L’ex-président de Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, qui avait annoncé en début de semaine sa candidature à la présidentielle prévue le 6 décembre prochain dans le pays pour y rétablir l'ordre constitutionnel, n'y rentrera finalement pas dimanche 4 octobre, comme l'avaient initialement indiqué ses partisans.
Alors qu'elle ne s'était pas encore exprimée, la junte au pouvoir depuis 10 mois à Bissau a rendu son avis sur la question, dans la soirée du jeudi 1er octobre. « Les conditions de sécurité nécessaires ne sont, pour le moment, pas réunies », a alors estimé le haut commandement militaire dans un communiqué. Au nom de la « préservation de l’ordre public », il est donc impossible, dans ces conditions, « de garantir le retour » en Guinée-Bissau de l'ancien chef de l'État en exil, poursuit le document.
Depuis qu'il a révélé, lundi 28 septembre, son intention de se présenter à la présidentielle dix mois après avoir quitté le pays à la suite de l'interruption du processus électoral et la prise de pouvoir des militaires, la question de savoir si Umaro Sissoko Embalo y serait effectivement de retour dimanche était sur toutes les lèvres.
Dès mardi 29 septembre, le ministère bissau-guinéen de l'Intérieur avait ainsi dû lancer un appel au calme à la suite d’informations faisant état d'une réaffectation de certains membres de la garde présidentielle et d'un mouvement de mécontentement au lendemain de l'annonce du retour prochain de l'ex-président.
Beaucoup se demandaient en effet si l'opération consistait bien en une simple réaffectation, comme l'affirmaient les autorités, ou bien s'il s'agissait de mettre aux arrêts et de désarmer certains hauts gradés proches d'Embalo, comme l’assurait une autre source.
Quoi qu'il en soit, la junte au pouvoir a, dans l’immédiat, rappelé l’interdiction de manifester, de se rassembler ou de se réunir pour des activités politiques, « jusqu’à une nouvelle décision de l’autorité compétente ».