Impact des restrictions / Covid-19 : entre réduction de charge de travail, baisse de revenus et charges financières explosives (rapport de LEGS-Africa)


L’impact des mesures de restrictions liées à la riposte contre la Covid-19 au Sénégal a fait l’objet d’une étude sur les acteurs économiques de base.

L’enquête réalisée par le Think Tank LEGS Africa Leadership, Ethique, Gouvernance, Stratégies pour l’Afrique a concerné trois districts (Dakar centre, Touba et Guédiawaye) et a porté sur 1.214 individus âgés entre 19 et 99 ans répartis dans trois districts. Des sous-échantillons de personnes appartenant aux groupes vulnérables, aux catégories sociales les plus affectées par les mesures administratives de la riposte officielle ou considérées comme devant bénéficier du Programme de Résilience économique et sociale (PRES) ont été utilisés. Une représentation de presque tous les secteurs et corps de métiers de la population sénégalaise.

Les résultats de cette enquête portant généralement sur la redevabilité active de la gouvernance sanitaire, économique et sociale de la pandémie de la Covid-19 au Sénégal confirment la situation difficile résultant des mesures prises par l’État notamment l’état d’urgence décrété après le premier cas de Covid-19 enregistré dans le pays. Le rapport s’est appesanti sur l’impact lié à la charge de travail, la baisse des revenus ainsi que les charges financières.

Le document révèle qu’à l’exception des médecins, pharmaciens, agents médicaux, militaires et agents de sécurité qui étaient à la première ligne de la riposte, tous les autres corps ont vu leur charge de travail se réduire drastiquement.

Par exemple, les commerçants, vendeurs, restaurateurs, mécaniciens, ouvriers, femmes au foyer, etc ont plus subi les effets négatifs de la Covid-19, ils étaient obligés de rester chez eux pour un temps indéterminé. Cette baisse de la charge de travail a entrainé une baisse de l’activité qui est synonyme de baisse de la consommation, de l’investissement, de la production et des ressources fiscales de l’État. Donc chaque décision (couvre-feu, état d’urgence…) affecte les recettes publiques de l’État qui en a besoin pour faire face aux nouvelles dépenses, surtout sanitaires.

La baisse des revenus est logique suite à une baisse de la charge de travail a, également, démontré l’étude. Cette diminution est beaucoup prononcée chez les commerçants, vendeurs, restaurateurs, mécaniciens, ouvriers, taximen, femmes au foyer… presque tous les métiers qui sont dans le secteur informel ont vu leur revenu chuter drastiquement. Quelques 225 travailleurs ont été dénombrés selon les districts concernés par l’enquête. Seuls les médecins, pharmaciens, agents médicaux, militaires et agents de sécurité ont plus ou moins maintenu leur revenu avant la Covid-19.

Le rapport indique encore que ce sont les mêmes notamment les commerçants, vendeurs, restaurateurs, mécaniciens, ouvriers, femmes au foyer, etc qui voient leurs charges financières exploser. Les médecins, agents médicaux, militaires et agents de sécurité ont supporté une hausse sensible de leurs charges financières. Ces augmentations des dépenses se justifient du fait de la rareté de certains produits. La réduction des déplacements à l’intérieur du territoire et la fermeture des « frontières » de certaines grandes puissances ont créé une baisse de l’offre de certains produits de première nécessité, ce qui a entrainé une hausse des prix due à la hausse de la demande de ces produits fait ressortir l’étude.

L’étude explique, à cet effet, que le gouvernement a tenté de réimposer certaines restrictions au début 2021, instaurant un nouvel état d'urgence et introduisant un autre couvre-feu nocturne à Dakar et Thiès qui ont connu de gros pics de cas de contamination.

La réaction tardive du MSAS lors de la deuxième vague est l’une des raisons de l’inefficacité de la riposte et la seconde vague fut plus virulente que la première. La riposte a démarré en étant très stricte avec beaucoup de restrictions pour les populations mais son efficacité reste à prouver relève le document dans sa conclusion. Pour les sénégalais, l'intensité des mesures n'a pas semblé proportionnée à la crise et les gens ont résisté. Certains ont ainsi commencé à repousser les mesures.

La page historique de la pandémie à Covid-19 n'est pas encore tournée au Sénégal. Après la deuxième vague, une troisième était prévisible, car la riposte continuait d’être déstructurée, voire marginale et les populations redeviennent complaisantes par rapport aux mesures de précaution.

De plus, avec les faiblesses de la campagne de vaccination, le Sénégal devra faire face à ces incertitudes pendant encore beaucoup de temps. La crise sanitaire de la pandémie de la Covid-19 qui a fini de mettre à jour la grande faiblesse du système sanitaire sénégalais, doit sonner comme une prise de conscience pour poser les jalons de sa réforme en profondeur, recommande le document de LEGS-Africa.
Mardi 24 Août 2021
Dakaractu



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