Guinée Bissau-Etats-Unis : le malaise Indjai


Les relations entre la Guinée Bissau et les États-Unis risquent de se détériorer. Le président Umaro Sissoco Embalo a refusé d’extrader un ancien chef d’État-major des armées aux États-Unis. Accusé de trafic de drogue en lien avec les Forces armées républicaines colombiennes (FARC), le Général Antonio Indjai fait l’objet d’une interdiction de voyage émise par l’Onu et est activement recherché par les américains. Qui ont récemment promis 5 millions de dollars pour toute information menant à sa capture. 
Avant de décoller pour un voyage de travail au Brésil ce lundi 23 août, l’actuel président de Guinée Bissau a commenté cette dernière évolution du dossier Indjai. Selon le chef de l’État bissau-guinéen, l’ancien patron de l’armée ne sera pas remis aux États-Unis. « Tout comme les Etats-Unis, nous n’avons pas ratifié le traité de Rome. Nous n’extradons pas nos citoyens », a tenu à dire l’homme fort de Bissau. Umaro Sissoco Embalo a surtout fustigé l’attitude de Washington qui, dans cette affaire, a fait fi du respect dû à l’État bissau-guinéen. Or la Guinée Bissau est un État comme les États-Unis d’Amérique. 
Droit dans ses bottes, le successeur de José Mario Vaz qui répète à qui veut l’entendre qu’il n’y a ni de petits États encore moins de petits présidents, soutient que le Général Indjai est libre de ses mouvements. 
Selon lui, l’ancien chef des armées ne peut être jugé qu’en Guinée Bissau. Et pour ça, il va falloir déjà que les accusations portées à son encontre par les américains soient prouvées. 
À ce titre, les américains, à travers la Drug Enforcement Agency (DEA) avait monté une opération pour prouver l’implication du Général Antonio Indjai dans le trafic de drogue et d’armes avec les FARC. Pour le piéger, ils ont organisé des rencontres filmées qui ont duré au moins six mois (juin à novembre 2012). Le général Indjai n’était pas le seul gros poisson dans le viseur des américains. Ils avaient aussi dans leur viseur le contre-amiral Bubo Na Tchuto qui a eu moins de chance que l’auteur du coup d’Etat de 2012. Arrêté en avril 2013 au large du Cap Vert, Na Tchuto a été envoyé aux Etats-Unis où il a fait 3 ans de prison avant d’être relâché en 2016. De retour à Bissau, il a demandé sa réintégration dans l’armée alors que le président José Mario Vaz était à la tête de l’État. 
À la retraite après avoir été démis de ses fonctions en septembre 2014, le Général Antonio Indjai qui était un proche de l’actuel Premier ministre bissau-guinéen, Nuno Nabiam, doit quant à lui surveiller ses arrières. Mais avec cette sortie du président Embalo, un blanc-seing lui est donné pour vaquer à ses occupations comme bon lui semble. En même temps, l’attitude du chef de l’État bissau-guinéen risque d’installer un malaise entre son pays et les États-Unis. 
Mardi 24 Août 2021
Dakaractu



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