Hôtels et attractions ferment leurs portes à Dubaï, tandis que des milliers de travailleurs se retrouvent sans emploi


Là où la jet-set internationale sirotait encore récemment des coupes de champagne et où des touristes fortunés flânaient, règne désormais un silence irréel. Les clubs de plage mondains, les restaurants étoilés et les complexes hôteliers luxueux sont désertés. La guerre entre les États-Unis et l’Iran a complètement paralysé le secteur touristique de Dubaï. Pourtant, les principales victimes de ces tensions géopolitiques ne sont ni les cheikhs ni les hôteliers, mais les travailleurs migrants laissés pour compte.

En ce qui concerne le tourisme, Dubaï se trouve en état de mort clinique. Pour une métropole qui espérait accueillir cette année un nombre record de 20 millions de visiteurs, le choc a été rude. À l’aéroport, le trafic aérien est réduit à une fraction de ce qu’il était autrefois.

Pour comprendre l’ampleur de la crise, il suffit de se promener dans des lieux touristiques comme Palm Jumeirah, Dubai Marina ou Jumeirah Beach Residences. Il n’y a désormais presque plus aucun visiteur étranger, constate The Daily Mail. Les pertes de revenus sont déjà estimées à 520 millions d’euros par jour.

 

Rien que la semaine dernière, sept hôtels cinq étoiles ont annoncé leur fermeture, dont le St. Regis dans la Palm Tower et l’Armani Hotel dans la célèbre Burj Khalifa, où les chambres se louent à partir de 700 euros la nuit. Cela signifie que des milliers d’employés du secteur hôtelier ont été soit définitivement licenciés, soit envoyés en “congé sans solde” pour une durée indéterminée.

 

L’un des rares clients occidentaux restant dans un hôtel encore ouvert décrit une situation effarante au quotidien britannique: “Le même employé qui faisait la sécurité est venu chercher mon linge et m’a ensuite apporté des bouteilles d’eau. Lorsque je lui ai posé la question, il a souri vaguement et m’a dit que le reste de l’équipe était ‘en vacances’”.

Les hôtels ayant annoncé une fermeture indiquent qu’ils devraient rester portes closes au moins jusqu’en septembre. Certains reconnaissent toutefois qu’ils ne rouvriront peut-être pas avant l’année prochaine… si toutefois ils rouvrent.

 

Par crainte de sanctions sévères des autorités, une règle tacite s’est imposée parmi les hôteliers et le personnel: “Ne mentionnez pas la guerre.” Les fermetures sont systématiquement maquillées sous une vague excuse, du type: “Nous fermons temporairement pour rénovation.”

Les Émirats arabes unis ont averti publiquement aussi bien les citoyens que les visiteurs de ne pas filmer ou diffuser d’images d’impacts de roquettes ni de dégâts causés par des attaques iraniennes. Les contrevenants risquent au moins un an de prison et des amendes d’au moins 23.000 euros. Des centaines de personnes ont déjà été incarcérées.

 

Pour les hôtels qui tentent de rester ouverts, les dernières sources de revenus semblent provenir des habitants du reste des Émirats arabes unis, qui profitent de réductions pour une “staycation” à bas prix. Ailleurs dans la ville, d’innombrables attractions touristiques, comme Wild Wadi Waterpark, Dubai Parks and Resorts ou SkyDive Dubai, ont fermé leurs portes.

Les restaurants de Dubaï sont d’ailleurs également en grande difficulté. Certains des établissements les plus réputés de la ville, y compris des restaurants étoilés au guide Michelin, essaient de survivre en réduisant drastiquement leurs prix et en ramenant leur personnel au strict minimum.


Les Émiratis qui dirigent et gèrent ces entreprises disposent toutefois, en général, de réserves financières pour tenir le coup. La véritable tragédie se joue loin du regard des promenades désertées: chez les millions de travailleurs migrants, relégués dans des quartiers pauvres, qui ne peuvent plus compter sur leur salaire ni se permettre de rentrer dans leur pays d’origine.


Certains travaillent encore: dans le bâtiment, dans la sécurité, ou encore dans le secteur médical. Mais pour la grande majorité, c’est le désespoir qui domine. Les travailleurs étrangers à qui The Daily Mail a pu parler semblaient d’ailleurs plus effrayés par d’éventuelles représailles des autorités que par la guerre elle-même. C’est une existence extrêmement pénible dans une ville qui a perdu toute sa superbe. Pourtant, c’est un ouvrier du bâtiment épuisé qui a peut-être le mieux résumé la réalité brute: “Si tu arrives à survivre aux Émirats arabes unis, alors tu peux survivre n’importe où dans le monde.”

 
Lundi 4 Mai 2026
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