IA, CARPA, acte d’avocat : les trois dossiers chauds du Congrès des barreaux de l’UEMOA


À l’ouverture du 4ème Congrès des barreaux de l’espace UEMOA à Dakar, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Moussa Sarr, a placé l’intelligence artificielle au cœur des enjeux auxquels la profession d’avocat doit désormais faire face. Pour lui, l’IA n’est plus une perspective lointaine, mais une mutation déjà engagée, qui doit être intégrée sans remettre en cause les fondamentaux de l’avocature.

 

Le ministre a toutefois mis en garde contre une utilisation non maîtrisée de ces outils. Il a notamment insisté sur le risque de voir l’intelligence artificielle produire de fausses jurisprudences ou des références inexistantes. « Une machine peut se tromper », a-t-il rappelé, soulignant que l’avocat reste pleinement responsable des informations qu’il utilise devant son client, son barreau et, le cas échéant, devant la justice. Pour Moussa Sarr, l’IA doit rester « un instrument au service du jugement professionnel » et non son substitut.

 

Autre point sensible soulevé, le secret professionnel. Le ministre a alerté sur les conditions d’hébergement, de traitement et de conservation des données confiées aux outils numériques. Le Sénégal, a-t-il assuré, fait le choix d’une intelligence artificielle « inclusive, souveraine et responsable », conciliant innovation technologique, protection des données, droits fondamentaux et sécurité juridique. Il a également évoqué la numérisation progressive de la justice sénégalaise, notamment avec le casier judiciaire électronique et la dématérialisation des procédures.

 

Me Moussa Sarr a par ailleurs appelé les barreaux à renforcer l’harmonisation autour de la CARPA, destinée notamment à sécuriser et tracer les fonds des clients. Il a rappelé que cette autonomie constitue, selon lui, une garantie de l’indépendance de la profession, tout en soulignant que la mise en œuvre des règles demeure inégale d’un barreau à l’autre. Le ministre a également insisté sur le rôle de la CARPA dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

 

Enfin, le Garde des Sceaux a défendu l’importance de l’acte d’avocat, présenté comme un outil pouvant renforcer la sécurité juridique et contribuer à éviter certains contentieux. À travers les trois grands thèmes du congrès, intelligence artificielle, CARPA et acte d’avocat, Moussa Sarr a placé une même exigence au centre des débats, la confiance. « Cette confiance fonde votre autorité », a-t-il lancé aux avocats, avant de déclarer officiellement ouvert le quatrième Congrès des barreaux de l’espace UEMOA.

Jeudi 24 Septembre 2026
Karim Ndiaye



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