Idy, le parrain des violations constitutionnelles de Wade (Par El Malick Seck)


L’intermittent de Saint James était en villégiature ce week end à Saly. Comme à son habitude, il s’est encore attaqué au régime de Macky Sall et a indiqué qu’il va dégager ce dernier si la loi sur le parrainage est votée.  Je vais révéler dans les lignes suivantes que le grand bénéficiaire du complot du 23 juin, du quart bloquant et du ticket présidentiel, que Wade voulait instaurer en 2011, c’était bien Idrissa Seck.

Au début de l’été 2011, alors que Dakar est engagé dans une bataille contre Wade, toute l’opposition, je dis bien toute l’opposition, sauf une seule personne est absente du combat pour préserver la démocratie et la Constitution sénégalaise, cette personne, c’est bien un certain Idrissa Seck. Un ami commun, l’a appelé à la vieille du 23 juin, le 21 juin exactement à 15 heures TU, pour lui demander de venir participer aux manifestations prévues par tous les ténors de l’opposition. Idrissa Seck alors à Paris, se la coulant dans son cinq étoiles, prétextera d’un manque de place dans les vols en partance pour le Sénégal pour ne pas venir participer à la marche. Son interlocuteur lui demandera d’appeler au moins les radios pour montrer sa désapprobation envers la loi que Wade voulait faire voter au Sénégal; il lui répondra qu’il va le faire. Au finish, personne ne l’entendra sur une quelconque onde radiophonique et son parti fit le mort sur le passage en force que Wade et son clan voulaient faire. 

C’est qu’en réalité, Idrissa Seck était parmi les parrains de cette loi inique de Wade. En effet, en grand adepte des compromis politiciens, il avait donné son accord secret pour être le dauphin de Wade à l’élection présidentielle de 2012. Les sénégalais doivent savoir que si cette loi était passée, c’est Idrissa Seck qui aurait été en fait le vrai dauphin de Wade. Les sénégalais ont oublié, mais le même Idrissa Seck avait poussé Wade à instaurer la vice-présidence de la République. Par la LOI CONSTITUTIONNELLE n° 2009-22 du 19 juin 2009, Abdoulaye Wade avait fait voter par l’Assemblée nationale et le Sénat, le poste de vice-président. C’était un des contenus phares des fameuses négociations secrètes et parfois publiques de Wade-Idy. La presse de l’époque avait largement évoqué le sujet, il y a neuf ans. 

Aujourd’hui, comment cet homme qui, pour son pouvoir crypto-personnel, avait accepté d’embarquer le pays dans une aventure, en poussant Abdoulaye Wade à violer la stabilité de notre Constitution et de notre pays, peut-il revenir ici, pour se permettre de jouer au saint ? Qui avait entendu Idrissa Seck s’insurger contre la loi du 23 juin ? Qui l’avait entendu dénoncer le ticket présidentiel ? Qui avait entendu Idrissa Seck dénoncer le poste de vice-président ? Parce que simplement, il a tout fait pour être le bénéficiaire exclusif de ces entreprises de tripatouillage constitutionnel. En cette période, contre l’avis de ses militants, de ses collaborateurs, de ses proches et au mépris de l’opinion, il a accepté que Wade foule au pied la sacralité de notre loi fondamentale pour ses propres intérêts égocentriques.

La loi sur le parrainage que Idrissa Seck dénonce aujourd’hui, consacre la perfection de notre système démocratique. Comment un candidat incapable d’obtenir 1% des suffrages va-t-il mériter qu’on imprime 7 millions de bulletins pour lui. Seck sait que Rewmi n’a plus son lustre d’antan et ne soyez pas étonné que ce parti peine à obtenir 70 000 signatures, tant tous ceux qui croyaient à ses idéaux ont fini par lui tourner le dos. C’est ce qui lui fait peur...


El Malick Seck (Journaliste, homme politique et conseiller municipal à Thiès)
Dimanche 15 Avril 2018
Dakaractu




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