Haute Cour de Justice : Moussa Bocar Thiam reporte sa comparution et sort l’artillerie lourde


L’affaire prend une tournure inattendue. Alors que tous les regards étaient tournés vers la Haute Cour de justice ce 25 mars, l’audition de première comparution de Moussa Bocar Thiam n’a finalement pas eu lieu. Une absence remarquée, expliquée par une correspondance adressée aux autorités judiciaires, selon les révélations du quotidien Les Échos.
 
Une lettre pour justifier l’absence
 
D’après Les Échos, l’ancien ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, sous le régime de Macky Sall, a saisi le président de la Commission d’instruction, Abdoulaye Bâ, pour l’informer de son impossibilité de comparaître.
 
En cause : les tensions géopolitiques au Qatar et dans plusieurs pays voisins, ayant entraîné des restrictions de circulation et un blocage des frontières. Une situation qui, selon lui, l’empêche de rejoindre le Sénégal dans les délais requis. Toujours selon Les Échos, ces explications semblent avoir été entendues par le magistrat instructeur.
 
Résultat : la comparution est reportée, avec une nouvelle échéance envisagée courant avril.
 
Une défense de poids face à des accusations graves
 
Mais derrière ce report se joue une stratégie judiciaire bien plus large. Conscient de la gravité des faits qui lui sont reprochés, Moussa Bocar Thiam n’a pas tardé à s’entourer de figures majeures du barreau sénégalais.
 
Il a ainsi constitué Papa Laïty Ndiaye et Baboucar Cissé, deux avocats réputés pour leur expertise dans les dossiers complexes, notamment en matière de détournement de deniers publics.
 
Un choix qui en dit long sur les enjeux du dossier et la volonté de l’ancien ministre de verrouiller sa défense.
 
 Au cœur du dossier : des milliards en jeu
 
Pour rappel, cette affaire trouve son origine dans une résolution adoptée le 27 février par l’Assemblée nationale, actant la mise en accusation de Moussa Bocar Thiam.
 
Les chefs d’accusation sont lourds :
•  détournement de deniers publics
•  association de malfaiteurs
•  blanchiment de capitaux
 
Selon Les Échos, l’enquête porte sur la concession du Sénégal Connect Park, attribuée en mars 2024 à la société Ewans Assets pour une durée de vingt ans, contre une redevance de 15 millions d’euros.
 
Mais des irrégularités présumées ont été relevées. Le montant évoqué dans le dossier est vertigineux : 1.476.482.766 francs CFA que l’ancien ministre est soupçonné d’avoir détournés.
 
« Innocent » : une ligne de défense assumée
 
Face à ces accusations, Moussa Bocar Thiam reste constant. Il rejette en bloc les faits qui lui sont reprochés et clame son innocence depuis le début de l’affaire. Une position qu’il entend visiblement défendre avec vigueur lors de sa prochaine comparution.
 
Jeudi 26 Mars 2026
Dakaractu