Réunis ce mercredi pour le forum sous-régional « L'Intelligence artificielle au service de l'inclusion financière et de la transformation bancaire dans l'UEMOA », les dirigeants des associations professionnelles bancaires de l'Union ont appelé à une approche fédérée et maîtrisée de l'intelligence artificielle, mettant en garde contre la tentation de réduire cette transformation à un seul enjeu technologique.
Dans son discours d'ouverture, Guy Awona, président de la Fédération des Associations Professionnelles des Banques et Établissements Financiers de l'UEMOA (FAPBEF-UEMOA) et président de l'APBEF Togo, a salué la présence du représentant du ministre de l'Économie, des Finances et du Plan ainsi que du directeur national de la BCEAO pour le Sénégal, dont il a souligné l'importance pour une transformation numérique « maîtrisée et partagée ». Il a rappelé que ce forum s'inscrit dans une série de rencontres organisées par la Fédération depuis 2019, sur la banque digitale et la cybersécurité à Abidjan, le financement des PME-PMI à Niamey, la lutte contre le blanchiment de capitaux à Lomé, le financement de l'habitat et l'épargne à Abidjan et Cotonou, puis la trésorerie et le marché interbancaire à Cotonou en 2025.
Pour le président de la FAPBEF-UEMOA, l'intelligence artificielle « n'est pas une innovation parmi tant d'autres » mais touche au cœur même des métiers bancaires : l'appréciation du risque, la relation avec la clientèle, la lutte contre la fraude et le financement des économies. Il a défendu la pertinence d'une démarche fédérative à l'échelle de l'Union, les places bancaires de l'UEMOA partageant « la même monnaie, le même régulateur et le même espace réglementaire », estimant qu'une dispersion des approches ou une divergence des standards nationaux se ferait au détriment de la sécurité et de la protection des clients. Il a fixé pour objectif au forum de dégager des recommandations « concrètes, opérationnelles et mutualisables », que chaque association pourra porter sur sa place et que la Fédération pourra relayer au niveau communautaire.
Prenant la parole, Sahid Yallou, président de l'APBEF Sénégal et directeur général d'Ecobank, a illustré son propos par la figure d'un entrepreneur poussant demain la porte d'une agence bancaire pour demander ce que l'intelligence artificielle aura réellement changé pour lui, une meilleure évaluation de son risque, une réponse plus rapide, voire le financement d'un projet que les modèles traditionnels peinaient à appréhender. Selon lui, c'est à cette aune que doit être jugée l'IA : elle peut analyser plus vite, détecter des fraudes, mieux exploiter la donnée et automatiser des processus opérationnels, mais si elle ne permet pas, au bout de la chaîne, de mieux servir, mieux protéger ou mieux financer, le secteur « sera passé à côté de l'essentiel ».
Le dirigeant a établi une distinction entre l'accès aux services financiers, déjà largement élargi grâce aux moyens de paiement, et l'usage effectif du crédit, de l'épargne, de l'investissement ou du financement d'entreprise, qu'il a qualifié de « prochaine frontière ». C'est sur ce terrain de la qualité du service, a-t-il estimé, que l'intelligence artificielle peut devenir un véritable levier, à condition qu'elle aide les banques à mieux connaître leurs clients, à affiner leur appréciation du risque et à réduire leurs coûts opérationnels.
Sahid Yallou a toutefois insisté sur une limite qu'aucun algorithme ne saurait franchir : la confiance. Rappelant que les banques sont des « institutions de confiance » auxquelles les clients confient leur argent et leurs projets, il a plaidé pour que la transformation en cours s'accompagne de règles claires en matière de sécurité, de protection des données, de transparence et de responsabilité, affirmant que l'intelligence artificielle « peut aider à décider » mais ne pourra « jamais décider à la place » des banquiers, ni assumer leur responsabilité.
Les deux intervenants ont convergé sur la nécessité de ne pas se laisser hypnotiser par la technologie. Guy Awona a rappelé que l'IA « n'est pas une fin, mais un moyen », dont l'utilité se mesure à sa capacité à rapprocher la banque des populations et des entreprises qui en restent éloignées.
Dans son discours d'ouverture, Guy Awona, président de la Fédération des Associations Professionnelles des Banques et Établissements Financiers de l'UEMOA (FAPBEF-UEMOA) et président de l'APBEF Togo, a salué la présence du représentant du ministre de l'Économie, des Finances et du Plan ainsi que du directeur national de la BCEAO pour le Sénégal, dont il a souligné l'importance pour une transformation numérique « maîtrisée et partagée ». Il a rappelé que ce forum s'inscrit dans une série de rencontres organisées par la Fédération depuis 2019, sur la banque digitale et la cybersécurité à Abidjan, le financement des PME-PMI à Niamey, la lutte contre le blanchiment de capitaux à Lomé, le financement de l'habitat et l'épargne à Abidjan et Cotonou, puis la trésorerie et le marché interbancaire à Cotonou en 2025.
Pour le président de la FAPBEF-UEMOA, l'intelligence artificielle « n'est pas une innovation parmi tant d'autres » mais touche au cœur même des métiers bancaires : l'appréciation du risque, la relation avec la clientèle, la lutte contre la fraude et le financement des économies. Il a défendu la pertinence d'une démarche fédérative à l'échelle de l'Union, les places bancaires de l'UEMOA partageant « la même monnaie, le même régulateur et le même espace réglementaire », estimant qu'une dispersion des approches ou une divergence des standards nationaux se ferait au détriment de la sécurité et de la protection des clients. Il a fixé pour objectif au forum de dégager des recommandations « concrètes, opérationnelles et mutualisables », que chaque association pourra porter sur sa place et que la Fédération pourra relayer au niveau communautaire.
Prenant la parole, Sahid Yallou, président de l'APBEF Sénégal et directeur général d'Ecobank, a illustré son propos par la figure d'un entrepreneur poussant demain la porte d'une agence bancaire pour demander ce que l'intelligence artificielle aura réellement changé pour lui, une meilleure évaluation de son risque, une réponse plus rapide, voire le financement d'un projet que les modèles traditionnels peinaient à appréhender. Selon lui, c'est à cette aune que doit être jugée l'IA : elle peut analyser plus vite, détecter des fraudes, mieux exploiter la donnée et automatiser des processus opérationnels, mais si elle ne permet pas, au bout de la chaîne, de mieux servir, mieux protéger ou mieux financer, le secteur « sera passé à côté de l'essentiel ».
Le dirigeant a établi une distinction entre l'accès aux services financiers, déjà largement élargi grâce aux moyens de paiement, et l'usage effectif du crédit, de l'épargne, de l'investissement ou du financement d'entreprise, qu'il a qualifié de « prochaine frontière ». C'est sur ce terrain de la qualité du service, a-t-il estimé, que l'intelligence artificielle peut devenir un véritable levier, à condition qu'elle aide les banques à mieux connaître leurs clients, à affiner leur appréciation du risque et à réduire leurs coûts opérationnels.
Sahid Yallou a toutefois insisté sur une limite qu'aucun algorithme ne saurait franchir : la confiance. Rappelant que les banques sont des « institutions de confiance » auxquelles les clients confient leur argent et leurs projets, il a plaidé pour que la transformation en cours s'accompagne de règles claires en matière de sécurité, de protection des données, de transparence et de responsabilité, affirmant que l'intelligence artificielle « peut aider à décider » mais ne pourra « jamais décider à la place » des banquiers, ni assumer leur responsabilité.
Les deux intervenants ont convergé sur la nécessité de ne pas se laisser hypnotiser par la technologie. Guy Awona a rappelé que l'IA « n'est pas une fin, mais un moyen », dont l'utilité se mesure à sa capacité à rapprocher la banque des populations et des entreprises qui en restent éloignées.