Eh oui, comme le sélectionneur Pape THIAW avait confessé son rêve d’être champion d’Afrique, tout comme tout Sénégalais, les Dieux du football l’ont acté, ce dimanche 18 janvier 2026 au stade Prince Moulaye Cherif de Rabat, devant le pays organisateur, le royaume chérifien, numéro un africain au classement FIFA. Le Sénégal de Sadio MANÉ, Kalidou COULIBALY, Idrissa Gana GUEYE, Edouard MENDY… vient de retourner à ses anciennes amours, décrocher et épingler une deuxième étoile sur son maillot, comme en 2021 au Cameroun. Et de quelle manière ? Après la tempête ayant enveloppé l’évènement, j’ai plaisir à l’analyser et à rendre hommage aux acteurs, au staff, à la fédération, au peuple, à l’État.
Sur le chemin de l’honneur
Par ce parcours honorifique réalisé dans cette Coupe d’Afrique des Nations, trente cinquième édition, les lions du football, forts de six victoires et d’un match nul en sept rencontres, sont remontés sur le toit de l’Afrique, propulsant notre pays, notre peuple dans les brumes de l’histoire sportive du continent, celle de la Confédération Africaine de football, celle de l’Histoire. Cette Histoire qui ne retient que les noms des vainqueurs. Cette fois-ci, celui du Sénégal qui se grave, de nouveau, dans le marbre.
Les joueurs de notre équipe nationale, tous debout comme un seul homme, héroïques comme des fauves, dignes dans l’épreuve, résilients comme le granite, engagés et déterminés comme des soldats au front, ont remporté toutes les batailles de cette « guerre pacifique », cette fête du sport-roi, consacrant l’éclatant triomphe issu de cette finale Sénégal vs Maroc, en cette soirée du 18 janvier 2026. L’équipe du Sénégal est aux anges, à l’image de tous les Sénégalais, toutes générations, toutes corporations sociales, professionnelles, religieuses…, qui ont communié, vibré, exulté, dans la ferveur, célébrant cette joie débordante que le seul le sport-roi, par sa puissance dévastatrice, emballe les peuples, transcende les communautés, fédère les énergies, suscite des synergies, là, où, parfois, la diplomatie, trouve des écueils.
Nous voilà donc, dix-huit millions de champions d’Afrique ! Quel Honneur ! Quel panache ! Par le football, par sa gloire, par sa magie, notre pays confirme sa place dans la plus haute sphère, du football africain voire mondial dès lors que ses fils ont conforté son rang dans le concert des Nations que l’on cite au firmament du football voire de la diplomatie.
Voilà que nos ambassadeurs, ces 28 diplomates coachés par un manager énorme, et une Fédération nationale de football, qui vient de sortir des limbes, viennent de réécrire en lettres d’or le nom de la mère patrie, le Sénégal, et les leurs avec, dans l’Histoire de notre pays, celle qui sera codifiée, racontée et enseignée aux générations futures, afin que la barre puisse toujours être fixée plus haut et que la barque Sénégal puisse davantage voguer vers les paisibles eaux du progrès, qui mènent au « Rendez-vous du Donner et du Recevoir ».
Parcours du combattant
Pour l’édition de la Coupe d’Afrique des Nations, qui s’est déroulée au Cameroun, les lions se sont sublimés devant cette même Egypte qu’ils ont, de nouveau, éliminée en demi-finale, le courage et le talent aidant, sous la houlette du coach Alioune CISSÉ, ancien capitaine de l’équipe mondialiste de 2002, et de la Fédération sénégalaise présidée par Maitre Augustin SENGHOR, sous l’ère de Makhtar BẬ, ministre des Sports du précèdent régime.
Oui, ils ont remis ça, ce 18 janvier 2026, devant le Maroc, pays organisateur, dans un stade identique à une fournaise, sous la pression infernale d’un public maison, avec dans ce championnat, des équipes au summum de leur forme, le Nigéria, la R.D.C., le Cameroun, l’Algérie… Le Sénégal s’est bonifié sous la houlette, du coach Pape THIAW, dans sa prospective de futur champion d’Afrique se renforçant dans sa foi et sa conviction en ses 28 titulaires, avec comme dénominateur commun des valeurs : discipline, solidarité, concentration, patriotisme. Une préparation mentale et psychologique attestée par des matchs de préparation contre de grands pays de football comme l’Angleterre et le Brésil.
Fidèle à ses principes, le coach THIAW bâtit son équipe sur la base de l’ancienne et réussit l’osmose entre anciens et nouveaux joueurs, de jeunes loups aux dents longue, capables de rivaliser avec n’importe qui, en témoignent leurs performances en club, et leurs segments de match en équipe nationale. Fort de sa philosophie de gestion de groupe, il parvient à la starisation de son collectif, en dépit de la présence de hauts cadres : Sadio MANÉ, MVP, l’un des meilleurs footballeurs mondiaux ; Idrissa Gana GUEYE, le meilleur à son poste dans ce tournoi ; l’étincelant Pape GUEYE ; le grand gardien de but Edouard MENDY, et l’inamovible capitaine Kalidou COULIBALY.
C’est pour dire qu’une équipe de football, au-delà du talent intrinsèque de ses joueurs, de la compétence de son entraineur, repose sur une charte, substrat de ses progrès et succès. Hiérarchisation, respect de la gérontocratie, de l’expérience, ont été de rigueur. Leur application a engendré l’homogénéité d’une équipe composée de joueurs de diverses générations confondues en une seule.
Durant tout le parcours de l’équipe, le jeu du Sénégal a été très ouvert, le coaching adapté aux différents contextes, les joueurs interchangeables, fussent-ils titulaires dans leurs clubs. Et là, réside un des levains de la réussite de Pape THIAW. Cinq piliers de la maison demeurés inamovibles, comme pour certifier qu’une équipe, c’est d’abord une colonne vertébrale, une âme collective, une communauté animée d’un même but, d’un même objectif, d’une même vision, d’un même projet et pour le cas d’espèce, avec comme lien, un patriotisme ardent.
Pape THIAW a su procéder aux changements idoines et de joueurs et de systèmes de jeu en utilisant le maximum de son effectif durant la CAN, autour des cadres précités. Cependant que nombre de Sénégalais doutaient de son expérience et de sa compétence eu égard à ce rendez-vous continental, il a dévoilé le visage du technicien qu’il est, armé du courage de lions, et jouant son va va-tout, pour ne citer que ses changements osés de la deuxième mi-temps de la finale, faisant entrer Cherif NDIAYE, Ibrahima MBAYE, Pape Abdoulaye SECK et Ismaïla SARR, se payant même le luxe de jouer avec trois défenseurs centraux. Quelle audace !
De victoire en victoire, le Sénégal déroule et progresse tel un rouleau compresseur emportant sur son passage le Botswana (3 – 0), ralentit devant la RDC (1 – 1), et poursuit avec le Benin (3 – 0)),le Soudan ( 3 – 1) , le Mali ( 1 – 0), l’Egypte ( 1 – 0 ) et finalement le Maroc ( 1 – 0), non sans incidents majeurs, hélas. En 7 matchs, il décroche 6 victoires et 1 match nul avec 13 buts marqués et 2 encaissés. Des performances, un record ! Notrepays redevient Champion d’Afrique, hypertrophie la fierté de notre peuple et l’envoie aux anges.
Le nec plus ultra de la finale de cette CAN mérite réflexion en ce sens que cet incident survenu à la suite de ce pénalty accordé au pays organisateur à la quatre-vingt quinzième minute de jeu du fait de véhémentes contestations de son meilleur buteur, Birahim DIAZ, influençant l’arbitre à consulter le VAR, alors que quatre minutes plus tôt, ce dernier, refusait à Ismaila SARR un but réel. Une faute imaginaire, arbitrairement sifflée par Monsieur Jean Jacques NDALA, déniant consulter le VAR, comme une interdiction notoire d’accorder tout but aux lions de la Téranga. Rocambolesque ! Inconcevable ! Du jamais vu !
Hélas ! Survient le fâcheux incident. Pape THIAW, sur un naturel coup de sang, enjoint ses poulains à quitter le terrain. Quelques supporters Sénégalais se déchainent face à cette injustice criarde en venant aux mains avec des éléments du service d’ordre au moment où, des stadiers s’arrachent la serviette de MENDY. Cependant que les Sénégalais qui sur les gradins du stade, qui devant les écrans de télévision, approuvent l’injonction de Pape THIAW du fait de cette insulte au football ; comme un illuminé, Sadio MANÉ, tel un ordre divin reçu, prend le contrepied de tous et appelle ses coéquipiers à venir terminer ce match.
Ceci étant, après une quinzaine de minutes de tergiversations, le jeu reprit, MENDY arrête le pénalty de Brahim DIAZ et propulse tout le peuple dans une folle allégresse. Plus déterminée jamais, la tanière se fait entendre via ce tir foudroyant du pied gauche de Pape GUEYE, logeant le cuir dans la lucarne gauche de Bono. Et le sort acte le sacre du Sénégal, encore champion d’Afrique. Les citoyens en liesse, urbi et orbi, réconciliés avec eux même, comme, seul le football, sait le faire. Tout cela, en dépit de toutes sortes de tracasseries vécues par une pléthore de nos compatriotes, venus de partout, pour vivre ce match historique en présentiel.
Enseignements d‘une finale
Voilà que le jury disciplinaire de la CAF abat son glaive sur les tanières de la Téranga et de l’Atlas. Une lourde sanction à l’encontre de Pape THIAW dont la naturelle réaction écope d’une suspension de cinq matchs sur le chemin de la CAN à venir, assortie d’une amende de 100 000 dollars et de deux autres matchs pour Ilimane NDIAYE et Ismaila SARR, auditionnés par cette instance, en sus de la somme colossale 615 000 dollars réclamés à la fédération. Cependant que le comportement désobligeant du capitaine Ashraf HAKIMI, qui bénéficie d’une suspension de deux matchs dont un avec sursis, bénéficiaire de la paradoxale récompense du « fair-play », tandis que le fauteur de trouble Ismael SAIBARI doit purger trois matchs de suspension corrélée d’une amende de 100 000 dollars, outre 315 000 dollars pour la Fédération marocaine y compris celle des ramasseurs de balle.
Pour tout dire, nous Sénégalais, tous debout comme un seul homme, avec comme boussole notre devise : « Un peuple, un but une foi », avons exprimé notre désarroi face aux maladresses du président de la FIFA, auteur d’une tonitruante déclaration visant à sanctionner le Sénégal en sus de son attitude douteuse découlant de sa moue de dépit quand MENDY a attrapé ce « pénalty ». Fait surprenant, pourquoi cette pléthore de Sénégalais ayant prédit l’échec de Birahim DIAZ ? Le Créateur, par Ses alchimies dont Il Est Le Seul à détenir le secret, décrète sa Justice implacable, verdict compris par MENDY et Gana à travers leurs gestes perçus par tous les téléspectateurs du monde, s’adressant au tristement célèbre juge Jean Jacques Ndala Ngombo ; cependant que le Grand Juge le juge, instantanément face au Sénégal.
Alors que les supputations et déclarations des autorités marocaines s’amplifiaient dans les médias internationaux eu égard aux réclamations poussant le bouchon jusqu’à demander un retrait de la coupe au vainqueur, le Sénégal, par sa Fédération, armé de son pool de juristes avertis, a fait face, outre les éclairages de ses spécialistes, Maitres Seydou DIAGNE le Professeur Abdoulaye SAKHO, Dr Moustapha CAMARA et tant d’autres experts.
Que dire de la posture de l’instance suprême de notre football qui a pris acte sitôt le verdict prononcé ? Son acceptation avec la volonté de ne point interjeter appel, triture la conscience de nombre de nos concitoyens, qui ont pensé autrement du fait de la lourdeur de la sanction financière. La vigilance s’impose dès lors qu’un probable appel du protagoniste est dans l’air.
Ma conscience de militant du football, naturellement, interpellée me renvoie à ces arbitres africains qui, dans le passé, nous ont tant barré la route menant à ces compétitions internationales, que dis-je ? Je parle du gabonais Diramba, de l’ivoirien Codou PAUL, et j’en passe. Un chagrin historique, souventes fois, rappelée par feu Mawade WADE. Qui ne se rappelle pas de ces chiens policiers lors de ce Sénégal-Ngéria, au stade Suruléré de Légos.
D’ Asmara 1968 à Caire 86, le Sénégal est resté à la maison malgré ses stars, Mbaye FALL, Léopold DIOP, Ibrahima BẬ dit Eusebio, Cheikh FAM, Mansour CISS, Big boy, Abdoulaye TOUNKARA du Diaraaf ; Jean Christophe SAGNA, Alpha TOURÉ, Cherif SÈNE de la J.A ; Séga CISSÉ, Grand MBODJ, Lamine NGOM, Amadi NDIAYE, Mohamed DIOP, Abdoulaye GUEYE, Laye NDIAYE de Gorée ; Yamagor SECK, Omar DIOP, Gorgui NDIAYE de l’ASFA ; Malick NDOYE, Maguette NIANG des Niayes, Ibrahima NDIAYE Chita, Ibrahima Diakhou GAYE, Mansour WADE de la Police, et tutti quanti.
Au-delà de la CAN, nous retenons que la triche a une courte durée de vie et doit vigoureusement être combattue à quelque niveau qu’elle puisse être. De ma lorgnette, le légitime geste de Pape THIAW – le mal nécessaire – a été l’onde de choc contraignant Jean Jacques à écourter son rêve ; tandis que Sadio MANÉ, en leader éclairé, après quelques conseils, a lancé l’appel du devoir à tous ses coéquipiers pour la reprise du match. Je me remémore ces versets du Coran :« À côté de toute difficulté, il y ‘ a une facilité », c’est-à-dire « Fa inna mahal houssri youssrane inna mahal houssri youssrane » : Sourate Ach-Charh, versets 5 et 6. L’adage wolof dit : « Yalla buy défar dafay mel ni kuy yaq ».
Félicitations à l’équipe du Sénégal, à son coach qui a tout prouvé, à la Fédération, à celle dirigée par Maitre Augustin SENGHOR, au Ministère des Sports, à l’Etat qui n’a ménagé aucun effort sur le chemin de l’honneur, au peuple sénégalais, mais aussi et surtout à l’excellent Sadio MANÉ, qui mérite d’être immortalisé à travers une statue, le parrainage d’un stade, le Panthéon ….. Cap vers le Mondial !
Mame Abdoulaye TOUNKARA
Citoyen sénégalais
Sur le chemin de l’honneur
Par ce parcours honorifique réalisé dans cette Coupe d’Afrique des Nations, trente cinquième édition, les lions du football, forts de six victoires et d’un match nul en sept rencontres, sont remontés sur le toit de l’Afrique, propulsant notre pays, notre peuple dans les brumes de l’histoire sportive du continent, celle de la Confédération Africaine de football, celle de l’Histoire. Cette Histoire qui ne retient que les noms des vainqueurs. Cette fois-ci, celui du Sénégal qui se grave, de nouveau, dans le marbre.
Les joueurs de notre équipe nationale, tous debout comme un seul homme, héroïques comme des fauves, dignes dans l’épreuve, résilients comme le granite, engagés et déterminés comme des soldats au front, ont remporté toutes les batailles de cette « guerre pacifique », cette fête du sport-roi, consacrant l’éclatant triomphe issu de cette finale Sénégal vs Maroc, en cette soirée du 18 janvier 2026. L’équipe du Sénégal est aux anges, à l’image de tous les Sénégalais, toutes générations, toutes corporations sociales, professionnelles, religieuses…, qui ont communié, vibré, exulté, dans la ferveur, célébrant cette joie débordante que le seul le sport-roi, par sa puissance dévastatrice, emballe les peuples, transcende les communautés, fédère les énergies, suscite des synergies, là, où, parfois, la diplomatie, trouve des écueils.
Nous voilà donc, dix-huit millions de champions d’Afrique ! Quel Honneur ! Quel panache ! Par le football, par sa gloire, par sa magie, notre pays confirme sa place dans la plus haute sphère, du football africain voire mondial dès lors que ses fils ont conforté son rang dans le concert des Nations que l’on cite au firmament du football voire de la diplomatie.
Voilà que nos ambassadeurs, ces 28 diplomates coachés par un manager énorme, et une Fédération nationale de football, qui vient de sortir des limbes, viennent de réécrire en lettres d’or le nom de la mère patrie, le Sénégal, et les leurs avec, dans l’Histoire de notre pays, celle qui sera codifiée, racontée et enseignée aux générations futures, afin que la barre puisse toujours être fixée plus haut et que la barque Sénégal puisse davantage voguer vers les paisibles eaux du progrès, qui mènent au « Rendez-vous du Donner et du Recevoir ».
Parcours du combattant
Pour l’édition de la Coupe d’Afrique des Nations, qui s’est déroulée au Cameroun, les lions se sont sublimés devant cette même Egypte qu’ils ont, de nouveau, éliminée en demi-finale, le courage et le talent aidant, sous la houlette du coach Alioune CISSÉ, ancien capitaine de l’équipe mondialiste de 2002, et de la Fédération sénégalaise présidée par Maitre Augustin SENGHOR, sous l’ère de Makhtar BẬ, ministre des Sports du précèdent régime.
Oui, ils ont remis ça, ce 18 janvier 2026, devant le Maroc, pays organisateur, dans un stade identique à une fournaise, sous la pression infernale d’un public maison, avec dans ce championnat, des équipes au summum de leur forme, le Nigéria, la R.D.C., le Cameroun, l’Algérie… Le Sénégal s’est bonifié sous la houlette, du coach Pape THIAW, dans sa prospective de futur champion d’Afrique se renforçant dans sa foi et sa conviction en ses 28 titulaires, avec comme dénominateur commun des valeurs : discipline, solidarité, concentration, patriotisme. Une préparation mentale et psychologique attestée par des matchs de préparation contre de grands pays de football comme l’Angleterre et le Brésil.
Fidèle à ses principes, le coach THIAW bâtit son équipe sur la base de l’ancienne et réussit l’osmose entre anciens et nouveaux joueurs, de jeunes loups aux dents longue, capables de rivaliser avec n’importe qui, en témoignent leurs performances en club, et leurs segments de match en équipe nationale. Fort de sa philosophie de gestion de groupe, il parvient à la starisation de son collectif, en dépit de la présence de hauts cadres : Sadio MANÉ, MVP, l’un des meilleurs footballeurs mondiaux ; Idrissa Gana GUEYE, le meilleur à son poste dans ce tournoi ; l’étincelant Pape GUEYE ; le grand gardien de but Edouard MENDY, et l’inamovible capitaine Kalidou COULIBALY.
C’est pour dire qu’une équipe de football, au-delà du talent intrinsèque de ses joueurs, de la compétence de son entraineur, repose sur une charte, substrat de ses progrès et succès. Hiérarchisation, respect de la gérontocratie, de l’expérience, ont été de rigueur. Leur application a engendré l’homogénéité d’une équipe composée de joueurs de diverses générations confondues en une seule.
Durant tout le parcours de l’équipe, le jeu du Sénégal a été très ouvert, le coaching adapté aux différents contextes, les joueurs interchangeables, fussent-ils titulaires dans leurs clubs. Et là, réside un des levains de la réussite de Pape THIAW. Cinq piliers de la maison demeurés inamovibles, comme pour certifier qu’une équipe, c’est d’abord une colonne vertébrale, une âme collective, une communauté animée d’un même but, d’un même objectif, d’une même vision, d’un même projet et pour le cas d’espèce, avec comme lien, un patriotisme ardent.
Pape THIAW a su procéder aux changements idoines et de joueurs et de systèmes de jeu en utilisant le maximum de son effectif durant la CAN, autour des cadres précités. Cependant que nombre de Sénégalais doutaient de son expérience et de sa compétence eu égard à ce rendez-vous continental, il a dévoilé le visage du technicien qu’il est, armé du courage de lions, et jouant son va va-tout, pour ne citer que ses changements osés de la deuxième mi-temps de la finale, faisant entrer Cherif NDIAYE, Ibrahima MBAYE, Pape Abdoulaye SECK et Ismaïla SARR, se payant même le luxe de jouer avec trois défenseurs centraux. Quelle audace !
De victoire en victoire, le Sénégal déroule et progresse tel un rouleau compresseur emportant sur son passage le Botswana (3 – 0), ralentit devant la RDC (1 – 1), et poursuit avec le Benin (3 – 0)),le Soudan ( 3 – 1) , le Mali ( 1 – 0), l’Egypte ( 1 – 0 ) et finalement le Maroc ( 1 – 0), non sans incidents majeurs, hélas. En 7 matchs, il décroche 6 victoires et 1 match nul avec 13 buts marqués et 2 encaissés. Des performances, un record ! Notrepays redevient Champion d’Afrique, hypertrophie la fierté de notre peuple et l’envoie aux anges.
Le nec plus ultra de la finale de cette CAN mérite réflexion en ce sens que cet incident survenu à la suite de ce pénalty accordé au pays organisateur à la quatre-vingt quinzième minute de jeu du fait de véhémentes contestations de son meilleur buteur, Birahim DIAZ, influençant l’arbitre à consulter le VAR, alors que quatre minutes plus tôt, ce dernier, refusait à Ismaila SARR un but réel. Une faute imaginaire, arbitrairement sifflée par Monsieur Jean Jacques NDALA, déniant consulter le VAR, comme une interdiction notoire d’accorder tout but aux lions de la Téranga. Rocambolesque ! Inconcevable ! Du jamais vu !
Hélas ! Survient le fâcheux incident. Pape THIAW, sur un naturel coup de sang, enjoint ses poulains à quitter le terrain. Quelques supporters Sénégalais se déchainent face à cette injustice criarde en venant aux mains avec des éléments du service d’ordre au moment où, des stadiers s’arrachent la serviette de MENDY. Cependant que les Sénégalais qui sur les gradins du stade, qui devant les écrans de télévision, approuvent l’injonction de Pape THIAW du fait de cette insulte au football ; comme un illuminé, Sadio MANÉ, tel un ordre divin reçu, prend le contrepied de tous et appelle ses coéquipiers à venir terminer ce match.
Ceci étant, après une quinzaine de minutes de tergiversations, le jeu reprit, MENDY arrête le pénalty de Brahim DIAZ et propulse tout le peuple dans une folle allégresse. Plus déterminée jamais, la tanière se fait entendre via ce tir foudroyant du pied gauche de Pape GUEYE, logeant le cuir dans la lucarne gauche de Bono. Et le sort acte le sacre du Sénégal, encore champion d’Afrique. Les citoyens en liesse, urbi et orbi, réconciliés avec eux même, comme, seul le football, sait le faire. Tout cela, en dépit de toutes sortes de tracasseries vécues par une pléthore de nos compatriotes, venus de partout, pour vivre ce match historique en présentiel.
Enseignements d‘une finale
Voilà que le jury disciplinaire de la CAF abat son glaive sur les tanières de la Téranga et de l’Atlas. Une lourde sanction à l’encontre de Pape THIAW dont la naturelle réaction écope d’une suspension de cinq matchs sur le chemin de la CAN à venir, assortie d’une amende de 100 000 dollars et de deux autres matchs pour Ilimane NDIAYE et Ismaila SARR, auditionnés par cette instance, en sus de la somme colossale 615 000 dollars réclamés à la fédération. Cependant que le comportement désobligeant du capitaine Ashraf HAKIMI, qui bénéficie d’une suspension de deux matchs dont un avec sursis, bénéficiaire de la paradoxale récompense du « fair-play », tandis que le fauteur de trouble Ismael SAIBARI doit purger trois matchs de suspension corrélée d’une amende de 100 000 dollars, outre 315 000 dollars pour la Fédération marocaine y compris celle des ramasseurs de balle.
Pour tout dire, nous Sénégalais, tous debout comme un seul homme, avec comme boussole notre devise : « Un peuple, un but une foi », avons exprimé notre désarroi face aux maladresses du président de la FIFA, auteur d’une tonitruante déclaration visant à sanctionner le Sénégal en sus de son attitude douteuse découlant de sa moue de dépit quand MENDY a attrapé ce « pénalty ». Fait surprenant, pourquoi cette pléthore de Sénégalais ayant prédit l’échec de Birahim DIAZ ? Le Créateur, par Ses alchimies dont Il Est Le Seul à détenir le secret, décrète sa Justice implacable, verdict compris par MENDY et Gana à travers leurs gestes perçus par tous les téléspectateurs du monde, s’adressant au tristement célèbre juge Jean Jacques Ndala Ngombo ; cependant que le Grand Juge le juge, instantanément face au Sénégal.
Alors que les supputations et déclarations des autorités marocaines s’amplifiaient dans les médias internationaux eu égard aux réclamations poussant le bouchon jusqu’à demander un retrait de la coupe au vainqueur, le Sénégal, par sa Fédération, armé de son pool de juristes avertis, a fait face, outre les éclairages de ses spécialistes, Maitres Seydou DIAGNE le Professeur Abdoulaye SAKHO, Dr Moustapha CAMARA et tant d’autres experts.
Que dire de la posture de l’instance suprême de notre football qui a pris acte sitôt le verdict prononcé ? Son acceptation avec la volonté de ne point interjeter appel, triture la conscience de nombre de nos concitoyens, qui ont pensé autrement du fait de la lourdeur de la sanction financière. La vigilance s’impose dès lors qu’un probable appel du protagoniste est dans l’air.
Ma conscience de militant du football, naturellement, interpellée me renvoie à ces arbitres africains qui, dans le passé, nous ont tant barré la route menant à ces compétitions internationales, que dis-je ? Je parle du gabonais Diramba, de l’ivoirien Codou PAUL, et j’en passe. Un chagrin historique, souventes fois, rappelée par feu Mawade WADE. Qui ne se rappelle pas de ces chiens policiers lors de ce Sénégal-Ngéria, au stade Suruléré de Légos.
D’ Asmara 1968 à Caire 86, le Sénégal est resté à la maison malgré ses stars, Mbaye FALL, Léopold DIOP, Ibrahima BẬ dit Eusebio, Cheikh FAM, Mansour CISS, Big boy, Abdoulaye TOUNKARA du Diaraaf ; Jean Christophe SAGNA, Alpha TOURÉ, Cherif SÈNE de la J.A ; Séga CISSÉ, Grand MBODJ, Lamine NGOM, Amadi NDIAYE, Mohamed DIOP, Abdoulaye GUEYE, Laye NDIAYE de Gorée ; Yamagor SECK, Omar DIOP, Gorgui NDIAYE de l’ASFA ; Malick NDOYE, Maguette NIANG des Niayes, Ibrahima NDIAYE Chita, Ibrahima Diakhou GAYE, Mansour WADE de la Police, et tutti quanti.
Au-delà de la CAN, nous retenons que la triche a une courte durée de vie et doit vigoureusement être combattue à quelque niveau qu’elle puisse être. De ma lorgnette, le légitime geste de Pape THIAW – le mal nécessaire – a été l’onde de choc contraignant Jean Jacques à écourter son rêve ; tandis que Sadio MANÉ, en leader éclairé, après quelques conseils, a lancé l’appel du devoir à tous ses coéquipiers pour la reprise du match. Je me remémore ces versets du Coran :« À côté de toute difficulté, il y ‘ a une facilité », c’est-à-dire « Fa inna mahal houssri youssrane inna mahal houssri youssrane » : Sourate Ach-Charh, versets 5 et 6. L’adage wolof dit : « Yalla buy défar dafay mel ni kuy yaq ».
Félicitations à l’équipe du Sénégal, à son coach qui a tout prouvé, à la Fédération, à celle dirigée par Maitre Augustin SENGHOR, au Ministère des Sports, à l’Etat qui n’a ménagé aucun effort sur le chemin de l’honneur, au peuple sénégalais, mais aussi et surtout à l’excellent Sadio MANÉ, qui mérite d’être immortalisé à travers une statue, le parrainage d’un stade, le Panthéon ….. Cap vers le Mondial !
Mame Abdoulaye TOUNKARA
Citoyen sénégalais