L’offensive judiciaire contre d’anciens dignitaires du régime de Macky Sall se poursuit. Selon L’Observateur, l’Assemblée nationale a enclenché une procédure de mise en accusation visant Me Moussa Bocar Thiam, ancien ministre de la Communication et des Télécommunications, et Abdoulaye Diouf Sarr, ancien ministre de la Santé. Une nouvelle étape dans la politique de reddition des comptes engagée par le tandem Diomaye–Sonko.
Réuni hier en séance de bureau, le Parlement a examiné la requête introduite par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Yassine Fall. Les dossiers des deux anciens ministres ont été transmis officiellement, ouvrant ainsi la voie à une procédure qui pourrait aboutir à leur traduction devant la Haute Cour de justice, installée en décembre 2024.
Une mécanique parlementaire déjà enclenchée
La Conférence des présidents n’a pas tardé à fixer le calendrier. Le 19 février 2026 à 11 heures, le projet de mise en accusation sera examiné en commission technique. Quatre jours plus tard, le 23 février à la même heure, les députés se prononceront en séance plénière.
Si la résolution est adoptée, Me Moussa Bocar Thiam et Abdoulaye Diouf Sarr rejoindront la liste des anciens ministres déjà renvoyés devant la Haute Cour de justice. Pour rappel, cinq figures de l’ancien régime – Moustapha Diop, Mansour Faye, Ismaïla Madior Fall, Aïssatou Sophie Gladima et Salimata Diop – ont déjà été mises en accusation dans le sillage du rapport de la Cour des comptes.
Les dossiers sensibles : « Sénégal Connect Park » et fonds Covid-19
D’après des informations rapportées par L’Observateur, Me Moussa Bocar Thiam serait visé dans le cadre du dossier de l’aménagement du Parc des technologies numériques, rebaptisé « Sénégal Connect Park ». Une affaire qui avait déjà conduit à l’incarcération de certains de ses anciens collaborateurs sous le régime de Macky Sall. Les autorités judiciaires semblent déterminées à faire toute la lumière sur ce projet stratégique du secteur numérique.
Quant à Abdoulaye Diouf Sarr, ancien maire de Yoff et ex-ministre de la Santé, il serait rattrapé par le fameux rapport de la Cour des comptes de 2022 sur la gestion des fonds Covid-19. Ce document explosif avait déjà servi de base, en mai 2025, à la mise en accusation de plusieurs anciens ministres. Le dossier sanitaire, particulièrement sensible au regard des montants engagés durant la pandémie, revient donc au cœur du débat judiciaire et politique.
Sonko attendu dans l’hémicycle
Le calendrier parlementaire s’annonce particulièrement chargé. Le 24 février 2026, soit au lendemain de la plénière décisive, le Premier ministre Ousmane Sonko fera face aux députés lors des traditionnelles questions d’actualité au gouvernement. Un rendez-vous qui s’annonce électrique dans un contexte de forte tension politique.
Dans la foulée, les parlementaires examineront également le projet de loi portant création du Conseil national de régulation des médias (Cnrm). Le texte passera d’abord en commission le 26 février avant d’être soumis à la plénière le 3 mars 2026.