout ça parfaitement, mais il n’y a plus de regroupement au ministère.

 

Réfection stade LSS…

Le processus est bouclé au niveau de la Chine, mais avec tout ce qui se passe avec la fermeture des frontières, on ne peut pas démarrer les travaux. C’est ce qui retarde le démarrage de LSS.

Prolongation de la saison de lutte ?

Vous savez qu’il n’y a pas de combat de lutte durant l’hivernage. Mais, si on devait recommencer à la fin de la pandémie au mois de juillet, on verra avec le CNG et les acteurs de la lutte la solution appropriée. C’est pourquoi j’ai parlé d’éclaircie sur une probable reprise, on écoutera tout le monde. D’ailleurs, je vais entamer des consultations pour prendre en charge les questions qui perturbent ou les obstacles en face de nous pour une reprise. Je ne vais pas me précipiter pour parler de saison blanche. Il y a des décisions qui ne devront pas venir du ministre, mais les responsables doivent analyser et faire des propositions. Ce n’est pas une question technique, mais une affaire de santé publique.

 

Le Mixed martial arts (MMA), constitue-t-il une menace pour la lutte ?

 

Cette discipline s’implante petit à petit au Sénégal. Bombardier, Reug Reug et autres y prennent part.  Le Sénégal a été juste choisi pour abriter une compétition. Nous ne sommes pas encore dans les démarches pour installer cette discipline, si ça devrait se faire ce sera après une concertation avec tous les acteurs. Pour le moment, le Sénégal peut  abriter n’importe quelle compétition si le cahier des charges est bien géré.

Toutes les décisions seront basées sur l’avis des autorités sanitaires. Fonds de la FIFA ?

Je vous dis tout simplement que la FIFA n’appuie pas les Etats. Cette question devrait être posée à la FSF. Ce que je peux dire que c’est que le football fera partie des secteurs qui seront soutenus par l’Etat du Sénégal. L’argent de la FIFA ira directement dans les comptes de la FSF et le ministère des Sports n’est nullement impliqué. La FIFA soutient ses associations membres et pas les Etats.

L’organisation d’une Coupe Afrique des Nations au Sénégal…

 

Les instructions du chef de l’Etat sont exécutées à la lettre. Nous travaillons à renforcer l’existant au niveau des infrastructures sportives et le travail administratif. Ce n’est pas le moment de parler de cette CAN, car la CAF a des difficultés de choix de date. Quand on redémarra la machine, toutes les démarches administratives seront entamées et le travail sera poursuivi avec les parties prenantes.

 

Querelles entre le « 12ème Gaïndé » et le comité de supporters « Allez Casa »

 

Je ne suis pas dans les polémiques ou querelles. Les supporters des équipes ont l’obligation de s’accorder s’ils ont la même mission. Je ne vois pas pourquoi le 12ème Gaïndé et « Allez Casa » auraient du mal à se regrouper. Ils font tous du bénévolat et on doit être en mesure de dépasser les frictions ou autres. Je lance un appel à la sérénité et la solidarité puisqu’ils ont la même mission.    

Dimanche 10 Mai 2020
Dakaractu




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